Remise des insignes de la Légion d’Honneur à Jean-François Soulard

Remise des insignes de la Légion d’Honneur à Jean-François SoulardVendredi 4 janvier, j’ai eu le plaisir de me rendre au Mans, dans la Sarthe, pour remettre les insignes de la Légion d’honneur à Jean-François Soulard, conseiller municipal du Mans, président de la Setram, société de régie des transports de l’agglomération mancelle, et vice-président de Le Mans Métropole.

Retrouvez ci-dessous mon intervention et cliquez sur la photo ci-après pour accéder à l’article paru sur le journal Ouest France :

Remise des insignes de la Légion d’Honneur à Jean-François Soulard

Pascale Soulard, épouse de Jean-François,
Alexandre et Marion, les enfants de Jean-François,
Sandrine, Mathieu et Nicolas, les enfants de Pascale,
Les nombreux proches, amis et camarades de Jean-François et Pascale,

Mesdames, Messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs, chers amis,

Je suis  très honoré de procéder aujourd’hui, à la remise de  la Légion d’honneur,  à mon ami Jean-François Soulard, qui dans quelques instants sera élevé au grade de Chevalier, au titre du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie. C’est sûr qu’il aurait plus de mal à l’obtenir par le ministère des sports comme champion olympique, car Jean-François est plutôt sportif canapé ou dans les tribunes du stade de foot.

Issu d’une famille modeste, Jean-François Soulard est né le 23 juin 1954 à Angers, près du magnifique château de la ville, mais surtout,  à proximité de la gare, ce qui était certainement un signe prémonitoire.

Prémonitoire, car dès son enfance Jean-François veut conduire des trains.

Pour suivre sa voie, il devient apprenti cheminot à l’école Auguste Piron, appelée la « faculté » et là, il obtient son CAP.

En septembre 1970 il entre au centre ferroviaire du Mans et c’est dans cette belle ville et cette magnifique région du département de la Sarthe qu’il va faire sa vie et déployer de nombreuses activités, au point d’en devenir une personnalité particulièrement appréciée et largement reconnue.

A la fin de son apprentissage, Jean-François choisit le métier de conducteur de train et devient pendant plus de vingt ans roulant sur les lignes en partance du Mans.

Très vite,  il adhère à la CGT et devient secrétaire de la section technique des agents de conduite, qui compte alors plus de 300 adhérents.

En 1975 il prolonge son engagement syndical en adhérant au Parti communiste français.

Remarqué pour ses grandes qualités professionnelles et militantes, la CGT lui confie rapidement des responsabilités  régionales et nationales.

Il devient ainsi, membre du Collectif technique national des agents de conduite de la fédération CGT des cheminots, avant d’en assumer la responsabilité de secrétaire.

Puis il participe à la Commission nationale mixte de la SNCF concernant les différentes problématiques liées à la réglementation du travail.

De 1988 à 1996, Jean-François est élu au Comité central d’entreprise de la SNCF où il assume brillamment le poste de président de la commission « Conditions de travail et santé ».

Dans la grande famille de la CGT cheminote, Jean-François dit « Soussou », pour la classe ouvrière, devient une figure incontournable, non seulement comme dirigeant syndical et grand spécialiste de la réglementation du travail, mais aussi comme l’infatigable militant toujours présent au cœur des luttes et des grands mouvements sociaux de notre pays.

C’est encore lui, qui est sollicité après les catastrophes ferroviaires des années 80, pour aller devant les tribunaux afin de faire connaître l’organisation du travail des conducteurs de train.

Un investissement important qui s’est poursuivi en 1886 et 1987, pendant la grande grève des cheminots.

Une époque où ses enfants, Alexandre et Marion, le voient le plus souvent à la télévision.

En 1995, pendant les grands mouvements sociaux, Jean-François est l’un des principaux animateurs de l’action des cheminots du Mans et de France.

Avec ses camarades, il joue un rôle déterminant contre la casse de la SNCF, la défense de la sécurité sociale et le respect des acquis sociaux.

Si 1995 fut une année de luttes revendicatives, ce fut également l’année de naissance d’un célèbre slogan repris en cœur dans toutes les manifestations.

Si nous nous souvenons toutes et tous du célèbre « Tous ensemble, tous ensemble, ouais », Jean-François, lui,  ne va pas tarder à le mettre concrètement en pratique.

C’est en effet au cœur de ce grand mouvement social qu’il va rencontrer Pascale, elle aussi militante à la CGT et au parti communiste français, qui fut la première femme secrétaire générale des cheminots du Mans et qui fut élue en 2004 conseillère régionale à la région pays de la Loire.

