52ème anniversaire du cessez le feu du 19 mars 1962

Première en France : reconnaissance des maladies professionnelles des anciens verriers de GivorsDepuis plusieurs décennies nous commémorons, avec les élus et les anciens combattants, le souvenir des nombreuses victimes de la guerre d’Algérie, et depuis l’année dernière nous le faisons de manière officielle avec la pleine reconnaissance de la Nation.

Il aura fallu attendre longtemps, trop longtemps.

Et il aura fallu une action inlassable de la Fnaca, de certains parlementaires et de quelques élus locaux pour que la date du 19 Mars 1962 soit officiellement reconnue par la République Française.

Cette officialisation est le signe de la reconnaissance de la mémoire plurielle de notre pays.

Une mémoire qui intègre pleinement le cessez-le-feu du 19 mars 1962, dans le calendrier des commémorations nationales, et qui fait entrer la guerre d’Algérie dans le cadre des cérémonies nationales de notre pays, au même titre que :

Première en France : reconnaissance des maladies professionnelles des anciens verriers de Givors- le dernier dimanche d’avril en hommage à la Résistance,
– le 8 mai en hommage aux victimes de la seconde Guerre mondiale,
– le 18 juin pour l’appel du Général de Gaulle,
– et le 11 novembre pour l’Armistice de 1918.

Notre République française, porteuse de valeurs universelles, s’honore ainsi d’assumer son histoire et d’intégrer dans la mémoire nationale un passé trop longtemps enfoui.

Ainsi, depuis le 6 décembre 2012, la date du 19 mars 1962 est devenue un instant privilégié du devoir de mémoire et une commémoration propice à tirer les enseignements de cette guerre qui a profondément marqué les peuples des deux côtés de la Méditerranée.

Première en France : reconnaissance des maladies professionnelles des anciens verriers de Givors♦ La guerre d’Algérie dura plus de 7 ans, et mobilisa plus de 400 000 soldats.

♦ La Guerre d’Algérie, c’est aussi la guerre qui fit voler en éclats la 4ème République et faillit renverser la 5ème.

♦ La Guerre d’Algérie, c’est enfin une guerre qui a longtemps caché son nom, malgré des centaines de milliers de victimes.

Ce n’est qu’en 1999, après de nombreuses mobilisations de la Fnaca, qu’une loi reconnaît enfin l’état de guerre en Afrique du Nord et permet ainsi une meilleure connaissance de la réalité des combats.

A l’époque, la guerre d’Algérie n’était plus une guerre sans nom, mais elle restait malgré tout une guerre sans date.

Dès 1963, la FNACA décide d’honorer, chaque 19 mars, la mémoire de toutes les victimes, mais il aura fallu attendre 2002 pour que l’assemblée nationale soit saisie de cette question.

Première en France : reconnaissance des maladies professionnelles des anciens verriers de GivorsLe 22 janvier la proposition de loi est votée par une majorité de députés et transmise au Sénat, où elle dormira pendant 10 ans avant de ressortir le 8 novembre 2012 pour être adoptée le 6 décembre suivant.

Plus qu’une date historique pour notre pays, ce 19 mars est

● une victoire de la République contre tous ses détracteurs, et notamment les nostalgiques de l’OAS et de l’Algérie française.

● une victoire de la France qui doit nous servir de point d’appui pour toujours mieux œuvrer à la paix et au rapprochement entre les peuples,

● et enfin, une victoire pour la Fnaca et les centaines de milliers d’anciens combattants d’Afrique du Nord qui ont consenti d’immenses sacrifices dans cette guerre en y donnant leur jeunesse et pour beaucoup leur vie.

Comme 60% des communes françaises, Givors a depuis longtemps fait le choix du 19 mars comme seule et unique date commémorative de la fin de la guerre d’Algérie.

Première en France : reconnaissance des maladies professionnelles des anciens verriers de GivorsUn choix confirmé par une délibération du Conseil municipal du 24 novembre 2003.

Ce que l’on sait moins, c’est que Givors fait partie des rares villes qui ont toujours refusé de commémorer le 5 décembre.

● Une date sans rapport aucun avec la fin de la guerre d’Algérie.

● Une date que certains ont voulu imposer aux anciens combattants et aux maires des 36 700 communes de notre pays.

Je tiens à ce titre à remercier Yves Pron, président du comité de la Fnaca de Givors, qui n’a cessé de travailler à la reconnaissance du 19 mars et qui milite toujours pour que soient améliorées les conditions de vie des anciens combattants d’Afrique du Nord.

