Commémoration de l’abolition de l’esclavage colonial à Grigny

Commémoration de l'abolition de l'esclavage colonial à Grigny

Samedi 19 mai, en ma qualité de conseiller général du Rhône, j’ai eu le plaisir de participer à une journée consacrée à la commémoration de l’abolition de l’esclavage colonial organisée par la ville de Grigny et l’association « La Fourmilière ». Au programme : débats, festivités, exposition, danses et musiques traditionnelles, etc.

Depuis 2005, chaque 10 mai, les progressistes commémorent la journée de l’abolition de l’esclavage, date anniversaire de l’adoption par le Sénat de la loi Taubira en 2001, désignant la traite et l’esclavage comme un crime contre l’humanité.

C’est en 1794 que fut proclamée, par la Convention nationale, l’abolition de l’esclavage, quatre ans après l’adoption par l’Assemblée de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen.

Mais l’abolition, appliquée dans toutes les colonies françaises, fut révoquée en 1802 par Napoléon.

Il fallut attendre le 27 avril 1848 pour que le gouvernement provisoire de la République abolisse par décret l’esclavage sous l’impulsion de Victor Schœlcher.


164 ans plus tard, nous nous sommes réunis pour effectuer notre devoir de mémoire et enseigner aux plus jeunes la tragédie que constitua le trafic négrier, l’asservissement de millions d’hommes et de femmes niés dans leur humanité, déportés de leurs terres africaines, avant d’échouer dans les plantations de canne à sucre dans les colonies françaises, espagnoles ou britanniques.

« Le colonialisme, disait Aimé Césaire, porte en lui la terreur, il porte aussi en lui, […] le mépris de l’homme, la haine de l’homme, bref, il porte en lui le racisme. Que l’on s’y prenne comme on voudra, on arrive toujours à la même conclusion : il n’y a pas de colonialisme sans racisme ».

● Certains peuvent penser que le combat contre le colonialisme et l’esclavage n’est plus d’actualité et qu’il est désormais inutile de ressasser ce passé douloureux.

Pourtant, il y a seulement quelques années, il s’est trouvé une majorité de parlementaires pour voter une loi sur le prétendu rôle positif de la colonisation, et l’un des instigateurs de cette loi honteuse est candidat, dans la 11ème circonscription, aux élections législatives des 10 et 17 juin prochains.

● Certains peuvent penser que ce combat n’est plus d’actualité et pourtant chaque jour le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme continuent de produire leurs effets néfastes dévastateurs pour nos territoires et nos populations.

● Certains peuvent penser que ce combat n’est plus d’actualité et pourtant il existe encore de très nombreux territoires colonisés dans le monde. J’arrive de Palestine où la colonisation est une réalité insupportable de tous les instants.

C’est pour cela qu’à travers cette journée, nous ne commémorons pas seulement l’abolition de l’esclavage, mais nous agissons pour l’éveil des consciences et pour transmettre aux générations futures les valeurs d’ouverture, d’humanisme, de liberté et de solidarité.

A Givors, ce travail nous le menons depuis de nombreuses années afin de toujours mieux promouvoir la tolérance, le respect de l’autre, l’amitié entre les peuples et les cultures.

Notre ville est ainsi la première ville française en métropole à avoir inauguré en 2008 une rue Aimé Césaire afin de rendre hommage à ce grand écrivain, co-fondateur du mouvement littéraire de la négritude, qui dénonça l’oppression culturelle héritée du système colonial français, le racisme et l’idéologie colonialiste tout au long de sa vie.

Givors est également l’une des premières villes de France à avoir inauguré un square du 17 octobre 1961 afin de rendre hommage aux victimes algériennes qui manifestaient pacifiquement pour l’indépendance de l’Algérie, et chaque année, le 8 mai, en lien avec l’APCA, nous organisons un débat et nous commémorons les victimes des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata.

Plus récemment, nous avons inauguré la nouvelle esplanade de la résistance et de la déportation afin de rendre hommage à tous les acteurs de la résistance et à tous les martyrs de la déportation, en souhaitant qu’elle devienne un lieu et un parcours pédagogique pour transmettre cette importante mémoire aux jeunes et moins jeunes générations.

Enfin, parce que la multiplication des actes racistes, xénophobes ou antisémites est pour moi intolérable, j’ai proposé à l’ensemble des acteurs associatifs, sportifs, politiques, économiques, et syndicaux de Givors, de valider le principe d’un Pacte civique et républicain qui sera signé collectivement le samedi 23 juin à 11h, jour de la Fête de la ville.

Je tiens à remercier et à féliciter José Pierrot, président de l’association la Fourmilière, ainsi que tous les bénévoles qui ont participé à l’organisation de cette journée commémorative, festive et pédagogique.

Remercier également René Balme, maire de Grigny, pour avoir soutenu l’organisation de cet évènement sur une thématique qui, je le sais, lui tient fort à cœur.

A notre échelle, dans nos nombreuses initiatives, à travers la manifestation d’aujourd’hui, nous faisons l’histoire et nous transmettons aux plus jeunes l’esprit de résistance et de combat contre les injustices qui frappent encore notre monde.

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