Polémique sur le RSA

Fustigeant les « dérives de l’assistanat », qualifié de « cancer de la société française », le ministre des affaires européennes a évoqué ces derniers jours une proposition de loi :
- qui plafonnerait le cumul de tous les minimas sociaux à 75% du Smic,
- et qui obligerait les bénéficiaires du RSA à assumer « chaque semaine 5 heures de service social ».

RSAVraisemblablement, le ministre méconnaît les réalités sociales de notre pays et le RSA en particulier, qui comporte déjà une logique de devoirs.
Vouloir imposer 5 heures de travail par semaine aux bénéficiaires du RSA est donc totalement démagogique et contre-productif car cela risque d’entraîner des effets pervers sur l’emploi et d’aggraver la précarité globale, selon de nombreux économistes français.

A l’évidence, cette proposition, qui relève d’une méconnaissance totale de la réalité de terrain, amplifie les inégalités sociales et s’inscrit dans la droite lignée de la politique menée par le gouvernement UMP depuis 2007.

Dans le même temps, alors que plusieurs millions de personnes sont contraintes de vivre avec moins de 950 euros par mois, le gouvernement continue de favoriser les plus aisés.

Le total des exonérations pour les hauts revenus et patrimoines fait aujourd’hui perdre près de 100 milliards d’euros par an à l’Etat, soit 60% du déficit annuel de la France.

Et les annonces récentes de suppression du bouclier fiscal et de réforme de l’ISF aggravent davantage cette situation : il est prévu de diviser par deux le nombre de personnes assujetties à l’ISF, passant de 600 000 à 300 000. Le projet est clair : arriver, à terme, à la suppression pure et simple de l’ISF.

Ce n’est rien d’autre qu’un nouveau cadeau fiscal attribué aux plus aisés, qui perdent certes les 800 millions d’euros du bouclier fiscal (en 2013) pour se voir en offrir le double (1,6 milliards) en nouvelle ristourne fiscale.

En parallèle, le gouvernement tente de leurrer les salariés avec l’annonce d’une hypothétique prime de 1 000 euros, tandis que le ministre des affaires européennes stigmatise les demandeurs d’emploi, bénéficiaires du RSA, que la politique du gouvernement enfonce chaque jour un peu plus dans la misère et la précarité.

Face à cette politique, qui donne aux plus riches et prend aux plus modestes, il est nécessaire de rester vigilant et solidaire afin de ne pas tomber dans les stéréotypes et caricatures qui tendent à diviser les classes populaires, toujours pour mieux leur imposer un projet de société qui ne leur est sûrement pas favorable.

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