8 mai 1945 en Algérie : une première historique en France

Le week-end dernier, en collaboration avec l’Association pour la Promotion de la Culture Algérienne, dont je remercie le président, Abdesselem Bouras, pour son implication, nous avons organisé un week-end de conférences, de débats et une projection documentaire autour des événements tragiques qui se sont déroulés le 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata en Algérie.

En effet, dans le monde entier, si le 8 mai 1945 symbolise la victoire sur le fascisme et la barbarie nazie, cette date constitue une tragédie en Algérie.

Cette terrible blessure est largement occultée en France et la plupart de nos concitoyens ne connaissent pas ces événements qui se sont déroulés au moment même où tous les peuples du monde célébraient la paix, la liberté et l’indépendance retrouvées.

Tous espéraient un monde nouveau fait de justice sociale et de fraternité.

Cette importante initiative, l’une des premières en France organisée par une collectivité, vise donc à mieux faire connaître cette page sombre de notre histoire afin bien évidemment de favoriser le travail de mémoire.


Parce qu’il est primordial de connaître son passé pour mieux vivre son présent et surtout pour mieux construire son avenir, nous nous attachons régulièrement à ce que toutes les mémoires soient évoquées, y compris les plus douloureuses.

Et parce que nous savons aujourd’hui que les mémoires traumatologiques se transmettent de génération en génération, notre démarche se veut aidante pour le vivre ensemble, en permettant de confronter les points de vue et de comprendre les souffrances réciproques.

Ainsi, régulièrement, nous essayons de rassembler et reconstituer les mémoires pour aider la population à faire preuve d’esprit critique à l’égard d’une vérité historique qui en aucun cas ne peut être sélective.

Ce week-end de recherche et de débats s’inscrit dans une longue liste d’actions menées par la ville de Givors à l’exemple de la création d’une place du 17 octobre 1961, comme il existe un square du 19 mars 1962 et une plaque commémorant les martyrs de Charonne.

Givors est aussi la 1ère ville de Métropole à avoir inauguré une rue Aimé Césaire.

Et récemment, la création d’un square Sarkis Tchoulfian et la projection du film de R. Guédiguian « l’armée du crime » nous a permis de rendre un hommage à nos frères étrangers du groupe Manouchian morts, avec les résistants français, pour la libération de la France.

Cette initiative autour des événements du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata s’inscrit donc dans un vaste mouvement de la connaissance et de la reconnaissance.

C’est l’esprit de la démarche engagée par notre ville et l’APCA afin de  permettre au plus grand nombre de connaitre et de comprendre les événements qui se sont déroulés le 8 mai 1945 en Algérie.

A l’inverse de ceux qui refusent le débat, nous avons à Givors décidé, ce week-end, de réfléchir collectivement pour mieux regarder notre histoire, entendre la diversité des vécus et des expériences afin bien sûr de nous aider à ne pas réitérer les erreurs du passé et à mieux affronter l’avenir.

Pour leur participation à ce week-end, je tiens à remercier : Marie-George Buffet, ancienne ministre et secrétaire nationale du parti communiste français, Benjamin Stora, docteur en histoire du Maghreb, de la colonisation française et de l’immigration, à l’université Paris XIII, Henri Alleg, journaliste-écrivain, ancien directeur d’Alger Républicain, Salih Benkoubi, ancien ambassadeur d’Algérie, Alain Russio, historien, spécialiste de la colonisation française, Mohammed Ben Salah, journaliste et chercheur à l’université d’Oran.

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