Une belle cérémonie pour la Journée nationale du souvenir et de la déportation

Une belle cérémonie pour la Journée nationale du souvenir et de la déportation

Il y a près d’un an, nous étions réunis à l’esplanade de la Résistance et de la déportation à l’occasion du 67ème  anniversaire de la victoire sur le nazisme, et nous inaugurions cette nouvelle esplanade en présence de nombreuses personnalités.

Un an plus tard, dimanche 28 avril 2013, nous nous sommes de nouveau réunis en ce lieu dédié au devoir de mémoire afin de commémorer la journée nationale des victimes et héros de la déportation.
 
Participer à cette journée, c’est bien évidemment rendre hommage aux victimes de l’horreur de la déportation et des camps d’extermination.

Mais c’est également penser à toutes celles et tous ceux qui ont donné leur vie pour la libération de la France

C’est d’ailleurs la raison qui a présidé à la création de cette esplanade afin de rassembler toutes les mémoires de la seconde Guerre mondiale, non pas pour les réduire et les uniformiser mais plutôt pour leur donner davantage de sens afin que les idéaux de paix, de liberté, d’égalité et de fraternité restent vivaces sur la planète.

Il y a 68 ans, les armées alliées et le monde entier découvraient l’horreur du système concentrationnaire nazi.

Une belle cérémonie pour la Journée nationale du souvenir et de la déportationLa France, comme toutes les autres nations, fut choquée par l’ampleur des massacres et par la folie de la « solution finale », fondée sur le racisme et l’antisémitisme.

Choquée d’apprendre qu’il y eut plus de 6 millions de victimes.

Choquée par l’atrocité de la barbarie nazie, et par les douloureux témoignages des rares survivants de la plus grande entreprise d’extermination et de déshumanisation que l’histoire ait connue.
 
« Dans les camps, nous avons vu comment des êtres humains pouvaient devenir des monstres », disait Marie-Claude Vaillant – Couturier lors du procès de Nuremberg en 1945.

C’est pour que plus jamais ne se renouvellent de pareilles atrocités que le Parlement français votait à l’unanimité, le 14 avril 1954, une loi faisant du dernier dimanche d’avril, une journée consacrée au souvenir des victimes de la déportation et des morts dans les camps de concentration du troisième Reich :

« Il importe de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les souvenirs et les enseignements d’une telle expérience, ni l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents, ni les gestes héroïques d’un grand nombre parmi cette masse humaine soumise aux tortures de la faim, du froid, de la vermine, de travaux épuisants et de sadiques représailles, non plus que la cruauté réfléchie des bourreaux. »

68 ans après, nous répondons présents, encore une fois, afin de ne pas oublier les millions de morts, et les souffrances qu’ont connues ces femmes, ces enfants et ces hommes.

« Oublier son passé, c’est être condamné à le revivre » disait le poète.

Alors n’oublions pas, n’oublions jamais afin de nous donner la force de construire un avenir meilleur pour les futures générations.

N’oublions pas, n’oublions jamais car il est toujours nécessaire de rester vigilant face à toutes les menaces qui fragilisent la liberté des peuples et des nations.

N’oublions pas, n’oublions jamais car l’histoire nous prouve que les mêmes causes produisent parfois les mêmes effets en générant ce qu’il y a de plus abject dans les rapports entre les humains.   

N’oublions pas, n’oublions jamais que cette période sombre de notre histoire était faite de peurs et de souffrances mais aussi de trahisons et de collaboration, mais heureusement aussi d’admirables comportements.

Une belle cérémonie pour la Journée nationale du souvenir et de la déportationAujourd’hui, alors que seule une poignée d’anciens déportés demeure et qu’il ne reste plus que 22 Compagnons de la Libération en vie, leurs témoignages résonnent dans nos écoles, collèges et lycées afin d’aider notre jeunesse à connaître leur passé.

Je voudrais saluer, à ce propos, la mémoire d’un résistant, François Jacob, qui nous a quittés le 19 avril dernier à l’âge de 92 ans.

A l’âge de 20 ans, il perd sa mère au moment où la France se perd.

Il rejoint alors l’Angleterre avec son ami Maurice Schumann afin d’intégrer les forces françaises libres.

Il ne reposera le pied en France que 4 années plus tard, le 1er août 1944, à Utah Beach, en Normandie.

Après la guerre, il termine ses études de médecine à Paris, où il obtient son doctorat en 1947 et entre à l’institut Pasteur.

Ses blessures de guerre étant trop graves pour lui permettre d’exercer la chirurgie, il étudie la génétique et se voit attribuer en 1965 le prix Nobel de Médecine.

Fin lettré, François Jacob nous laisse de magnifiques ouvrages, qu’il est bon de lire ou de relire, dont « La logique du vivant », une fresque historique et joyau d’intelligence sur nos connaissance de ce qu’est la vie.

« La mort de tout Homme m’amoindrit parce que je fais partie de l’humanité » disait le poète.

Avec l’horreur des camps, c’est l’Humanité qu’on a voulu assassiner et l’histoire que l’on a entachée d’une blessure à jamais ouverte.

● Parce que nous avons tous en mémoire les photos jaunies de véritables squelettes humains qui s’accrochaient aux barbelés des camps de concentration.

● Parce que nous avons tous en mémoire des reportages en noir et blanc qui nous rappellent la chasse aux communistes, aux gaullistes, aux démocrates et aux juifs.

● Parce que nous avons tous en mémoire les fosses communes et les effroyables charniers.

Le 16 mai 1945, le jour de leur libération, les rescapés du camp de Mathausen, amaigris et malades, ont refusé de céder à la haine et en appelaient à ces belles valeurs que sont la solidarité, la liberté, l’égalité et la fraternité.

« Sur des bases sûres de la fraternité internationale, nous voulons construire le plus beau monument qu’il nous sera possible d’ériger aux soldats et à toutes les victimes tombés pour la liberté : Un monde humain libre ! » ont-ils écrit.

Rassemblés pour la première fois sur l’esplanade de la résistance et de la déportation, nous n’oublions pas que la place Jean Jaurès abrite la crypte qui contient deux urnes, l’une contenant de la terre ramenée des camps de concentration et l’autre ramenée des maquis givordins.

Ce devoir de veille et de mémoire nous a été légué par les Hommes sortis de l’enfer des camps et nous devons l’assumer pour leur mémoire et leur sacrifice, mais aussi pour construire ensemble un monde de paix et de liberté.

A l’heure où des conflits armés ravagent tant de pays,
A l’heure où les fanatismes et les intégrismes meurtrissent tant de peuples,

Rappelons à notre jeunesse que la Liberté est aussi facile à perdre que dure à récupérer. Et qu’un peuple qui aspire à la paix et au bonheur doit maintenir vivant en lui l’esprit des valeurs de justice, de tolérance, d’égalité et de démocratie.

C’est ce message d’espoir pour notre jeunesse, mais aussi pour le monde d’aujourd’hui, que je souhaite adresser.

Une belle cérémonie pour la Journée nationale du souvenir et de la déportation

Légende photo : Laurent Attar-Bayro, président de la Fédération nationale des Anciens des missions extérieures, a fait halte à Givors dans le cadre de la marche solidaire et citoyenne organisée par la Fédération (une marche quotidienne d’une trentaine de kilomètres à travers la France), Roland Segear, secrétaire général des membres de la Légion d’honneur décorés au péril de leur vie, Christiane Charnay, 1ère adjointe, et Ali Sémari, adjoint délégué au patrimoine communal.

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