Givors : Une nouvelle avenue Georges Charpak pour le nouveau pôle automobile

Charpak et FordEn présence de plus de 200 personnes, dont des chefs d’entreprise de l’agglomération lyonnaise, des élus de la majorité municipale et des « habitants ressources » de Givors, j’ai eu le plaisir d’inaugurer, samedi 9 avril, la nouvelle avenue Georges Charpak desservant le pôle automobile, et de participer à l’ouverture de la première concession du pôle automobile.

Charpak et FordVous trouverez ci-dessous le discours que j’ai prononcé lors de cette matinée hautement symbolique pour le rayonnement économique de Givors dans l’agglomération lyonnaise.

Mesdames, messieurs, chers amis,

Je suis très heureux de vous accueillir si nombreux aujourd’hui pour l’inauguration de la rue Georges Charpak et du premier bâtiment du pôle automobile.
Georges Charpak est né le 8 mars 1924 en Pologne et décédé à l’âge de 86 ans, le 29 septembre 2010 à Paris.

Il fut un physicien français éminent et l’un des 6 prix Nobel français de physique de l’après-guerre.

Sa famille, juive, émigre en France alors qu’il a 7 ans, et dès l’âge de 15 ans, Georges Charpak devient un militant antifasciste et rejoint les jeunesses communistes.

En 1941, il entre dans la Résistance, et en 1943, il est arrêté et interné au centre de détention d’Eysses avant d’être déporté au camp de concentration de Dachau en Allemagne. Il y reste un an, et doit sa survie à sa pratique de plusieurs langues.

Après guerre, il devient citoyen français grâce à son statut de « mineur polonais », et il entre à l’École nationale supérieure des mines de Paris dont il est diplômé en 1947.

L’année suivante, il est admis au CNRS comme chercheur dans le laboratoire de physique nucléaire du Collège de France où il obtiendra, en 1955, son doctorat.

Il est élu Membre de l’Académie des sciences en 1985 et reçoit, en 1992, le prix Nobel de physique « pour son invention, et le développement de détecteurs de particules ».

C’est, à ce jour, la dernière fois que le prix Nobel de physique a été attribué à un seul lauréat.

Avec le soutien de l’Académie des sciences, il prend la tête en 1996 d’un important mouvement de rénovation de l’enseignement des sciences à l’école primaire, appelé « La main à la pâte ».

Cette initiative touche aujourd’hui près d’une école sur trois en France, avec des collaborations internationales pour étendre ce mouvement au niveau mondial.

Le parcours de Georges Charpak est exceptionnel à plus d’un titre :

- d’abord parce qu’il a traversé et résisté à l’une des pages les plus sombres de l’histoire française et mondiale,
- ensuite parce qu’il a contribué à faire grandir l’image de la France sur la scène internationale,
- et enfin parce qu’il a largement participé à démocratiser le savoir scientifique.

C’est donc avec beaucoup de plaisir et de respect que la municipalité de Givors a décidé, à l’unanimité, de rendre hommage à Georges Charpak en donnant son nom à l’artère principale desservant le pôle économique Rhône Gier.

Mesdames, messieurs, 

Charpak et FordS’il a été aisé de donner le nom de Georges Charpak à cette rue, il en a été tout autrement avec le projet de pôle automobile.
Fruit d’une longue mobilisation de la ville de Givors, de l’association syndicale libre « village automobile » et de Givors développement.

Cette 1ère tranche du pôle économique Rhône Gier, a effectivement connu de multiples rebondissements.

● En avril 2001, le Groupe BSN Glasspack annonce la fermeture du site VMC.

S’engage alors une longue et forte mobilisation avec les verriers, leurs syndicats, et les élus de Givors pour défendre le site et préserver l’emploi.
Au final, les conséquences de la fermeture de la verrerie seront très lourdes financièrement puisque pour la seule année 2003 la ville perdra 1,6 millions d’euros de Taxe Professionnelle.

● En juin 2002, à la demande de la municipalité, l’Etat et le groupe BSN Glasspack, signent une convention de réindustrialisation et le conseil municipal de Givors adopte une délibération afin d’avoir un droit de regard sur l’installation des nouvelles activités.

● En janvier 2003, une première entreprise MG Fil Overad s’installe sur les jardins ouvriers du site VMC et créé plus de 100 emplois.

● La même année, la municipalité affirme sa volonté de développer un parc multi-activités et en septembre un premier projet est présenté.
Le terrain est alors vendu à EPORA afin qu’il démolisse les bâtiments et dépollue les sols.

● En mars 2004, Givors engage la révision de son PLU pour faciliter la réoccupation économique et en juillet, EPORA, propriétaire du site, engage les travaux de désamiantage et de dépollution.

● En janvier 2005, à la suite de défaillances et d’engagements non tenus par le porteur de projet, la ville de Givors met en place un groupe de travail pour développer un nouveau projet d’aménagement.

● En juin 2005, une Zone d’Aménagement Concerté est créée et la maitrise d’œuvre est confiée à Givors Développement.

C’est aussi l’époque où des études complémentaires de sol permettent de découvrir des pollutions lourdes et insoupçonnées qui prolongent la durée des travaux.

Parallèlement, le chantier de démantèlement se complique : 

- Certains bâtiments doivent finalement être désamiantés,
- des caves situées sous les anciens entrepôts et inconnues sur les plans sont mises à jour et fragilisent l’ensemble des travaux de terrassement,
- et, enfin, 3 cuves remplies d’hydrocarbures sont découvertes en profondeur.
Bref ces multiples problèmes ont allongé de façon significative la reconversion du site.

● En décembre 2006, EPORA revend les 8,5 hectares à Givors Développement qui, en tant qu’aménageur, réalise les premières infrastructures et engage la requalification paysagère des bords du Gier.

