70 ans après, résister se conjugue toujours au présent

70 ans après, résister se conjugue toujours au présent

Lundi 27 mai, la ville de Givors a célébré la journée nationale de la Résistance et fêté le 70ème anniversaire du Conseil National de la Résistance.

J’ai tenu à remercier de leur présence :

- Roger Gay, co-président départemental de l’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance,
- les associations d’anciens combattants, résistants et déportés,
- les porte drapeaux,
-  les élus de Givors et leurs 18 collègues, plus jeunes, du conseil municipal des enfants,
- les 53 élèves des collèges de Bans et Notre Dame,
- les principaux des collèges Notre Dame et Bans : M. Combarette et Mme Bernard.
- les professeurs d’histoire M. Piegay et Mme Ablondi.

J’ai souhaité particulièrement remercier Roger Gay pour avoir présenté aux jeunes conseillers municipaux et aux collégiens le parcours des six grandes figures de la résistance auxquelles nous avons rendu hommage à travers l’esplanade de la résistance et de la déportation.

70 ans après, résister se conjugue toujours au présentCette esplanade dans laquelle nous avons voulu avec Louis Soulier, Henri Bazin, Yves Pron, Paul Vallon, Jean-Félix Dupont, François Ravot, Albert Kouzoubachian et Georges Alonso, rassembler toutes les mémoires de la seconde Guerre mondiale.

Les rassembler non pas pour les réduire et les uniformiser, mais plutôt pour leur donner davantage de sens afin que les idéaux de paix, de liberté, d’égalité et de fraternité restent vivaces sur la planète.


Les anciens résistants demandent depuis de nombreuses années la mise en place d’une journée nationale en hommage à la Résistance.

Givors, comme bien des collectivités territoriales, a relayé cette demande légitime des associations.

« Il faut éclairer l’Histoire par les lois et les lois par l’Histoire », écrivait Montesquieu.

70 ans après, résister se conjugue toujours au présentFort de cette maxime, le Sénat a enfin promulgué, le 28 mars dernier, une loi de reconnaissance qui doit être prochainement votée par l’assemblée nationale.

La « Journée nationale de la Résistance » fera ainsi partie des cérémonies nationales de notre pays, au même titre que :

● le 19 mars, Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc,

● le dernier dimanche d’avril en hommage aux victimes de la déportation,

● le 8 mai en hommage aux victimes de la seconde Guerre mondiale,

● le 18 juin pour l’appel du Général de Gaulle,

● et le 11 novembre pour l’Armistice de 1918.

Cette officialisation permettra aux enseignants de transmettre aux plus jeunes la mémoire plurielle de cette période historique de notre pays.

Notre République française, porteuse de valeurs universelles, s’honore ainsi d’assumer son histoire et d’intégrer dans la mémoire nationale un évènement si important dans la constitution de la société moderne que nous connaissons.

Désormais, la date du 27 mai sera un instant privilégié du devoir de mémoire.

Un instant privilégié qui nous permet de souligner l’importance historique et décisive de la résistance à l’occupation, au nazisme et au fascisme durant la seconde Guerre mondiale.

70 ans après, résister se conjugue toujours au présentUn instant privilégié pour se rappeler l’engagement des milliers de civils, hommes et femmes, célèbres et anonymes, qui ont donné leur vie pour notre patrie et finalement contribué à donner du sens aux devises républicaines inscrites au fronton de nos mairies :

● la liberté face à l’occupation et au fascisme,
● l’égalité face à l’antisémitisme et au racisme,
● la fraternité face à la division et au communautarisme.

Alors que seuls 23 des 1 038 Compagnons de la Libération sont encore en vie, il est de notre devoir de rendre hommage à cette armée des ombres et de transmettre à notre jeunesse les valeurs d’indépendance et de liberté qu’elle a portées.

Mal armés, et non préparés à la guerre, ceux qui se sont levés ne voulaient pas d’un pays qu’on enchaîne.

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La Résistance, ce fut aussi cette formidable espérance en un monde plus juste et solidaire.

Le Conseil National de la Résistance était empreint de cette vision fondamentalement progressiste de l’avenir.

Il y a 70 ans, jour pour jour, se tenait la 1ère réunion du Conseil National de la Résistance.

Incontestablement, il y eu un avant et un après 27 mai 1943 car ce jour-là, c’est l’avenir de la France qui fut au centre de toutes les préoccupations.

70 ans après, résister se conjugue toujours au présentC’est dire l’importance de cette 1ère réunion présidée par Jean Moulin et regroupant autour du Général de Gaulle :

- le Parti communiste,
- le Parti radical,
- le Parti socialiste,
- les Démocrates chrétiens,
- l’Alliance démocratique,
- la Fédération républicaine.

Et, aux côtés des partis politiques, figurent aussi les deux plus grandes organisations syndicales d’alors : la CGT et la CFTC.

