Dernière séance

Lundi 3 mai, j’ai présidé le dernier conseil d’administration du centre hospitalier de Givors.

Suite au décret d’application de la loi « Hôpital, patients, santé et territoires », les conseils d’administration des hôpitaux publics sont supprimés.

Je déplore cette suppression tant sur le fond que sur la forme :

  • Sur le fond :

- Associant corps médical, élus locaux, personnel hospitalier et personnalités qualifiées, le conseil d’administration, riche de sa diversité de compétences, d’expérience et de points de vue, constituait une instance forte pour la vie et le développement des services publics de santé au service des territoires et de leurs habitants.

Le rôle du conseil d’administration de l’hôpital de Montgelas, dans la mobilisation pour sauver le centre hospitalier en 1995 et en 2006, avait ainsi été déterminant.

Sa suppression constitue une recentralisation du pouvoir dans les mains du ministère de la santé et la transformation de la gestion des centres hospitaliers en société anonyme.

- Avec cette suppression, nous pouvons craindre la disparition d’une grande partie de ce qui fait la force du service public de proximité. Ainsi, concernant le nouveau projet médical d’établissement élaboré en 2006, nous n’étions pas tous d’accord les uns avec les autres et c’est justement nos points de vue différents qui ont donné de la force au projet médical.

Je suis intimement persuadé que le fait d’avoir eu une diversité d’approches sur le développement du centre hospitalier de Givors nous a, en fin de compte, donné plus de force et de cohérence vis-à-vis du ministère de la santé.

- Le conseil d’administration ainsi composé permettait également de nourrir une information suivie et un lien fort avec les usagers et les habitants du sud du département. Je crains que sa suppression distende ce lien et cette dynamique citoyenne autour d’un équipement public aussi structurant et accélère le démantèlement de l’offre publique de santé au cœur des territoires.

  • Sur la forme :

Le conseil d’administration passe de 23 à 9 membres et devient un conseil de surveillance avec moins de pouvoir. C’est donc une diminution du nombre d’élus, de personnel d’établissement et de personnalités qualifiées.

Au moment où beaucoup déplorent le manque d’investissement sur la chose publique, cette diminution du nombre de représentants et de dynamique citoyenne risque de creuser encore davantage le fossé entre les Français et l’intérêt général.

Je remercie, bien évidemment, tous les membres du conseil d’administration pour leur travail et leur implication tout au long de ces années d’effort en commun.

Nos différences ont été une force pour Montgelas, et malgré les désaccords qui animent tout fonctionnement démocratique chacune et chacun œuvrait pour le développement du service public de santé et le rayonnement de notre centre hospitalier de proximité si utile à la population givordine et du sud du département.

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