Sacré Montaigne

Sacré MontaigneLe mauvais classement international de l’Éducation nationale française par l’OCDE montre à quel point notre instruction, gratuite, laïque et égalitaire est en panne.

Selon cette enquête : « Notre système scolaire a non seulement cessé d’être un facteur de réduction des inégalités sociales mais a tendance à accentuer l’écart entre les élèves privilégiés et les élèves défavorisés ».

Le système français ne parvenant plus à agir sur les déterminismes sociaux, il est à craindre que le poids des origines socio-économiques devienne encore plus déterminant dans le niveau scolaire.

Chacun sent bien qu’un point de fracture est en train de se concrétiser avec dans ses bagages un signal calamiteux.

« Quand le milieu social détermine la réussite, le chacun « sa chance » s’efface devant le « chacun pour soi » et bien évidemment le vivre- ensemble recule ».

Depuis 2003, notre pays est ainsi devenu celui où l’équité éducative s’est le plus détériorée et notre école de la République un modèle d’inégalité.

Comme toujours, personne ne se sent responsable.

Chacun préférant renvoyer la responsabilité sur l’autre ou, mieux encore, sur les enseignants qui pourtant dans leur immense majorité sont dévoués et mobilisés pour la réussite éducative de tous les élèves.

Face à ce triste bilan, il n’est donc pas inutile de rappeler que les élèves évalués en 2012, dans le cadre de l’enquête de l’OCDE, sont entrés en CP en 2002 et ont passé toute leur scolarité sous des gouvernements de droite, tous en accord avec les 180 000 suppressions de postes qu’a subi l’Éducation nationale.


Aujourd’hui, il faut faire autrement et il faut surtout faire mieux.

Il faut mettre en œuvre une large concertation avec les enseignants, les parents, les élus.

Il faut dégager des moyens financiers pour améliorer les conditions de réussite des élèves et les conditions de travail des enseignants.

Il faut assurer la qualité et la gratuité des activités péri-scolaires.

En fait, il faut une vraie ambition de gauche pour donner une solide impulsion à une vraie réforme des rythmes scolaires et plus encore à une refondation ambitieuse de notre système éducatif.

Comme le réclame les enseignants, les parents d’élèves et une immense majorité d’élus, il faut de l’ambition, encore de l’ambition et toujours de l’ambition.

De l’ambition et non pas du bricolage consistant à affaiblir un peu plus le caractère national de l’Éducation, en transférant sur les communes la question des temps libres et de l’aide éducative.

Il y a 5 siècles, le philosophe Montaigne disait :

« Il vaut mieux une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine ».

5 siècles après, c’est effectivement un enjeu d’avenir.

Il serait temps de s’en occuper.

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