Chacune et chacun peut imaginer l’ampleur de la tâche, car chacune et chacun se doute qu’il n’était pas simple de réunir autour de la même table toutes les sensibilités et toute la diversité de la Résistance.

C’est pourquoi, en ce 70ème anniversaire, nous rendons aussi hommage à toutes celles et tous ceux qui ont participé à la construction de ce qui allait devenir la France progressiste et démocratique. 

En préparant pour la France d’après guerre un programme de gouvernement riche d’avancées sociales, le Conseil National de la Résistance fut visionnaire.

Le fameux « Modèle social français », auquel nous sommes toutes et tous très attachés, prend naissance dans ce Programme ambitieux qui fut une extraordinaire preuve d’optimisme pour préparer un avenir plus juste, plus pacifique et plus humain.

Il est un bel exemple de ce que des femmes et des hommes déterminés peuvent faire quand ils décident de se rassembler afin de placer l’être humain au centre de toutes les préoccupations.

- La Sécurité Sociale,
- les nationalisations,
- les Allocations Familiales,
- le CDI,
- la réduction du temps de travail,
- les congés payés,
- les comités d’entreprise,

ont été de formidables dispositions progressistes qui, à l’époque, ont redonné à la France sa place dans le monde et permis de réelles avancées pour les populations.

70 ans après, résister se conjugue toujours au présentCe programme en appelait également à une véritable démocratie économique et sociale :

● droit au travail et au repos,
● droit à une retraite digne pour les travailleurs,
● droit au partage des richesses et au juste retour à la nation.

Malheureusement, 70 ans après, il nous faut encore lutter pour que notre société ne soit pas tournée exclusivement sur la concurrence et l’individualisme.

● Lutter pour préserver et développer les acquis sociaux pour lesquels nos ainés se sont battus au péril de leur vie.

● Lutter pour faire comprendre que rien n’est jamais définitif et que la démocratie et la Liberté nécessitent une attention et un combat de tous les instants.

70 ans après, résister se conjugue toujours au présent● Lutter en allant dans les écoles, les collèges et les lycées pour sensibiliser les jeunes générations, et faire progresser l’idée du « plus jamais ça ».

Et alors qu’aujourd’hui, dans un monde en crise,

- les mêmes mensonges servent à diviser les Français,

- les mêmes artifices stigmatisent les croyances, les opinions, ou les origines, 

Il nous faut encore et toujours lutter pour dénoncer les trop nombreuses atteintes aux valeurs de notre République.

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Comme encore trop peu de communes, la municipalité de Givors répond depuis de nombreuses années à l’initiative lancée par l’ANACR, faisant de chaque 27 mai une journée dédiée spécifiquement à la mémoire de la Résistance.

70 ans après, résister se conjugue toujours au présentPour cette fidélité au devoir de mémoire, je voudrais remercier le conseil municipal de Givors, le comité de Givors de l’ANACR, ainsi que les Amis de la Résistance pour le remarquable travail qu’ils accomplissent quotidiennement, notamment dans le cadre du musée de la résistance.

Remercier également la participation active de Roger Gay, co-président départemental de l’ANACR, qui n’hésite jamais à venir à Givors pour partager son expérience, comme il l’a fait l’après-midi même avec le débat organisé après la projection du film « Dans la nuit la liberté ».

J’en profite pour remercier toutes les associations d’anciens combattants, résistants, et déportés.

Les remercier de leur travail pour que la mémoire collective se souvienne du sacrifice de celles et ceux qui sont morts pour que nous puisions vivre libres.

Les remercier car en rendant hommage au conseil national de la Résistance, ils démontrent qu’au-delà des différences politiques, philosophiques et religieuses, il est toujours possible de se rassembler quand la liberté et la démocratie sont attaquées.

Les remercier enfin car en rendant hommage au programme de la Résistance, ils démontrent qu’il est possible de mettre en oeuvre une autre politique que celle de l’individualisme et du chacun pour soi.

70 ans après, résister se conjugue toujours au présentSuite à la cérémonie, nous nous somme toutes et tous rendus à la Maison du Fleuve Rhône où était présentée une l’exposition sur la résistance réalisée par les jeunes du Conseil Municipal des Enfants.

Une exposition qui fut suivie de la projection du documentaire « Dans la nuit la liberté » réalisé par la direction de la communication de la ville dans les années 70.

Un documentaire émouvant et criant de vérité sur la résistance givordine après lequel nous avons engagé un débat avec l’ensemble des présents.

Comme le disait Lucie Aubrac « Résister se conjugue toujours au présent ».

Notre présence à cette journée nationale de la Résistance et notre constance pour célébrer le devoir de mémoire, sont autant d’actes de résistance et de lutte pour un monde meilleur.

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