Plan de rigueur : Un triple A qui coûte cher aux Français

Décidément, les plans d’austérité se multiplient et se ressemblent en Europe. Et devant ceux-ci le monde financier se frotte les mains alors que les peuples se voient une fois de plus sommés de contribuer à l’effort national pour palier au déficit des pays qui veulent coûte que coûte récupérer ou garder leur triple A.

Plan de rigueur : Un triple A qui coûte cher aux Français

Après avoir mis en place de nombreuses mesures d’austérité, le gouvernement français a donc présenté lundi son nouveau plan de rigueur pour faire des économies de 7 milliards d’euros en 2012. Et sans aucune surprise ce sont nos concitoyens qui vont payer l’addition, avec le pourboire s’il vous plait, aux agences de notations et au monde financier.

Au menu de ce plan de rigueur :


Accélération de la réforme des retraites. L’application du passage de l’âge légal de départ en retraite à 62 ans devrait être avancée d’un an, soit 2017.

Gel de l’augmentation des prestations sociales. Autrement dit, l’augmentation de certaines prestations sociales ne sera plus indexée sur l’inflation, ce qui entraînera une nouvelle baisse du pouvoir d’achat. Ce sont les prestations familiales et les aides au logement qui seront touchées.

Nouveau rabot annoncé sur les dépenses de santé et suppression de nouvelles niches fiscales.

Le taux réduit de la TVA sera porté de 5,5% à 7% dans les secteurs de la restauration, l’hôtellerie et les travaux du logement.

Augmentation des impôts : Même si le gouvernement se refuse à parler d’augmentation d’impôts, il faut tout de même bien appeler un chat « un chat ». Le gel des barèmes de l’impôt sur le revenu, qui n’est donc plus indexé à l’inflation comme le salaire, provoque automatiquement une augmentation de l’impôt payé par les citoyens.

● Enfin, mesurette symbolique, le Premier ministre a annoncé le gel du salaire du président de la République et des ministres (après la hausse de 170% du salaire du Président).

A l’évidence, le ton est donné, même si le gouvernement s’en défend : ce sont bien les peuples qui vont payer les pots cassés de la crise économique et de la décadence du monde financier.

Plan de rigueur : Un triple A qui coûte cher aux Français
Et à l’inverse de ce qu’affirme le Premier ministre, ce nouveau plan de rigueur de 7 milliards d’euros, qui s’ajoute au précédent de 11 milliards d’euros, n’illustre pas la faillite de la France mais bel et bien la faillite d’une politique présidentielle favorisant les plus aisés et méprisant le peuple.

Il suffit de constater l’évolution de la dette de la France pour se rendre compte que c’est bien la majorité actuelle qui a explosé la dette, en la creusant de 65% du PIB du pays en 2007 à 86,2% du PIB aujourd’hui.

En somme, dans le parti présidentiel, les pompiers d’aujourd’hui sont les pyromanes d’hier.

Et l’on veut nous faire croire que c’est la faute au peuple, la faute aux services publics, aux fonctionnaires, aux 35 heures, à la retraite…

Il est grand temps que nos dirigeants politiques prennent leur responsabilité et aillent chercher l’argent là où il se trouve, là où personne ne veut aller encore chercher.

Comme le disait John Kenneth Galbraith, célèbre conseiller économique des présidents américains Franklin D. Roosevelt, John Fitzgerald Kennedy et Lyndon B. Johnson :

« En matière financière, il faudrait réaffirmer le droit et la responsabilité du gouvernement à prendre le contrôle des établissements qui posent problèmes, établir un état réel des lieux de leurs difficultés, renvoyer les dirigeants fautifs, etc. Au lieu de cela, les grandes banques conservent leur influence sur l’Etat pour éviter de payer le prix de la crise, avec le résultat qu’elles survivent mais restent éminemment toxiques, préparant de nouvelles crises pour demain. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Imprimer la page