Givors célèbre l’armistice du 11 novembre

Givors célèbre l’armistice du 11 novembre

Lundi 11 novembre, aux côtés de nombreux élus de la majorité municipale et d’Yves Pron, président de l’Union Française des Anciens Combattants de Givors, j’ai eu l’honneur de célébrer le 95ème anniversaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale.

Il y a en effet 95 ans, l’Armistice était signé à Rethondes, annonçant la fin de quatre longues et douloureuses années de guerre.

Cette Première guerre mondiale, la mémoire collective l’a retenue sous le nom de Grande Guerre, non pas pour en magnifier le souvenir, mais parce qu’aucune famille, aucune ville, aucun village de France ne fut épargné par la douleur et le deuil.

Si les derniers témoins de cette tragédie ont désormais disparu, le souvenir de leur courage et de leur sacrifice s’est transmis jusqu’à nous, qui en sommes désormais les dépositaires.

A Givors, comme dans chaque ville de France, c’est avec émotion que nous rappelons l’abominable réalité de ce conflit, qui fut l’un des plus meurtriers de l’histoire humaine :


Givors célèbre l’armistice du 11 novembre● Plus de 60 millions de soldats mobilisés,
● Plus de 10 millions de victimes et plus de 20 millions de blessés ou mutilés,
● Plus d’un million et demi de morts en France, dont 70 000 venus des colonies d’Afrique ou d’Asie, faisant de notre pays la nation le plus meurtrie.

Parmi les nombreux morts de cette guerre, que les Poilus appelleront « la der des ders », reposent 326 Givordins, dont les noms sont à jamais gravés dans le marbre de la stèle que nous fleurissons en souvenir de leur mémoire.

– Ils s’appelaient Marius, André, François,
– Ils étaient jeunes,
– Ils étaient ouvriers, artisans, fonctionnaires,
– Ils étaient fils, frères, pères,
– Et chacun devint artilleur, fantassin, brancardier.

Nos premières pensées vont vers eux et vers tous ceux qui sont tombés au champ d’honneur, mais nos pensées vont aussi vers les veuves et les orphelins, ainsi qu’à toutes les familles endeuillées et meurtries.

Des pensées qui vont également vers ceux qui avaient survécus.

Tous ces gazés, blessés, mutilés, estropiés, ceux que l’on appelait « les gueules cassées », et qui ont su mieux que quiconque ce que furent les horreurs et les atrocités de cette guerre.

Givors célèbre l’armistice du 11 novembreMieux que quiconque ils voulurent créer les conditions d’une paix durable, et ils eurent la lucidité de créer la Société des Nations afin d’éviter de nouvelles guerres.

Hélas, 20 ans plus tard, la folie meurtrière s’emparait à nouveau du monde qui, une nouvelle fois fut le théâtre d’un conflit sanglant et encore plus destructeur.

Des pensées qui vont enfin, vers les contingents américains, britanniques, mais aussi vers les combattants du Maghreb, d’Afrique Noire et d’Indochine, ainsi que de l’ensemble des nations qui ont participé à ce conflit meurtrier sur le sol français.

● Dans un monde qui a tendance aux replis nationalistes les plus étroits,
● Dans un monde où sont exacerbés les fanatismes et les extrémismes de toutes sortes,
● Dans un monde où de nombreuses sociétés connaissent des dérives xénophobes et racistes, y compris malheureusement dans notre propre pays.

Il n’est pas inutile de rappeler et de saluer le rôle éminent de ces centaines de milliers de « frères d’armes » étrangers qui ont lutté et bien souvent péri pour que notre pays reste un pays libre et démocratique.

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Givors célèbre l’armistice du 11 novembreIl y a quelques jours le Président de la République m’a invité ainsi que d’autres maires pour participer au lancement de la commémoration du centenaire de la Guerre 14-18.

A mon tour, j’ai tenu à remercier vivement ceux qui se sont associés à ce devoir de mémoire dédié aux victimes de la 1ère Guerre mondiale et, depuis la loi du 28 février 2012, dédié également à toutes celles et ceux qui sont morts pour la France, « qu’ils soient civils ou militaires, qu’ils aient péri dans des conflits actuels ou anciens. »

S’il est nécessaire d’associer à nos pensées les victimes de toutes les guerres, je suis de ceux qui pensent qu’il est tout aussi nécessaire de dire avec force que l’hommage du 11 novembre ne doit pas se substituer aux autres journées de commémoration nationale.

Le 11 novembre doit rester un moment privilégié pour souligner l’engagement et le sacrifice de toutes celles et ceux qui ont donné leur vie à notre pays, et pour que les jeunes générations comprennent l’importance du prix de la liberté.

