Givors célèbre la mémoire du Groupe Manouchian

Givors célèbre la mémoire du Groupe Manouchian
Samedi 25 février, la municipalité de Givors a célébré la mémoire du groupe Manouchian en présence de Christiane Charnay, 1ère adjointe de Givors, René Balme, maire de Grigny, Jean-Pierre Rioult, maire de Chasse sur Rhône, Paul Vallon, président de l’ANACR, Yves Pron, président de l’UFAC de Givors, Luc Tchoulfian, président de la communauté arménienne de Chasse-sur-Rhône/Givors, et de nombreuses personnalités qui ont fait le déplacement.

Vous trouverez ci-dessous mon intervention, en vous en souhaitant bonne lecture.

Mesdames, messieurs, cher(e)s ami(e)s,

Le 21 février 1944, au Mont-Valérien, les membres du Groupe Manouchian, tous d’héroïques résistants tombent sous les balles d’un peloton d’exécution allemand.

Olga Bancic, juive d’origine Roumaine, seule femme du groupe, sera quant à elle décapitée à la hache le 10 mai à Stuttgart, le jour de son 32ème anniversaire.

Arméniens comme Manouchian, Hongrois comme Boczon, Italiens communistes comme Fontanot, Républicains Espagnols comme Alfonso, Français comme Georges Cloarec.

Givors célèbre la mémoire du Groupe ManouchianCatholiques, juifs ou athés, tous étaient unis et avaient fait de leur différence le ciment de leur combat contre le fascisme et le nazisme.

Aujourd’hui encore plus qu’hier, il est important de se souvenir que ce sont des françaises et des français mais aussi des arméniens, roumains, espagnols, italiens, des maghrébins et des africains qui ont donné leur vie pour notre patrie et qui ont donné sens aux devises républicaines inscrites au fronton de nos mairies :

● la liberté face à l’occupation et au fascisme,
● l’égalité face à la discrimination et l’antisémitisme,
● la fraternité face à la division et au communautarisme.
Si Missak Manouchian était communiste, d’autres étaient gaullistes, et d’autres encore n’appartenaient à aucune formation politique.

Mais tous quelles que soient leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses, s’étaient rassemblés et avaient fait de leur différence le ciment de leur combat contre le fascisme et le nazisme, et tous croyaient en l’Homme et aux valeurs de la République.

L’exemple de ces hommes et femmes, venus de culture et d’horizons divers, unis autour d’un idéal de paix, de justice et de liberté, a contribué à construire notre pays sur la richesse de toutes les diversités.

Né le 1er septembre 1906 dans un village de Turquie, Missak Manouchian, orphelin, est d’abord hébergé par une famille kurde, puis recueilli par une institution chrétienne.

Lors de la déroute française de 1940 et pendant l’occupation du pays, cet immigré arménien choisit le camp de la Résistance.

En 1943, il est affecté dans les Francs Tireurs Partisans de la M.O.I. dont il prend la direction militaire pendant que d’autres, à Vichy, choisissent de se compromettre dans la collaboration.

Les membres de son groupe firent preuve de tant d’efficacité qu’Hitler demanda personnellement que « ces terroristes juifs et étrangers soient mis hors d’état de nuire ».

C’est ainsi que le 16 novembre 1943 à Evry, les Brigades Spéciales de la police française, qui s’étaient mises aux ordres de la Gestapo, procédèrent à leur arrestation.

Torturés trois mois durant, les résistants sont condamnés à mort au terme d’une parodie de procès.

Le jour même de la sentence, ils seront exécutés

La tristement célèbre Affiche Rouge, placardée par les nazis et intitulée « l’armée du crime », deviendra l’emblème du martyr du groupe Manouchian, mais aussi le symbole d’une France qui refusait de s’agenouiller.
Mesdames, messieurs, cher(e)s ami(e)s,

Cultiver le souvenir de ces français d’adoption, c’est, aujourd’hui, œuvrer pour la paix dans le monde et pour l’union de toutes les communautés.

● Les propos détestables régulièrement distillés visant à diviser notre pays en fonction des couleurs de peau, des origines, des religions, etc.,

● le développement nauséabond des thèmes xénophobes et racistes, ou encore les menaces de morts récentes proférées sous forme de tags par un groupuscule d’extrême droite à la section locale du PCF de Givors, à la MJC ou au square du 17 octobre 1961.

montrent que nous devons rester vigilent face à toutes les haines et à tous les extrémismes, face à toutes les tentatives de division et d’exclusion.

● Je pense avec horreur aux milliers de civils morts dans les conflits en Palestine, en Lybie, au Darfour, en Irak ou très récemment en Syrie.

● Je pense à ces milliers de personnes oppressées par des régimes autoritaires ou dictatoriaux.

Le devoir de mémoire ne se résume pas seulement à rendre justice aux victimes des dizaines d’années après.

Le devoir de mémoire c’est également savoir s’opposer à toutes les atteintes aux libertés et aux discriminations au moment où elles se passent.

Il fait ainsi partie des actes quotidiens que nous devons mener collectivement et individuellement afin de promouvoir la tolérance, le respect de l’autre, l’amitié entre les peuples et les cultures.

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