A eux deux, ils ont su donner un sens concret et assez inattendu « au tous ensemble ».
D’abord en s’unissant et ensuite en réunissant leurs deux couvées  : Sandrine, Alexandre, Matthieu, Marion et Nicolas.

Un « tous ensemble » cimenté par  le partage d’idées et de valeurs humanistes que Jean-François et Pascale savent mettre en œuvre au quotidien et en toute modestie.

En 1999, Jean-François joue également les premiers rôles quand sont négociées les conditions de mise en œuvre de la réduction du temps de travail à la SNCF.

Une responsabilité particulièrement importante pour celui qui a toujours eu à cœur de permettre à des scientifiques de se pencher sur les conditions d’exercice du difficile métier de conducteur de train, aussi bien pour assurer  la sécurité nécessaire aux passagers que pour permettre aux agents d’exercer leur importante responsabilité dans les meilleurs conditions.

En 2001, Jean-François est élu conseiller municipal communiste à la ville du Mans avec la responsabilité des transports publics et s’occupera également des transports à la communauté urbaine du Mans Métropole avant d’en devenir l’un des vice-présidents en 2008.

Il devient également président de la Setram, société des transports de l’agglomération mancelle, qui est une Sem importante et reconnue à la Fédération des entreprises publiques locales.

Fédération au sein de laquelle Jean-François exerce des responsabilités nationales comme membre du conseil d’administration.

Dans cette nouvelle dimension militante et comme il l’a toujours fait pour ses mandats syndicaux, Jean-François place immédiatement son action politique au service des populations et du territoire.

D’importantes réalisations verront ainsi le jour :

•    l’ouverture de la 1ère ligne de tramway, le 17 novembre 2007, et le lancement de la seconde ligne,

•    la création du premier réseau de France de vélos à assistance électrique, qui, comme vous le savez, est une innovation locale largement plébiscitée.

Depuis 2004, ce retraité de la SNCF n’a donc pas chômé et continue à s’occuper à un rythme intense des questions de transports collectifs qui sont pour lui une véritable passion.

Véritable théoricien des transports Jean-François sait également que le lien entre la théorie et la pratique est l’une des conditions essentielles à une meilleure connaissance des réalités.

Fort de ce principe, il a ainsi suivi la formation des conducteurs de tramway afin d’obtenir l’autorisation de conduite de ces engins pour connaître concrètement le quotidien des agents de la Setram.

Ce qui vous l’avouerez n’est pas banal.

Mesdames, messieurs,

Dans mes différentes fonctions d’élus je rencontre chaque jour des gens qui souffrent et qui s’inquiètent pour leur avenir et celui de leurs enfants.

Des gens qui se sentent exclus d’une société qui a vraiment une fâcheuse tendance à les oublier et à les laisser sur le bord de la route.

Des gens qui ne se reconnaissent pas dans la surmédiatisation permanente de certains et par la glorification de l’argent roi.

Mais, des gens qui ont parfois, et malheureusement, la fâcheuse tendance à mettre tout le monde dans le même sac.

Les élus qui ne pensent qu’à eux, les partis politiques qui magouillent, les fonctionnaires et leurs privilèges, et bien sûr les étrangers faisant office de si utiles boucs émissaires.

Dans ce type de situation, il faudrait, à l’évidence, bien plus de Jean-François Soulard.

Bien plus de responsables, qui comme lui, donne de leur temps pour la défense l’intérêt général.

Bien plus de responsables pouvant mieux porter la voix des populations.

Bien plus de responsables pouvant écouter, expliquer et rassembler.

Bien plus de responsables qui, comme Jean-François peuvent se passionner pour la défense et l’avenir du service public, ainsi que pour l’intérêt général.

Jean-François, a ainsi acquis à l’école de la vie et du militantisme des compétences à la fois professionnelles, syndicales et politiques, des compétences qui font référence et qui sont pleinement utiles aux territoires et à leurs habitants.

Bien évidemment, ce bref tableau ne saurait résumer la richesse humaine et la personnalité de Jean-François.

Fidèle en amitié, entouré de l’affection de ses amis et camarades qu’il a su préserver et nourrir par ses grandes qualités relationnelles, Jean-François est connu et apprécié pour être un amoureux de la vie et un passionné du genre humain.
Au-delà de cette vie déjà si riche, par son militantisme je voudrais souligner certains traits, de Jean-François, qui à mes yeux sont particulièrement marquants et attachants.
Jean-François est un homme multipolaire.

