Un 19 mars sous le signe de la reconnaissance

Un 19 mars sous le signe de la reconnaissance

Mardi 19 mars, en présence de plus de 150 personnes, j’ai eu l’honneur de commémorer le 51ème anniversaire du cessez-le-feu en Algérie avec Yves Pron, président  du comité de la Fnaca de Givors, les adhérents de la Fédération ainsi que les élus de la majorité municipale et la population givordine.

Après avoir remercié toutes celles et tous ceux qui se mobilisent chaque année pour le devoir de mémoire le 19 mars, ainsi que les deux collégiennes Alyssa et Sarah venues lire un poème d’espoir de Mahmoud Darwich, j’ai tenu à rappeler que si depuis plusieurs décennies nous commémorons le souvenir des nombreuses victimes de la guerre d’Algérie, c’est la première fois que nous le faisons de manière officielle avec la pleine reconnaissance de la Nation.

Il aura fallu attendre longtemps, trop longtemps.

Et il aura fallu une action inlassable de la Fnaca, de certains parlementaires et de certains élus locaux pour que la date du 19 Mars 1962 soit officiellement reconnue par la République Française.

Un 19 mars sous le signe de la reconnaissanceDepuis le 6 décembre 2012, la « Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc » fait partie des cérémonies nationales de notre pays, au même titre que :

- le dernier dimanche d’avril en hommage à la Résistance,
- le 8 mai en hommage aux victimes de la seconde Guerre mondiale,
- le 18 juin pour l’appel du Général de Gaulle,
- et le 11 novembre pour l’Armistice de 1918.

Cette officialisation signe la reconnaissance d’une mémoire plurielle dans notre pays.



Une mémoire qui intègre pleinement le cessez-le-feu du 19 mars 1962, et le dissocie dans le calendrier des commémorations nationales.

Un 19 mars sous le signe de la reconnaissanceNotre République française, porteuse de valeurs universelles, s’honore ainsi d’assumer son histoire et d’intégrer dans la mémoire nationale un passé trop longtemps enfoui.

Désormais, la date du 19 mars 1962 sera un instant privilégié du devoir de mémoire et une commémoration propice à tirer les enseignements de cette guerre qui a profondément marqué les peuples des deux côtés de la rive méditerranéenne.

♦ La guerre d’Algérie dura 7 ans, 4 mois et 19 jours, et mobilisa plus de 400 000 soldats.

♦ La Guerre d’Algérie, c’est aussi la guerre qui fit voler en éclats la 4ème République et faillit renverser la 5ème.

♦ La Guerre d’Algérie, c’est enfin une guerre qui a longtemps caché son nom, malgré des centaines de milliers de victimes.

Ce n’est qu’en 1999, après de nombreuses mobilisations de la Fnaca et de quelques élus, qu’une loi reconnaît enfin l’état de guerre en Afrique du Nord et permet ainsi une meilleure connaissance de la réalité des combats.

La guerre d’Algérie n’était plus une guerre sans nom, mais elle restait une guerre sans date.

Un 19 mars sous le signe de la reconnaissanceAlors que les 350 000 membres de la FNACA décident, dès 1963, d’honorer, chaque 19 mars, la mémoire de toutes les victimes, il aura fallu attendre 2002 pour que l’assemblée nationale soit saisie sur cette question.

Le 22 janvier la proposition de loi est votée par une majorité de députés et transmise au Sénat, où elle dormira pendant 10 ans avant de ressortir des placards le 8 novembre 2012 pour être adoptée le 6 décembre suivant.

Plus qu’une date historique pour notre pays, ce 19 mars est ainsi

● une victoire de la République contre tous ses détracteurs, et notamment les nostalgiques de l’OAS et de l’Algérie française.
● une victoire de la France qui doit nous servir de point d’appui pour toujours mieux œuvrer à la paix et au rapprochement entre les peuples,

● et enfin, c’est une victoire pour la Fnaca et les centaines de milliers d’anciens combattants d’Afrique du Nord qui ont consenti d’immenses sacrifices dans cette guerre en y donnant leur jeunesse et pour beaucoup leur vie.

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Comme 60% des communes françaises, Givors a depuis longtemps fait le choix du 19 mars comme seule et unique date commémorative de la fin de la guerre d’Algérie.

Un 19 mars sous le signe de la reconnaissanceUn choix confirmé par une délibération du Conseil municipal du 24 novembre 2003.

Ce que l’on sait moins, c’est que Givors fait partie des rares villes qui ont toujours refusé de commémorer le 5 décembre.
● Une date sans rapport aucun avec la fin de la guerre d’Algérie.
● Une date que certains ont voulu imposer aux anciens combattants et aux maires des 36 700 communes de notre pays.

Voilà pourquoi, après tant d’années de mobilisation, je ne peux que me réjouir de cette décision historique qui privilégie le 19 mars et qui met enfin terme à un véritable déni historique et à une inéquité dans le traitement du souvenir.

Je tiens à ce titre à remercier Yves Pron, président du comité de la Fnaca de Givors, qui n’a cessé de travailler à la reconnaissance du 19 mars et qui militent toujours pour que soient améliorées les conditions de vie des anciens combattants d’Afrique du Nord.

Merci aussi aux 160 adhérents de la Fnaca de Givors qui montrent, par leurs engagements et leur présence à toutes les cérémonies, leur attachement au devoir de mémoire et leur volonté de construire un avenir de paix, de justice et de solidarité.

En nous réunissant chaque année dans ce square du 19 mars 1962, nous réalisons notre devoir de mémoire, de respect et de reconnaissance envers tous ceux qui ont combattus, et nous rendons hommage à nos 3 Givordins qui ont perdu la vie.

-    Jacques Bouvier,
-    Raymond Poisson,
-    Victor Devaux,

Nous n’oublions pas leur sacrifice et je tiens à témoigner toute notre estime et notre compassion à leurs familles.

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Un 19 mars sous le signe de la reconnaissanceRéunis le 19 mars pour cette journée d’apaisement pour la France, je ne peux m’empêcher de penser que la guerre, le terrorisme et le fanatisme restent hélas de biens tristes sujets d’actualité.

Tous les jours, dans le monde, des hommes, des femmes et des enfants en payent le prix.

La liste est longue des conflits meurtriers et des actes de barbarie qui, parfois, nous font perdre espoir en l’humanité.
Comme beaucoup d’entre vous,

● Je suis de ceux qui espèrent que s’impose la paix mondiale par le recours aux négociations et à la compréhension mutuelle.

● Je suis de ceux qui militent pour le respect des Droits de l’Homme quelques soit le pays où l’on vit, quelque soit le dieu que l’on prie, et quelque soit le parti politique auquel on appartient.

C’est pour cela, qu’en commémorant officiellement ce 51ème anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, nous célébrons bien sûr le cessez-le-feu, nous honorons les disparus, mais nous réalisons également un geste pour que chaque être humain sur cette planète puisse vivre libre et dans la dignité.
Un 19 mars sous le signe de la reconnaissance

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