8 mai : Givors fête la victoire sur le fascisme et le nazisme

Givors fête l’armistice du 8 mai 1945

Mercredi 8 mai, en présence d’une assistance nombreuse, nous avons eu le plaisir de célébrer le 68ème anniversaire de la victoire des peuples sur le nazisme à l’esplanade de la Résistance et de la Déportation de Givors.

Un an auparavant, en présence de nombreuses personnalités et familles de résistants, nous dévoilions les six stèles en hommage à quelques grandes figures de la Résistance qui ont contribué à sortir la France et l’Europe de la folle et meurtrière impasse du nazisme.

C’est donc désormais sous les regards croisés de ces grandes figures de la Résistance que nous participons au devoir de mémoire :

- Sous le regard du Général de Gaulle, fondateur de la France libre qui, de Londres, lança le 18 juin 1940 son appel pour refuser la capitulation,

- Sous le regard du maréchal Leclerc, qui décida de ne pas déposer les armes avant d’avoir vu le drapeau français flotter sur la cathédrale de Strasbourg,

Givors fête l’armistice du 8 mai 1945- Sous le regard du Maréchal de Lattre de Tassigny, qui refusa l’ordre de ne pas combattre et résista à l’envahissement de la zone Sud par les troupes allemandes,

- Sous le regard de Rol Tanguy, chef des Forces Françaises de l’Intérieur, qui décréta la mobilisation générale des parisiens, et fut co-signataire de la capitulation allemande,

- Sous le regard de Marie-Claude Vaillant Couturier, qui entra au camp de Birkenau en chantant la Marseillaise avec 230 autres femmes et qui plus tard fit face aux criminels nazis lors du procès de Nuremberg,

- Et enfin sous le regard de Jean Moulin, qui eut le courage, la ténacité et la lucidité de réunir dans la résistance, celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas, comme l’a si bien écrit le poète Louis Aragon.

Mais notre devoir de mémoire serait bien incomplet si nous ne pensions pas

- à tous ces anonymes qui dès les premières heures de l’occupation choisirent de résister,

- et si nous ne pensions pas aux 65 millions de victimes du régime nazi et de l’horreur de la déportation.

Voilà pourquoi avec Louis Soulier, Henri Bazin, Yves Pron, Paul Vallon, Jean-Félix Dupont, François Ravot, Albert Kouzoubachian et Georges Alonso, nous avons souhaité créer cette esplanade afin de rassembler en ce lieu toutes les mémoires de la seconde Guerre mondiale.

Rassembler toutes les mémoires non pas pour les réduire et les uniformiser, mais plutôt pour leur donner davantage de sens afin que les idéaux de paix, de liberté, d’égalité et de fraternité restent vivaces sur la planète.

Il y a 68 ans, la victoire des forces anti-hitlériennes marquait enfin le signal de la liberté retrouvée.

Cette victoire fut celle de femmes et d’hommes qui au-delà de leurs différences ont su se rassembler pour mettre à genou, et finalement écraser, un des régimes les plus sanguinaires de l’Histoire.

Givors fête l’armistice du 8 mai 1945Aujourd’hui, nous devons nous souvenir de tous ces jeunes français venus de chacune de nos régions.

Nous souvenir des tirailleurs sénégalais, des tabors d’Afrique du nord et de ces milliers d’hommes venus des colonies françaises, mais aussi d’autres pays.

Nous souvenir car il est toujours utile de rappeler

Qu’au-delà de leurs confessions et de leurs nationalités,
Qu’au-delà de leurs différences culturelles,
Qu’au-delà des opinions politiques et des origines sociales,
 
Ils surent se rassembler autour d’un idéal de paix, de justice et de tolérance pour vaincre l’immonde idéologie raciste, antisémite et xénophobe du troisième Reich.

A l’heure où l’extrême droite ressurgit dans de trop nombreux pays, y compris malheureusement en France, il est encore et toujours nécessaire de signifier notre rejet total des thèses qui, en 1933, faisaient de la minorité juive, des homosexuels et de tous les démocrates, les boucs émissaires de la folie meurtrière d’Hitler.

Aujourd’hui dans un monde en crise,

- les mêmes mensonges servent à diviser les Français,

- les mêmes artifices stigmatisent les croyances, les opinions, ou les origines, 

- Mensonges et artifices qui en permanence fragilisent notre pacte républicain.

Givors fête l’armistice du 8 mai 1945Voilà pourquoi je pense que notre devoir de républicain consiste aussi à savoir conjuguer le verbe « résister » au temps présent.

Parce que « le ventre d’où est sorti la bête immonde est toujours fécond », nous devons affirmer toujours plus haut et toujours plus fort les valeurs qui fondent notre société et qui sont celles de notre République.

Des valeurs que nous allons réaffirmer le 27 mai prochain à l’occasion du 70ème anniversaire du Conseil National de la Résistance.

Le fameux « Modèle social français », auquel nous sommes toutes et tous très attachés, prend naissance dans  ce Programme ambitieux qui fut une extraordinaire preuve d’optimisme pour préparer un avenir plus juste, plus pacifique et plus humain.

La Sécurité Sociale, les nationalisations, les Allocations Familiales, le CDI, la réduction du temps de travail, les congés payés, les comités d’entreprise, ont été de formidables dispositions progressistes qui, à l’époque, ont redonné à la France sa place dans le monde et permis de réelles avancées pour les populations.
 
Malheureusement, 70 ans après, il nous faut encore lutter pour que notre société ne soit pas tournée exclusivement sur la concurrence et l’individualisme.

Pour célébrer comme il se doit le 70ème anniversaire du CNR, nous allons, le 27 mai, en coopération avec le Musée de la Résistance et de la Déportation, le Conseil municipal des enfants et les collèges de Givors :

- Agir pour faire comprendre que rien n’est jamais définitif et que la démocratie et la Liberté nécessitent une attention et un combat de tous les instants.

- agir, en refusant individuellement et collectivement, les trop nombreuses atteintes aux valeurs de notre République.

- agir enfin pour sensibiliser les jeunes générations, et faire progresser l’idée du « plus jamais ça ».

Givors fête l’armistice du 8 mai 1945Le devoir de mémoire que nous accomplissons en hommage aux victimes et héros de la Seconde Guerre Mondiale permet de nous rappeler que le 8 mai 1945 est malheureusement aussi une date sanglante pour toutes les victimes des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata.

Des évènements qui nous rappellent combien la frontière peut être mince entre liberté et oppression, entre démocratie et autoritarisme.

Givors, qui a payé un lourd tribu lors de la seconde guerre mondiale, œuvre aujourd’hui encore pour la solidarité et pour un monde où l’esprit de partage et d’humanité l’emporte sur l’individualisme.

C’est, selon moi, le meilleur moyen de rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui se sont sacrifiés pour que notre planète vive en liberté.

Le meilleur moyen de préparer pour nos enfants et petits enfants un monde qui tout simplement sera humain.

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