50ème anniversaire de l’indépendance algérienne : un acte historique fondateur

50ème anniversaire de l’indépendance algérienne : un acte historique fondateur

Jeudi 5 juillet, en présence de plus de 80 personnes, j’ai eu le grand plaisir de participer au 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie organisée par l’APCA, association givordine qui milite pour le devoir de mémoire et le vivre ensemble dans notre ville.

L’indépendance de l’Algérie est proclamée le 5 juillet 1962 après 132 ans de colonisation française. Elle a débuté le 14 Juin 1830 avec le débarquement des forces françaises sur les côtes algériennes.

Après la signature des accords d’Evian le 18 mars 1962 et la proclamation du cessez le feu le lendemain, il va falloir près de 4 mois à l’Algérie pour accéder totalement à son indépendance.

L’exécutif provisoire est mis en place en avril 1962, puis le 1er juillet 1962 aura lieu le référendum d’autodétermination : 99.7 % en faveur de l’indépendance.

Près d’un million de Français d’Algérie quittent précipitamment le pays avant la fin de l’année, dans des conditions souvent difficiles.

La guerre d’Algérie aura été l’une des plus longues guerres de décolonisation. Elle marque durablement les esprits, algériens et français, tant par les drames humains qu’elle a provoqué que par ses conséquences politiques.

Elle aura favorisée aussi indirectement l’accession en douceur à l’indépendance des autres colonies françaises.

Aujourd’hui, il est important que la municipalité de Givors accompagne celles et ceux qui commémorent ce 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie d’abord au regard de l’histoire de notre ville, ensuite évidemment au regard de nos engagements humanistes pour que chaque peuple puisse vivre digne et libre.

A Givors, dès les années cinquante, Camillle Vallin et le conseil municipal de l’époque dénonçaient l’OAS, refusaient la guerre et réclamaient l’indépendance de l’Algérie lors de conseils municipaux extraordinaires ou de manifestations réunissant des milliers de personnes.

Quand nous nous réunissons aujourd’hui pour commémorer le 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, nous pensons évidemment à toutes celles et tous ceux qui ont lutte, mais nous pensons également aux nombreux peuples qui, de par le monde, luttent encore pour leur indépendance.

C’est pourquoi il est utile de dire et redire la stupidité et l’ignominie de la guerre.

De dire et redire l’importance de l’autodétermination des peuples et de leur aspiration à vivre en paix.

Comme beaucoup d’entre vous, je suis de ceux qui espèrent toujours que s’impose la paix mondiale par le recours aux négociations et à la compréhension mutuelle.

Et comme beaucoup d’entre vous, je suis de ceux qui militent pour la réconciliation entre les pays et leur population.

C’est pour cela, qu’en commémorant ce 50ème anniversaire, nous célébrons, bien sûr, l’indépendance de l’Algérie et nous honorons les disparus ; mais nous réalisons également un geste pour l’apaisement des tensions entre les peuples.

La France a encore un peu de chemin à parcourir pour faire face à son histoire coloniale.

50ème anniversaire de l’indépendance algérienne : un acte historique fondateur
Givors y participe à son échelle :

- première ville de province à dédier un square du 17 octobre 1961 pour rendre hommage aux centaines de victimes des assassinats commis sous les ordres de Papon,

- deux journées de réflexion et de débat à l’occasion du 65ème anniversaire de la commémoration des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata.

Sans comparer des situations et des contextes différents, force est de constater qu’en 1933 l’intolérance et le racisme ont conduit Hitler au pouvoir par les urnes et lui permirent de faire de la minorité juive et de tous les démocrates des boucs émissaires de sa folie meurtrière.

En 2012, certains font jouer ce rôle à d’autres immigrés en se servant des mêmes mensonges et des mêmes artifices.

Mais l’histoire d’une nation, c’est l’histoire de celles et ceux qui composent cette nation.

C’est pourquoi il faut se rappeler que ce sont des tabors d’Afrique du Nord qui étaient en première ligne lors de la seconde Guerre Mondiale et qui, aux côtés des Français et des autres soldats issus des colonies françaises, libérèrent la France.

Notre ville de Givors a été construite par des « Givordins de souche » mais elle a été enrichie par les vagues successives d’immigration.

Certains pensent que la diversité est un handicap.

A Givors, on pense que la diversité est une chance.

Je remercie et félicite Abdesselem Bouras, président de l’APCA, pour l’organisation de ce 50ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie et lui souhaite de pouvoir continuer à mener si bien les initiatives de l’APCA.

L’association a été signataire de la Charte de la diversité en 2007, signataire du Pacte civique et républicain pour le vivre ensemble que j’ai initié il y a quelques semaines, et s’engage sur toutes les initiatives pour le vivre ensemble à Givors.

C’est bien sûr un encouragement pour tous ceux qui sont épris de paix, mais c’est aussi un formidable exemple pour les générations à venir.

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