Ne pas momifier Nelson Mandela, c’est poursuivre ses luttes

Ne pas momifier Nelson Mandela, c’est poursuivre ses luttesAujourd’hui, le monde pleure et salue la mémoire de Nelson Mandela.

Les communistes, qui ont tant œuvré pour sa libération et pour une Afrique du Sud démocratique et non raciale, partagent ce grand moment d’émotion collective.

Cependant, il ne faut rien oublier et ne surtout pas réécrire l’histoire.

Lorsque j’étais jeune militant, je me rappelle que les progressistes et les communistes étaient bien seuls pour crier : « liberté et solidarité ».

Il fut un temps où nombre de puissances occidentales considéraient l’ANC (le Congrès National Africain) et Nelson Mandela comme des « terroristes ».

Un temps où ces puissances s’accommodaient de l’apartheid pour mieux commercer avec le régime de l’Apartheid.

Peu importait alors le sort de Nelson Mandela et de la majorité noire d’Afrique du Sud.

Il faut se rappeler que, le 31 octobre 1977, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France (membres permanents de l’ONU) opposèrent leur veto à trois résolutions africaines demandant :

– un embargo obligatoire sur les fournitures d’armes au gouvernement de Pretoria,
– l’interdiction de toute coopération dans le domaine nucléaire
– des sanctions économiques.

Ne pas momifier Nelson Mandela, c’est poursuivre ses luttesAujourd’hui, la situation a changé et Nelson Mandela réunit ceux qui luttaient pour sa liberté et celle de l’Afrique du Sud, et ceux qui s’arcboutaient pour sauver le régime de Prétoria.

Tant mieux si nous sommes plus nombreux à penser que le combat de Nelson Mandela est un exemple pour les peuples du monde entier.

Ce sont autant de leçons que nous devons tirer pour démontrer que rien n’est jamais figé et que les mouvements de solidarité internationale ainsi que le courage des peuples en lutte peuvent permettre des avancées et des victoires.

Nelson Mandela restera comme celui qui, par son rôle essentiel et primordial, aura fait, avec d’autres, plier le régime raciste de Prétoria et permis l’abolition de l’Apartheid et la construction d’une nation arc-en-ciel.

Pourtant, le risque est grand aujourd’hui de momifier Nelson Mandela, afin de momifier sa pensée créatrice et finalement de momifier son insoumission et son engagement révolutionnaire.

Ne pas momifier Nelson Mandela, c’est poursuivre ses luttes- Faire fructifier l’héritage de Mandela, c’est aujourd’hui être aux côtés de la Palestine et de tous les peuples qui luttent pour leur libération.

Faire fructifier l’héritage de Mandela, c’est aujourd’hui exiger la liberté de Marouane Barghouti (député palestinien) et de Juan Manuel Sánchez Gordillo (maire de Marinaleda), et de tous les prisonniers politiques injustement enfermés.

C’est, selon moi, la meilleure des façons de rendre hommage à Nelson Mandela et prolonger les luttes qu’il mena pour un monde de liberté, de justice et de fraternité.

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