Une figure givordine nous quitte

Il y a quelques jours, Givors a perdu une de ses figures emblématiques : André Corsat.

Au nom de la municipalité de Givors et en mon nom personnel, j’adresse nos sincères condoléances à ses 6 enfants : Josianne, Danielle, Alain, Rolland, Michelle et Sylvie, à ses petits enfants, arrières petits enfants, et tous ses proches.
 
Je veux leur dire la douleur profonde qui est la nôtre.
 
Leur dire qu’une fois encore, Givors est en peine.

André est né à Andance, dans l’Ardèche, le 22 juin 1924.

Il grandit avec un frère au sein d’une famille modeste qui arrive à Givors en 1930.

Fils d’un père qui travaille comme cocher chez Perrier, place Pasteur, André entre très jeune dans la vie active et travaille comme mouleur à Fives Lilles.

Un travail qu’il quitte rapidement pour s’engager dans la Résistance puis, comme de très nombreux jeunes de son époque, au sein de l’armée de libération.

Durant cette période, il rencontre Marinette Ganiaire, avec qui il se marie à Givors, le 2 juin 1945, à l’âge de 21 ans, moins d’un mois après la Libération de la France.

Leur union donnera naissance à six enfants :

- Josianne (67 ans),
- Danielle (65ans),
- Alain (63 ans),
- Rolland (61 ans, maire de Cessieu depuis 12 ans, dans l’Isère),
- Michelle (58 ans),
- et Sylvie (51 ans, Givordine qui travaille au Crédit Mutuel de Givors).
Qui donneront à André :

- 8 petits enfants (de 20 à 45 ans),
- et 8 (bientôt 9) arrière petits-enfants (de 0 à 10 ans).

En 1946, la guerre finie et l’industrie française en plein essor, André reprend son métier de mouleur au sein des Hauts fourneaux de Prenat.

Un métier qu’il exercera durant 22 ans.

22 ans de dur labeur, quand on sait ce qu’était le travail à l’époque.

22 ans d’engagement militant car André est rapidement élu délégué syndical, puis secrétaire de la CGT, dans l’usine des Hauts fourneaux.

Homme engagé et humaniste, André ne supportait pas les injustices.

Avec les centaines d’ouvriers, les habitants et les élus de Givors, il participe ainsi à l’organisation des nombreuses luttes syndicales pour sauvegarder les emplois et l’activité industrielle sur le territoire.

● C’était l’époque où le capitalisme fermait les usines et jetait les salariés à la rue.

● C’était l’époque de la désindustrialisation de notre pays et des conséquences terribles pour les populations et les territoires.

Si l’époque a changé, le contexte économique est marqué par un chômage massif et une précarité galopante.

André donnera ainsi de nombreuses années de sa vie aux luttes menées pour empêcher la casse économique et pour obtenir de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires.

Malgré les grandes grèves de 1968 auxquelles il participe activement, André est licencié par les Hauts Fourneaux Prenat comme des centaines d’ouvriers givordins.

Il travaillera par la suite au sein de l’entreprise Gringoire, à Oullins, et finira sa carrière à Rhodia, à Saint Fons.

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En parallèle de ses activités professionnelles et syndicales, et de sa vie familiale, Dédé s’est très rapidement engagée dans la vie associative.

D’abord en tant que bénévole et secrétaire de la « boule joyeuse » dès 1945, ensuite comme président de l’association durant 30 ans, de 1964 à 1994.

Cette association emblématique de Givors était en quelque sorte sa deuxième famille comme il aimait le répéter.

Elu également secrétaire de l’Union bouliste de Givors, puis au groupement et à la section FSGT, Dédé a œuvré, longuement et inlassablement, pour faire progresser l’image du sport bouliste durant ces trente années de dévouement associatif.

Décrit par ses amis et proches comme bon vivant, costaud et travailleur, Dédé était partout :
- s’occupait de l’administratif,
- des animations,
- des soirées organisées par l’association,
- et, surtout, il adorait s’occuper des jeunes cadets qu’il réussit à former et à accompagner jusqu’aux championnats de France et aux championnats du monde de boule.

Ce qui ne l’empêchait pas de s’adonner à ses autres passions qu’étaient la lecture, le jardinage et les courses de chevaux.

Engagé et discret, toujours souriant, Dédé était apprécié de toutes celles et ceux qui croisaient son chemin.

Homme de contact, il n’hésitait pas à rendre service et à se rendre disponible à chaque occasion, notamment  dans le milieu associatif givordin en participant activement aux activités organisées par les sociétés boulistes de la ville.

Dédé c’était tout cela.

Un militant attentif aux autres et à leurs souffrances.

Un bénévole qui donnait beaucoup, sans jamais rien demander en retour.

Un président dévoué, qui nous laissera l’image d’un homme loyal et honnête, d’un homme courageux et infiniment altruiste.

Madame, monsieur, chers amis,

C’est un ami chaleureux et une figure emblématique de Givors que nous perdons, mais son souvenir restera vivant dans le cœur des Givordins, de ses proches et de tous ses amis.

Je voudrais, en mon nom personnel et au nom de la municipalité, présenter une nouvelle fois mes sincères condoléances à

- sa famille,
- ses 6 enfants (Josianne, Danielle, Alain, Rolland, Michelle et Sylvie),
- ses 8 petits-enfants et 8 arrières petits-enfants,
- à ses proches et tous ses amis, boulistes notamment, à qui il manque déjà beaucoup.

Dans un monde qui a rarement été aussi dur et dans une société qui malheureusement continue à mener la vie dure au plus grand nombre, il nous reste de nombreux combats à mener et de nombreuses luttes à engager pour défendre les valeurs de justice sociales, de solidarité et d’humanisme, qui étaient si chères à Dédé.

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