Clics et calomnies : le mensonge virtuel au 21ème siècle

3757.jpgBien caché derrière son écran, et bien à l’abri de son clavier, le corbeau moderne n’utilise plus le réseau postal mais « clique » désormais ses calomnies.

En un clic, des milliers de correspondants sont contaminés et peuvent à leur tour propager les mensonges les plus débiles.

Ainsi :

● Les 22 et 23 juin le net s’enflamme « sur la robe transparente » de la 1er dame de France. « A pleurer de honte » hurlent virtuellement les bloggeurs.

Sauf que la photo qui a fait le tour du monde est un faux.

● Il y a quelques années, Bernard Kouchner était arrêté par les gendarmes au volant d’une Ferrari appartenant soit disant à l’association médecins sans frontières.

Sauf que tout était faux.

● Au même moment David Douillet était arrêté au volant d’une Porche soit disant payée par l’association des pièces jaunes. « Un beau salopard a exulté le net ».

Sauf que tout était faux.

● L’extrême droite, habituée de ces pratiques, n’est pas non plus étrangère à la campagne sur le net, expliquant que la « croix verte des pharmacies serait sur le point d’être interdite car elle représentait un signe religieux ostentatoire ».

Une certaine Ilda Vrospinos, conseillère du maire de Paris, devant apporter une attention particulière à cette demande.

Sauf que tout était faux, y compris le nom de cette fausse conseillère, qui porte un nom qui est l’anagramme de poisson d’avril.

reconnaitre-rumeur.jpg● Ces dernières semaines, le net s’enflammait autour de la lettre d’une mère dont le fils aurait été assassiné par l’un des fils de Mme Taubira. Une lettre d’autant plus crédible qu’elle donnait l’adresse, le nom et le numéro de téléphone de cette maman.

Aussitôt une partie des utilisateurs de la toile relaya les pires propos contre Christiane Taubira et aussitôt l’indignation fut à son comble.

« La garde des sceaux a un fils assassin et emprisonné, et on nous l’a caché ». C’est donc bien la preuve que les politiques ont tous les droits. 

Sauf que cette lettre est un faux qui, après vérification, circule depuis plusieurs années.

- En 2005, elle apparaît en espagnol au Brésil, mais cette fois « la maman » s’en prend à une militante de l’ETA.

- En 2010, c’est une mère Bolivienne qui s’en prend aux militants du « sentier lumineux »..

- En 2011,  la même lettre et la même rumeur court en Argentine.

- En 2012, elle arrive en France, remise au mauvais goût du moment avec le prétendu fils assassin de Mme Taubira.
Cela n’a pas empêché la rumeur de parcourir la planète et n’a pas empêché « les fidèles de Nicolas Sarkozy » d’écrire sur Facebook que le « fils de Mme Taubira était en prison pour meurtre ».

Je doute que les 14 305 personnes qui ont lu cette imbécillité aient aperçu le tout petit « à vérifier » qui concluait l’article.

Je pourrais multiplier les exemples, mais tout ramènerait aux résultats des différentes études effectuées sur le principe de « la rumeur et de sa propagation »

Le principe est simple : Il suffit de susciter une vive émotion soit en décrivant une situation d’injustice, soit en suscitant la peur et la crainte.

Il est bien connu que si l’on ne vérifie que rarement les causes de la colère cela n’empêche nullement la colère de se propager.

Depuis toujours la rumeur et la désinformation n’existent et ne sont propagées que dans l’intention de nuire à autrui.

S’il y a quelques années ce procédé était encore artisanal, aujourd’hui c’est à l’échelle planétaire que sont véhiculées les pires imbécilités n’ayant pour seul but que de calomnier, abîmer et détruire.

Il est donc primordial de savoir que si chacune et chacun d’entre nous peut être trompé soi-même, il peut également tromper les autres en diffusant bêtement le mensonge.

Chacune et chacun passe ainsi de statut de victime au statut de complice.

Il n’y a donc rien de plus important que de vérifier par soi-même en faisant appel à son sens critique et à son intelligence.

Et cela vaut sur le net comme dans la vie réelle.

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