Parce que « ceux qui ne connaissent pas leur histoire s’exposent à ce qu’elle recommence », affirmait un Prix Nobel de la Paix,

Givors célèbre l’armistice du 11 novembreIl nous est collectivement dévolu la responsabilité de maintenir et de développer un devoir de mémoire permettant à notre jeunesse de mieux appréhender la nature et les conséquences des conflits qui ont embrasé le siècle dernier.

A Givors nous le faisons à travers la participation de collégiens, d’écoliers, de Jeunes Sapeurs Pompiers comme aujourd’hui, ou du conseil municipal des enfants, aux nombreuses cérémonies que nous organisons chaque année.

Nous avons ainsi engagé un partenariat avec les enfants des classes musicales afin qu’ils interprètent les différents chants des commémorations que nous célébrons.

Et j’ai profité de cette cérémonie du 11 novembre pour annoncer la création d’un collectif givordin du centenaire qui réfléchira à un programme d’animations, de collectes et de témoignages du centenaire de la Guerre 14-18.

Le collectif, sous la direction de Louis Soulier et Yves Pron, associera

– Marie-Josèphe Ablondi,
– Roland Segear,
– Christiane Charnay,
– les élus,
– toutes les associations d’anciens combattants de Givors,
– l’Education nationale,
– le musée de la Résistance et de la Déportation,
– les services culturels et les archives de la ville,
– le CCAS de Givors pour les personnes âgées,
– ainsi que les Givordines et les Givordins qui souhaitent contribuer à ce devoir de mémoire.

Photo_024_mCe centenaire de ce qui fut appelée « la grande boucherie », sera aussi l’occasion de regarder notre passé, avec le recul nécessaire, et ceci afin d’en tirer toutes les leçons pour le présent et pour l’avenir des futures générations.

● Ce sera l’occasion de mettre en valeur le combat pacifiste de celles et ceux qui, marqués par l’horreur de cette guerre, ont voué leur vie à la lutte pour la paix et à un monde meilleur.

Rappeler les combats pacifistes précurseurs, de Jean Jaurès, dont l’assassinat fit basculer notre pays dans l’horreur et celui d’Henri Barbusse, qui s’engagea volontairement et qui, dès son retour, créa l’Association Républicaine des Anciens Combattants.

● Ce sera également l’occasion de réhabiliter la mémoire de ces milliers de soldats qui sont allés jusqu’à l’extrême limite de leur force, et qui face à des ordres inhumains, ont été fusillés pour l’exemple.

Tous ces hommes ainsi que leur famille ont été injustement dépossédés de leur honneur et de leur mémoire.

Car comme vient de le rappeler le Président de la République, il convient « qu’aucun des Français qui ont participé à cette mêlée furieuse ne soit oublié ».

Photo_024_m● Enfin la commémoration de ce centenaire sera l’occasion de revenir sur les causes du déclenchement de cette première déflagration mondiale.

Cette première guerre mondiale a pris racine dans une société où s’affirmaient le rejet de l’autre, les oppositions nationalistes et la peur de l’étranger.

Elle a pris racine dans une société où les injustices s’aggravaient, où les difficultés sociales étaient de plus en plus lourdes, et où la répartition des richesses était de plus en plus inégalitaire.

Voilà pourquoi, ce centenaire dédié à la mémoire nous permettra aussi d’engager une réflexion collective sur la société et le monde dans lesquels nous souhaitons vivre.

● Comment ne pas être inquiet quand, y compris sur notre sol national, des êtres humains sont agressés parce qu’ils sont juifs ou musulmans ?

● Comment ne pas être inquiet quand une candidate aux élections municipales annonce, à la télévision, qu’elle considère madame la garde des sceaux comme une guenon et qu’elle préfère la voir dans un arbre ?

● Comment ne pas être inquiet quand nos valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité, se diluent au point de remettre en cause notre République ?

● Comment ne pas être inquiet quand on sait que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets et que parfois l’Histoire peut bégayer ?

Photo_024_mVoilà pourquoi ce centenaire va nous aider au souvenir mais aussi à bâtir un futur fait de générosité, de paix et de justice pour nos enfants et petits enfants.

Avant de clore la cérémonie, j’ai tenu à remercier particulièrement :

– Yves Pron, président de l’UFAC de Givors, pour l’aide inconditionnelle qu’il apporte au nécessaire travail de mémoire,

– Paul Vallon, président de l’ANACR, et du musée de la Résistance et de la Déportation,

– la FNACA qui apporte une aide conséquente aux différentes associations d’anciens combattants.

C’est ce message d’amitié et d’espoir que, tout simplement, j’ai souhaité adresser aux participants de cette cérémonie commémorative, avant de convier l’assistance à partager le traditionnel verre de l’amitié.

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