Laïcité : Quand le mot « débat » ne veut plus rien dire… et que le verbe « stigmatiser » prend tout son sens

Après des semaines de polémiques et dans un climat délétère, le débat de l’UMP sur la laïcité s’est finalement tenu dans un hôtel de luxe parisien. 

LaïcitéEn présence de plus de journalistes que de militants et d’intervenants, et avec l’absence du Premier Ministre, François Fillon, du Ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, et de la moitié du gouvernement, divisé sur ce sujet, ce débat a duré 3 heures, et a débouché sur 26 « propositions », quasiment toutes existantes ou pour la plupart se cantonnant au registre de la recommandation floue ou symbolique. Autant dire « tout ça pour ça » ?

Et que penser de ces 26 propositions et conclusions qui ont été annoncées avant la tenue de l’initiative, signifiant par la même occasion l’inutilité d’un tel débat, stigmatisant et porteur de messages dangereux pour le vivre-ensemble.

Il suffit de regarder de plus près le contenu des propositions avancées par le parti présidentiel pour se rendre compte qu’il ne s’agit là que d’une simple escroquerie intellectuelle consistant à focaliser l’attention des Français sur d’autres sujets que ceux qui les préoccupent quotidiennement.

Il faut dire qu’il est toujours plus facile de faire monter le rejet et la haine de l’autre, la division, l’intolérance et le repli sur soi, que de favoriser l’égalité, la fraternité, la solidarité, et le respect de l’autre dans un pays qui s’est construit sur les différences, qu’elles soient philosophiques, culturelles, politiques ou religieuses.

En revanche, il y a un fort besoin de courage politique pour répondre aux préoccupations quotidiennes de nos concitoyens, que ce soit dans les secteurs de l’économie et de l’emploi avec un taux de chômage extrêmement élevé, en particulier chez les plus jeunes, mais aussi dans l’éducation, la santé, ou encore concernant la flambée des prix de l’énergie et des denrée alimentaires de première nécessité.

Qu’importe les préoccupations des Français, dont une majorité a critiqué la tenue d’un tel débat, l’UMP s’est entêtée à maintenir cette initiative stérile et nourrissant les amalgames avec les idées du Front national, alors même que de très nombreux élus, toutes tendances politiques confondues, et que les responsables des 6 grandes religions de notre pays ont émis de sérieuses critiques quant à l’impact d’un tel débat dans la société française.

Une fois de plus, la partie la plus droitière de l’UMP a fait le jeu du FN en durcissant son discours et en « droitisant à l’extrême » le débat. C’est d’ailleurs pour ces raisons que Jean Louis Borloo, président du parti radical valoisien, a quitté le parti présidentiel, voyant dans cette initiative, et dans les prises de positions récentes de l’UMP, notamment lors des dernières élections cantonales, une « dérive » que son parti ne pouvait soutenir pour des raisons idéologiques. Il en est également de même de Dominique De Villepin qui a pris ses distance avec le parti présidentiel.

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