Pas d’Europe sans les peuples

Au lendemain de la décision de porter à référendum le plan d’austérité décidé par les dirigeants de l’Union Européenne pour la Grèce, les réactions politiques et citoyennes sont particulièrement contrastées.

Si je ne partage pas la façon de George Papandreou d’annoncer le référendum grec, la question qui est une nouvelle fois posée, c’est bien le hiatus qui ne cesse de se creuser entre une construction européenne décidée par une poignée de dirigeants et la volonté des peuples qui n’a pas voix au chapitre.Pas d’Europe sans les peuples
Pour la France, le précédent c’est le vote non à la constitution européenne en 2005 qui a été complètement ignoré par les plus hautes autorités de notre pays avec le passage en force de la signature du traité de Lisbonne.

D’autres peuples comme les Irlandais ou les Hollandais avaient voté contre sans que leur vote ne soit pris en compte.

« L’ironie » de l’histoire c’est que les actes fondateurs de la démocratie ont été les mesures prises par Solon, vers 600 av. J.-C en Grèce, pour empêcher que les paysans grecs surendettés ne deviennent esclaves de leurs débiteurs.

Aujourd’hui, c’est la question qui est posée à tous les peuples européens, et même du monde : pendant combien de temps va-t-on encore accepter le fait que tout le travail et toute la vie des peuples tournent exclusivement autour des exigences de profits des plus fortunés et des privilégiés de ce monde ?

Ce sont ces choix politiques décidés en comités restreints sur le dos des peuples qui conduisent aux catastrophes que l’on connaît aujourd’hui : une misère, des inégalités et des injustices qui ne cessent de s’aggraver, une exacerbation de cette absurdité et de cette impasse qui consiste à ce que les richesses produites, qui n’ont jamais été aussi importantes dans l’histoire de l’humanité, ne soient pas mobilisées pour l’être humain mais accaparées par quelques-uns.

Je souhaite que le peuple français soit également consulté sur tous les engagements pris au niveau européen par le Président de la République, notamment en ce qui concerne « le pacte pour l’euro plus » secrètement pris par les dirigeants européens.

A l’heure où tant de peuples se mobilisent à travers la planète (printemps arabe, mouvement des indignés, mobilisation pour la justice sociale, les acquis sociaux, et les services publics, etc.), il est urgent que la construction européenne soit enfin aussi une construction sociale et démocratique.

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