Merci aussi aux 160 adhérents de la Fnaca de Givors qui montrent, par leurs engagements et leur présence à toutes les cérémonies, leur attachement au devoir de mémoire et leur volonté de construire un avenir de paix, de justice et de solidarité.

Première en France : reconnaissance des maladies professionnelles des anciens verriers de GivorsEn nous réunissant chaque année dans ce square du 19 mars 1962, nous réalisons notre devoir de mémoire, de respect et de reconnaissance envers tous ceux qui ont combattus, et nous rendons hommage à nos 3 Givordins qui ont perdu la vie :

–    Jacques Bouvier, né en 1935, décédé au combat  le 14 septembre 1957.
–    Raymond Poisson, né en 1936, décédé au combat le 25 novembre 1958
–    Victor Devaux, né en 1937, décédé au combat le 26 octobre 1959.

Nous n’oublions pas leur sacrifice et je tiens à témoigner toute notre estime et notre compassion à leurs familles.

Première en France : reconnaissance des maladies professionnelles des anciens verriers de GivorsRéunis le 19 mars, en cette journée d’apaisement pour la France, je ne peux m’empêcher de penser que la guerre, le terrorisme et le fanatisme restent hélas de biens tristes sujets d’actualité.

Tous les jours, dans le monde, des hommes, des femmes et des enfants en payent le prix.

La liste est longue des conflits meurtriers et des actes de barbarie qui, parfois, nous font perdre espoir en l’humanité.

Comme beaucoup,

Photo_076.jpg● Je suis de ceux qui espèrent que s’impose la paix mondiale par le recours aux négociations et à la compréhension mutuelle.

● Je suis de ceux qui militent pour le respect des Droits de l’Homme quel que soit le pays où l’on vit, quel que soit le dieu que l’on prie, et quel que soit le parti politique auquel on appartient.

Merci à vous toutes et à vous tous car, dans un monde chahuté, vous êtes de formidables exemples pour les générations à venir et un formidable encouragement pour toutes celles et tous ceux qui sont épris de paix et de liberté.

Mais ce 19 mars a aussi un goût amer : Jacky Portier vient de nous quitter en laissant dans la peine sa famille, ses amis et ses nombreux camarades.

Au nom de la municipalité de Givors et en mon nom personnel, je tiens à présenter mes sincères condoléances à sa femme Nicole, à sa fille Hélène, à ses petits enfants ainsi qu’à tous ses proches et amis.

Première en France : reconnaissance des maladies professionnelles des anciens verriers de GivorsNé à Givors, Jacky Portier fut, comme tant d’autres jeunes de notre pays, mobilisé lors de la guerre d’Algérie. Il y découvre l’horreur de la guerre, ce qui le marquera à jamais.

Revenu de ce conflit, il s’engage dans la défense inlassable des intérêts et des droits des anciens combattants.

A ce titre, il préside pendant 25 ans la Fnaca de Givors et pendant 8 ans l’Union fédérale des anciens combattants (UFAC).

La qualité de son action est rapidement reconnue et largement appréciée, puisqu’il président pendant 4 ans la Fnaca au niveau départemental et sera même élu délégué national.

En définitive Jacky Portier n’aura jamais cessé de s’engager.

– S’engager pour le devoir de mémoire dû au sacrifice de ceux qui sont morts pour la France.

– S’engager pour défendre la paix afin que jamais plus ne se reproduisent les heures sombres de notre histoire.

– Son engagement au service des Givordins et son souci constant des autres se retrouvaient également dans son combat pour la justice sociale.

Première en France : reconnaissance des maladies professionnelles des anciens verriers de GivorsSoucieux du devoir de mémoire et de la transmission des belles valeurs de liberté et de solidarité, Jacky était présent à toutes les commémorations et cérémonies en hommage aux victimes et héros de la guerre, mais il était également présent pour apprendre aux jeunes générations que la liberté et la dignité des êtres humains son aussi faciles à perdre que difficiles à retrouver.

Jacky Portier, qui a tant fait pour la reconnaissance officielle du 19 mars 1962, n’est malheureusement pas présent, pour la 1ère fois, au square du 19 mars 1962.

C’est un ami chaleureux que nous perdons aujourd’hui.
Un républicain engagé porteur des valeurs de notre République et des belles valeurs humanistes de notre ville.

Voilà pourquoi le nom de Jacky Portier sera dorénavant attaché à ce square du 19 mars 1962.

Première en France : reconnaissance des maladies professionnelles des anciens verriers de Givors

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