● Un an plus tard, les permis de construire du pôle automobile sont déposés et les travaux de terrassement commencent jusqu’à ce qu’une bombe de la seconde guerre mondiale soit découverte.

C’est aussi l’année où de nouvelles études démontrent qu’il est impossible de créer des fondations à plus de 2 mètres de profondeur.
Il faut donc une nouvelle fois s’adapter, réfléchir vite et mettre en œuvre une technique originale celle du compactage dynamique.

● En 2009, dans le cadre du plan de relance gouvernemental, les travaux de compactage sont engagés et en juin, pose de la première pierre est effectuée.
Comme vous pouvez le constater, la reconversion du site VMC a connu d’une part, de multiples difficultés liées à la mauvaise qualité des sols, et d’autre part des impondérables de toutes sortes, liés autant aux traces des bombardements de 1944 qu’aux problématiques résultant des normes qui évoluent toujours plus vite que les travaux.

Difficultés également face aux différentes manœuvres mises en œuvre afin de faire échouer ce projet. 

De multiples recours ont été déposés sur chaque permis de construire, par un ancien conseiller municipal de Givors, et tous ont été jugés non recevables par le tribunal administratif. 

Je dois dire que la ville et les chefs d’entreprises ont été surpris et interpellés du fait qu’un citoyen puisse tenter de freiner d’aussi grands projets, par des recours et des procès incessants.

Au bout du compte, il a fallu à la ville, à Givors Développement, à l’Association Syndicale Libre, ainsi qu’aux différents partenaires, des années d’efforts, de ténacité et d’acharnement pour arriver à faire revivre ce site et réimplanter des activités économiques porteuses d’emplois, de dynamisme et d’avenir.
Je tiens à ce titre à remercier et à féliciter tous les chefs d’entreprises et plus particulièrement Jacques Rolland, président de l’association syndicale libre et PDG de la concession Ford Magris, sans qui ce projet n’existerait tout simplement pas.

Remercier également Emmanuel Lenoir, vice président de l’association et directeur de Renault Givors. Tous deux avec les autres chefs d’entreprises ont travaillé durement en étant toujours présents, disponibles et surtout force de propositions même si parfois les négociations ont été longues.
Bien évidemment le fait pour notre ville de disposer d’une Société d’Economie Mixte comme Givors Développement, pour l’aménagement, le développement économique et la valorisation du territoire, est un appui précieux pour travailler dans de telles opérations de reconversion. 

Je remercie Daniel Latreille, son directeur général, et à travers lui tous les directeurs successifs, ainsi que Laurent Béchaud, directeur régional et tous les personnels, Louisa et le dernier arrivé Benjamin dont la mission exclusive est de travailler au développement économique de Givors.

Je remercie également EPORA, l’Europe, l’Etat, le département et le Grand Lyon pour leur importante implication financière.

Ce site s’inscrit dans une ville en pleine mutation avec des conditions d’accessibilité exceptionnelles comme l’a expliqué Henri Bazin, élu chargé des voiries.

● Mais au-delà des voiries et des modes de transport, ce territoire se développe à grande vitesse notamment grâce à la construction d’équipements structurants, tels que le nouveau centre hospitalier, la deuxième tranche de la nouvelle cité administrative, a qui accueillera 45 logements et de plus de 3000 m2 de bureaux.

Givors longtemps paralysée par les conséquences de la crise industrielle des années 70, retrouve aujourd’hui un dynamisme qui lui permet de repasser la barre des 20 000 habitants et d’être fortement attractive pour le monde économique.

Plus globalement ce nouveau pôle économique Rhône Gier est au cœur d’un territoire stratégique entre Lyon et Saint-Etienne, entre le Nord Isère et le Pays Viennois.

La ville de Givors a veillé à ce que ce pôle automobile s’inscrive dans une charte architecturale de qualité, à l’exemple de la concession Ford que nous inaugurons aujourd’hui. 

Nous avons également veillé aux indispensables créations d’emplois d’abord pour la jeunesse de notre ville.

Je remercie les chefs d’entreprise d’avoir accepté nos conditions en travaillant avec la maison de l’emploi pour les recrutements mais aussi d’avoir accepté de signer une convention avec le lycée professionnel Pablo Picasso afin d’assurer un débouché pour les stages, l’apprentissage et au final l’accès à l’emploi pour les Givordins.

Ce pôle comprend plusieurs concessionnaires représentant une quinzaine de marques.

Il intègrera également une carrosserie, un contrôle technique et un centre commun pour les véhicules d’occasion ainsi que des sociétés d’assurance et de financement qui seront également implantés sur le site.

Mesdames, messieurs, chers amis,

Charpak et FordA l’issue de toutes de ces années de travail et de mobilisations, parfois de déception et de colère, et souvent de moments de satisfaction comme aujourd’hui, il est bon de rappeler que les seules batailles perdues d’avance sont celles que l’on ne mène pas.

Depuis le début, j’ai souhaité que l’Europe, l’Etat, les collectivités et les différents partenaires puissent travailler ensemble. 

Travailler ensemble en mettant nos diversités sociales, économiques ou territoriales au seul service de l’intérêt général.

Ce pari audacieux est en passe de réussir et c’est donc pour cela qu’aujourd’hui je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui ont contribué à cette belle aventure. 

L’inauguration de cette rue Georges Charpak et l’ouverture de cette première concession automobile est un symbole fort.

Un symbole fort car ces inaugurations sont les premières de toute une série d’inaugurations marquant l’arrivée de nouvelles entreprises et de nombreux emplois qui vont avec.

Je vous remercie de votre attention.

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