Euro-métropole lyonnaise : premières discussions

Euro-métropole lyonnaise : premières discussionsVendredi 1er février, j’ai participé avec l’ensemble des élus de l’agglomération au débat sur la création de l’euro-métropole lyonnaise qui s’est tenu à l’auditorium Maurice Ravel de Lyon.

Je me félicite que cette rencontre organisée par le Grand Lyon et le conseil général du Rhône soit une première réponse à la demande que j’avais formulée, en tant que président du groupe des élus communistes et républicains du conseil général, d’organiser une vaste concertation associant les élus locaux , les acteurs du territoire et l’ensemble de la population sur ces enjeux cruciaux concernant l’évolution de nos institutions et la création de la métropole.

Je souhaite que cette concertation prenne toute son ampleur afin que, collectivement, les meilleures décisions politiques soient prises en la matière pour répondre aux besoins des territoires et des populations.

Retrouvez ci-dessous mon intervention :

Chers collègues,

La proposition de création d’une métropole s’appuie sur un constat que nous pouvons tous partager :

« Depuis deux siècles, la société a profondément évolué, et le monde est en pleine mutation ».

Mais si partager un constat est une chose, prendre les bonnes décisions en est une autre.

La France connaît un chômage massif, une précarité galopante et une exclusion particulièrement forte dans certains territoires.

L’acte III de la décentralisation ne pourra véritablement réussir que s’il apporte des réponses à ces questions, notamment grâce à une conception moderne de l’Europe, de l’Etat et de toute notre armature territoriale.

L’Etat français a progressivement vu ses prérogatives diminuer.

Elles ont diminué, tant par le haut, avec une Union Européenne normative et centralisatrice à l’excès, que par le bas, avec les transferts de compétences aux collectivités locales.

Pour notre sensibilité politique, l’Etat doit continuer à fixer la règle de droit et assumer ses compétences régaliennes, afin de garantir l’égalité des citoyens et la mise en œuvre équitable des politiques d’intérêt national.

Repenser le rôle de l’Etat, c’est aussi réinventer le mode de partenariats avec les collectivités, en arrêtant de faire financer au niveau local ce qui est décidé à l’échelon national.

Dans ce cadre, les règles de partenariat doivent être clairement énoncées, les tutelles inutiles enfin supprimées et les communes considérablement renforcées.

Elles doivent être renforcées, non pas parce que la commune serait un dogme indépassable mais tout simplement parce que la commune est
• le dernier lieu de proximité et de solidarité,
• le lieu historique de la démocratie participative,
• et le seul et unique lieu où l’humain, l’urbain, le péri-urbain et le rural ont une chance de se réconcilier.

Les élus communistes vont s’inscrire dans ce débat, sans idée préconçue sur la forme mais avec de fortes certitudes sur le fond.

• Ce n’est pas de fausses économies dont nous avons besoin mais au contraire de multiplier les aides aux populations.

• Ce n’est pas de concurrence entre les territoires dont nous avons besoin mais au contraire de coopération et de solidarité.

• Ce n’est pas de compétition financière dont nous avons besoin mais au contraire d’entreprises génératrices d’emploi et de services publics modernisés.

En bref, il serait inacceptable que la nouvelle organisation territoriale soit instrumentalisée afin de trouver des marges de manœuvre pour réduire la dépense publique.

Si tel était le cas, nous serions bien loin de la réalité et des attentes de nos territoires et bien loin de l’ambition que les populations sont en droit d’attendre des élus de la République.

Marylise Lebranchu a expliqué qu’il fallait « partir de l’usager, et du service public au citoyen, et non pas de l’institution qui le porte ».

Si nous partageons cette vision, nous sommes inquiets quant aux moyens qui seront mis en œuvre pour y arriver.

A l’évidence il faudra des moyens financiers mais aussi du temps pour la concertation.

Du temps à prendre car repenser notre organisation administrative doit être une chance pour les territoires, mais aussi une chance pour enfin commencer à réconcilier la société avec le politique.

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