Il y a 50 ans, le massacre de Charonne

Il y a 50 ans, le massacre de CharonneLe 8 février 1962, une manifestation pacifique de 60 000 personnes était organisée par le PCF, les organisations de gauche ainsi que les syndicats pour dénoncer la guerre d’Algérie et les attentats de l’OAS qui se multipliaient en France contre toutes celles et ceux qui se battaient pour la fin de la guerre d’Algérie et en premier lieu contre les communistes et les anticolonialistes.

Ces menaces de mort de l’OAS sur le territoire français ont ainsi visé Camille Vallin et la municipalité qu’il dirigeait à l’époque suite aux délibérations successives votées par le conseil municipal de Givors (plusieurs fois réuni en assemblée extraordinaire) et les nombreuses mobilisations dans les usines de la ville pour demander la fin de la guerre, l’auto détermination, et la condamnation des factieux de l’OAS.

A Paris, au métro Charonne, neuf personnes ont été assassinées sous les coups de la répression policière d’une rare férocité et 250 ont été blessées.

Toutes les victimes étaient syndiquées à la CGT et, à une exception près, membres du Parti communiste :


•    Jean-Pierre Bernard, 30 ans, dessinateur
•    Fanny Dewerpe, 31 ans, secrétaire
•    Daniel Féry, 16 ans, apprenti
•    Anne-Claude Godeau, 24 ans, employée PTT
•    Édouard Lemarchand, 41 ans, menuisier
•    Suzanne Martorell, 36 ans, employée à L’humanité
•    Hippolyte Pina, 58 ans, maçon
•    Raymond Wintgens, 44 ans, typographe
•    Maurice Pochard (décédé à l’hôpital), 48 ans.

Plusieurs centaines de blessés sont par ailleurs dénombrés.

Cinquante ans plus tard, cet évènement tragique résonne avec une gravité toute particulière au regard de l’actualité récente que ce soit à travers :

- les tentatives de réhabilitation de l’OAS par le gouvernement et certaines forces politiques,
 
- les tentatives de réécriture de l’histoire de notre pays voulant inscrire dans la loi le rôle positif de la colonisation française et voulant imposer le 5 décembre comme date officielle de la fin de la guerre d’Algérie,
 
- les propos détestables régulièrement distillés au plus haut sommet de l’État visant à diviser notre pays en fonction des couleurs de peau, des origines, des religions, etc.,
 
- et le développement nauséabond des thèmes xénophobes et racistes par l’extrême droite à l’exemple de la présence récente de Marine Le Pen au bal des nostalgiques du nazisme à Vienne (en Autriche), ou encore les menaces de morts récentes proférées sous forme de tags par un groupuscule d’extrême droite à la section locale du PCF de Givors, la MJC ou le square du 17 octobre 1961.
 
Plus que jamais, nous devons rester vigilent face à toutes les haines et à tous les extrémismes, face à toutes les tentatives de division et d’exclusion.
 
Le devoir de mémoire ne se résume pas seulement à rendre justice aux victimes des dizaines d’années après.
 
Le devoir de mémoire c’est également savoir s’opposer à toutes les atteintes aux libertés et aux discriminations au moment où elles se passent.
 
Il fait ainsi partie des actes quotidiens que nous devons mener collectivement et individuellement afin de promouvoir la tolérance, le respect de l’autre, l’amitié entre les peuples et les cultures.

Ville de résistance soucieuse du devoir de mémoire, il existe à Givors un quai des martyrs dédié à celles et ceux qui furent assassinés le 8 février. Il existe également un square du 17 octobre.

Ville de paix qui refuse l’oubli et la haine, il existe à Givors un square du 19 mars 1962 avec les noms de ses 3 enfants morts en Algérie.

Notre identité givordine est faite de générosité et de volonté de s’enrichir des différences qu’elles soient ethniques, sociales, politiques ou cultuelles.
 
C’est pour cela que notre action vise à faire reculer la violence, le racisme et l’injustice qui  en fin de compte ne sont que les habits présentables des attaques contre toutes les libertés, les droits et les acquis sociaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Imprimer la page