Obsèques publiques émouvantes pour Christian Cervantes

Obsèques publiques émouvantes pour Christian CervantesLundi 27 février, en présence de plus de 400 personnes, de nombreux élus, de syndicats et d’anciens verriers de Givors, j’ai participé aux obsèques de Christian Cervantes, ancien verrier de Givors, co-fondateur de l’association des anciens verriers qui lutte pour la reconnaissance des maladies professionnelles des ouvriers.

Guy Ficher, vice-président du Sénat, et porteur d’une proposition de loi pour la reconnaissance des maladies professionnelles des anciens verriers de Givors, a également tenu a être présent pour signifier toute sa compassion à la famille de Christian et tout son soutien à l’action engagée par l’association des anciens verriers de Givors.

Vous trouverez ci-dessous mon intervention lors de cette émouvante manifestation publique :

Madame, monsieur,
Cher(es) ami(e)s et camarades,

Obsèques publiques émouvantes pour Christian CervantesNous sommes toutes et tous réunis aujourd’hui pour rendre un dernier hommage à notre ami Christian Cervantes.

Sa disparition prématurée laisse dans la peine sa famille, ses amis, ses camarades et tous ceux qui le soutenaient dans son combat pour la reconnaissance des maladies des anciens verriers.
 
Je veux, au nom de la municipalité de Givors et en mon nom personnel, adresser nos sincères condoléances à sa femme Mercedes, ses 2 filles, Marlène et Sonia, à ses 3 petits garçons, ainsi qu’à à tous ses proches.

Je veux leur dire la douleur profonde qui est la nôtre.

Leur dire qu’une fois encore, Givors est en peine, et qu’une fois encore Givors pleure l’un des siens.

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Issu d’une famille ouvrière modeste, Christian est né à Givors en 1948.

Ayant perdu sa mère lorsqu’il était enfant, il grandit avec son père, qui décède malheureusement dans un accident de travail à Five Lilles.

Il entre ainsi très jeune dans la vie active et travaille en chaudronnerie sur Grigny.

En 1970, à l’âge de 22 ans, il entre à la verrerie de Givors et devient conducteur de ligne dans l’atelier de fabrication.

Dans les années 80, il adhère à la CGT et participe aux nombreuses luttes syndicales de l’époque qui déjà réclamaient de meilleures conditions de travail. 

Il donnera ainsi 33 ans de sa vie aux luttes ouvrières menées pour de meilleures conditions de travail et pour de meilleurs salaires.

Malheureusement, il donnera aussi, à son travail, 33 ans de sa santé car nous le savons tous, les conditions de production ne respectaient pas les normes acceptables pour la santé des salariés.

“On va au travail pour nourrir sa famille, pas pour y mourir” répétait Christian afin d’éveiller les consciences et alerter l’opinion publique sur l’injustice qui frappe les anciens verriers.

Obsèques publiques émouvantes pour Christian Cervantes
● Injustice concernant les déplorables conditions de travail des ouvriers, qui pourtant alertaient régulièrement leurs directions successives comme en attestent les procès verbaux des comités d’entreprise.

● Injustice concernant la fermeture de VMC en 2003 alors que l’entreprise était rentable et faisant un important chiffre d’affaire.

● Et enfin injustice concernant le refus de la reconnaissance des maladies professionnelles.

Ainsi va cette société constamment marquée par la folle recherche du profit
au détriment des hommes et des femmes,
au détriment de l’économie réelle,
au détriment de notre planète.

Porteur de la noblesse du travail et du savoir-faire Givordin, de la résistance et des valeurs humanistes de notre ville, Christian disait que le combat qu’il menait avec ses camarades, il le menait non pas pour lui mais pour les autres.

« Pour moi, c’est trop tard. Mais pour ceux qui sont encore dans les verreries, il faut que l’on fasse quelque chose. Je ne veux pas qu’ils crèvent comme nous autres » disait-il, car comme nous tous, il ne supportait plus de voir, mois après mois, s’allonger la liste des décès des anciens verriers.

Le combat qu’il a fait sien, nous allons toutes et tous le poursuivre pour qu’enfin soient reconnues les maladies professionnelles des anciens verriers et qu’enfin de nouvelles normes soient prises en compte pour celles et ceux qui aujourd’hui encore travaillent le verre.

Engagé et discret, toujours souriant, Christian était apprécié de toutes celles et ceux qui croisaient son chemin.
Homme de contact, il n’hésitait pas à rendre service et à se rendre disponible à chaque occasion, notamment  dans le milieu associatif givordin en participant activement aux activités organisées par la Educativa.

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Madame, monsieur,
Cher(es) ami(e)s et camarades,

Obsèques publiques émouvantes pour Christian CervantesC’est un ami chaleureux que nous perdons, mais son souvenir restera vivant dans le cœur de ses proches et de tous ses amis.

Aujourd’hui, notre devoir collectif,

● c’est de continuer la lutte qu’il a engagée pour la reconnaissance des maladies professionnelles des anciens verriers.

● C’est de continuer les luttes pour un monde qui ne sacrifierait plus les êtres humains pour le plus grand bénéfice des marchés boursiers.

● C’est de continuer la lutte pour un monde de justice sociale qui enfin placerait l’humain au centre de toutes les préoccupations.

« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent » disait Victor Hugo.

Christian a beaucoup lutté et il restera dans nos mémoires comme un militant dévoué, un homme combatif, loyal et droit, et un ami profondément attaché à l’amitié entre les êtres humains.

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