Ainsi, il peut tout à la fois :

•    être un fervent passionné de la pêche à pied, attendant avec frénésie les grandes marées pour aller récolter huitres, moules, crevettes et autres palourdes avec ses plus fidèles amis.

Mais pour être complet, il faut dévoiler le fait que, chaque année, cette passion fait vaciller son équilibre psychique car la chose qu’il craint le plus au monde, c’est que la grande marée coïncide avec l’organisation du stand du PCF à la fête de l’Huma, où depuis des décennies, Jean-François excelle à son poste de plongeur.

•    Sportif dans l’âme et ancien footballeur amateur, il est également un fervent supporteur des équipes de foot et de basket du Mans, marquant ainsi une légère différence avec mes soutiens appuyés à l’OL et à l’ASVEL.

Je dois dire que lorsque l’équipe du Mans jouait en ligue 1, il m’arrivait régulièrement d’appeler Jean-François à la mi-temps, soit pour le féliciter de sa place de choix aux côtés de Jean Michel Aulas, soit pour le taquiner sur le score.

•    Enfin, et beaucoup plus que la moyenne de nos congénères, Jean Francois aime  la plaisanterie, le rire, la convivialité et la fraternité.

Il manie le tout avec un entrain et un rythme de vie qui ne cessent d’inquiéter sa femme qui, m’a-t-on dit, aimerait bien de temps à autre avoir le temps de souffler un peu.

•    Si Jean-François n’est pas vraiment bricoleur et encore moins jardinier, il a par contre   le sens de l’hospitalité et de l’amitié.

Ainsi ce « richissime propriétaire » d’une clairière, du côté de Saint Gervais en Belin, modestement appelée « La Pampa », voire pour certaines grandes occasions la RDLP, « La République démocratique de la pampa », sait accueillir à bras ouverts tous les militants, cheminots et amis du Mans, de France et de Navarre.

•    Grands voyageurs, Pascale et Jean-François préparent également des voyages au long court, à l’île Maurice où vit Sandrine et au Japon, pour aller voir Alexandre.

Mesdames, messieurs, chers amis,

Bâtir  sa vie en s’investissant dans l’action syndicale, politique ou associative, constitue, par delà les différences d’idées et de croyances, une richesse précieuse pour le lien social, la démocratie et la vie républicaine de notre pays.

Alors :
-    qu’il n’existe toujours pas de statut de l’élu local,
-    que de trop nombreux délégués syndicaux sont victimes de discriminations inacceptables,
-    que beaucoup trop de bénévoles associatifs ne disposent pas de véritables moyens, nous pouvons espérer qu’en ce début d’année cette situation évolue et soit rapidement modifiée.

Que cette situation soit modifiée, car il est évident  que l’engagement collectif, peut faire reculer bien des fanatismes et bien des inégalités, et qu’il peut être porteur d’une république laïque et vivante, forte de ses valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité.

Cher Jean-François,

Comme toi, je suis convaincu que les différences sont une chance pour la démocratie et comme toi, je suis de ceux qui pense que la seule et véritable richesse est humaine.

Une richesse humaine que tu portes si bien et qui fait de toi l’un de ces êtres qui force le respect et attire la sympathie.

Pascale,  Alexandre, Marion, Sandrine, Mathieu et Nicolas, si vous me le permettez, j’aimerais vous dire l’admiration que je porte à Jean-François et combien vous pouvez  être fiers de lui.

En être particulièrement fiers car il n’est pas si fréquent que la République honore de telles personnalités, en mettant en avant l’être humain, mais aussi en soulignant l’exceptionnalité d’un parcours et la qualité d’un investissement.

Jean-François,

En t’élevant, au grade de Chevalier de la Légion d’honneur, je souhaite que dans le même mouvement tu puisses pleinement profiter de tes proches et de tes passions mais que tu puisses également continuer à consacrer toute l’énergie nécessaire pour continuer combattre les discriminations, les inégalités et les injustices sociales.

Désormais, c’est en étant porteur de la plus haute distinction de notre République que tu vas continuer à mettre en œuvre tes  formidables capacités de réflexion, d’indignation, et d’action.

« Le bonheur est toujours une idée neuve » disait Saint Just.

Alors cher Jean-François,

Profite pleinement de ce moment de bonheur pour toi et tes proches et si j’osais je te dirais bien de continuer à être :
- l’élu accessible que tu es,
- le président talentueux que nous connaissons,
- et bien sûr le « Sousou », véritable passeur de bonheur.

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