Givors accueille la journée régionale d’échanges sur la prévention de la délinquance

Jeudi 1er avril s’est tenue la journée régionale d’échanges sur la prévention de la délinquance à la maison du fleuve Rhône de Givors.

Cette journée réunissant une centaine de personnes, dont de nombreux élus locaux, des professionnels et le Centre de ressources et d’échanges pour le développement social et urbain (CR-DSU), visait à faire le point sur les questions et les enjeux de la prévention de la délinquance en Rhône-Alpes.

Vous trouverez ci-dessous mes propos introductifs au débat :

La question de la prévention de la délinquance est une préoccupation de longue date de notre ville.

Je pourrais citer par exemple la signature à Givors, en 1998, du premier contrat local de sécurité de France en présence du ministre de l’intérieur de l’époque.


Je pourrais citer l’ouverture de l’une des toutes premières Maison de Justice et du Droit, en présence de madame la garde des sceaux.

Ou encore de la signature, en 2007, d’une charte de la diversité, en présence là aussi d’un ministre, celui à l’égalité des chances.

Mais en fait, ces moments forts n’ont été que des jalons posés dans le travail quotidien qui est mené par de multiples acteurs.

La sécurité des biens et des personnes est l’une des compétences régaliennes de l’Etat, et en même temps cette question de vivre-ensemble et de société est bien évidemment l’affaire de tous.

Et à Givors, comme ailleurs, la prévention de la délinquance s’est peu à peu imposée comme un volet à part entière des politiques publiques, ce qui me semble particulièrement sain dans une démocratie.

Bien évidemment, cette co-production de « vivre ensemble » doit être accompagnée des moyens nécessaires et d’un réseau fort de services publics de proximité afin, bien sûr, d’être au plus près des préoccupations des habitants mais surtout d’être en capacité de travailler sur toutes les dimensions du problème.

Malheureusement, les grandes difficultés financières des uns et des autres font que l’on diminue le nombre d’éducateurs de prévention et que l’on limite les subventions aux missions locales et aux associations d’insertion.

De même, comment mieux préparer l’avenir de la jeune génération et assurer de bonnes conditions de sécurité dans les établissements scolaires si l’on diminue le nombre d’enseignants et de surveillants et si l’on réduit l’aide au soutien scolaire ?

Comment assurer une bonne sécurité des biens et des personnes si l’on diminue les moyens des forces de l’ordre ?

Comment peut-on accompagner les victimes et traiter les dossiers judiciaires plus rapidement et plus efficacement si l’on supprime des juridictions de proximité et si l’on réduit les moyens aux associations d’aide aux victimes ?

Je pense que le nécessaire travail de co-production de vivre-ensemble commence déjà par le parler vrai et la mise sur la table de l’ensemble des problématiques.

Y a-t-il des problèmes financiers ? Oui

Y a-t-il des problèmes d’efficacité de certains dispositifs ? Oui

Faut-il en revoir certains, en mutualiser d’autres, mieux les adapter aux réalités actuelles ? encore Oui

Je pense que c’est l’action sur l’ensemble de ces facteurs qui, à mon sens, permettra une prise en charge préventive et plus efficace des problématiques liées à la délinquance.

Poser clairement le problème des moyens financiers et humains insuffisants, ce n’est évidemment pas refuser les évolutions de nos interventions et parfois même le cadre de nos interventions.

Ainsi, le partenariat n’est pas une fin en soit mais un moyen et un outil supplémentaire pour avancer.

Et pourtant, combien de replis frileux pouvons-nous constater lorsqu’il s’agit de réellement mettre en commun ?

Combien de fois, les logiques verticales de nos structures viennent contrarier les logiques et l’intelligence du terrain ?

Ainsi par exemple : fallait-il construire un CADA à Givors alors que cette ville possède l’une des populations les plus modestes du département et qu’avec plus de 50% de logements sociaux, elle participe déjà grandement à la nécessaire solidarité nationale ?

Résultat : les restos du cœur terminent leur saison avec une hausse vertigineuse de 40%.

Résultat : le CCAS de la commune et les Maisons du Rhône sont à bout de souffle financier au 7ème ou 8ème mois de l’année et renvoie sur le secours populaire et le secours catholique.

Résultat : nous sollicitons davantage (et nous sommes entendus) la politique de la ville pour venir corriger ces décisions pour le moins malheureuses.

La sécurité et la prévention constituent des éléments primordiaux pour le bien être des populations. C’est certainement l’un des indicateurs majeurs de la bonne santé d’une société et d’un pays.

Cela passe par des actions concrètes pour les publics concernés.

Cela passe également par l’attention que les uns et les autres doivent porter au développement des territoires.

Le développement urbain doit être mieux partagé et surtout beaucoup plus équitable afin que l’emploi redevienne une réalité concrète, et que l’accès à la culture, à l’éducation et à la santé ne soit pas un lointain souvenir.

C’est tout l’intérêt d’élargir le champ de réponses traditionnelles par une approche de territoire.

Légende Photo : à droite, Philippe Pareja, chef du bureau prévention de la délinquance de la préfecture, et au centre, Louis Levêque, président du Centre de Ressources et d’échanges pour le Développement Social et Urbain (CR-DSU).

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