69ème anniversaire de la Journée nationale du souvenir et de la déportation

69ème anniversaire de la Journée nationale du souvenir et de la déportationComme chaque dernier dimanche d’avril, j’ai participé, ce 27 avril, avec les anciens combattants et résistants ainsi que toutes les Givordines et les Givordions présents, à la journée nationale des victimes et des héros de la déportation.

J’ai tenu à remercier les associations d’anciens combattants et tous leurs membres : UFAC et ANACR, présidées respectivement par Yves Pron et Paul Vallon.

Et nous avons rendu un hommage à ceux qui nous ont malheureusement et récemment quittés :

–    François Ravot,
–    Jacky Portier,
–    Pierre Jimenez.

Il y a 69 ans, les armées alliées et le monde entier découvraient l’inimaginable horreur et l’ampleur du système nazi.

Un anniversaire qui nous rappelle la tragédie des 6 millions de victimes de la plus grande entreprise d’extermination et de déshumanisation que l’histoire n’ait jamais connue.

La France, comme toutes les autres nations, fut profondément marquée et traumatisée par l’atrocité de la barbarie nazie et par les douloureux témoignages des survivants des camps de concentration et d’extermination.

Photo_013.jpg« Dans les camps, nous avons vu comment des êtres humains pouvaient devenir des monstres », a témoigné Marie-Claude Vaillant Couturier, lors du procès de Nuremberg en 1945.

C’est pour cela, et pour, que plus jamais, ne se renouvellent de pareilles atrocités, qu’il y a tout juste 60 ans (le 14 avril 1954), le Parlement français votait à l’unanimité une loi stipulant que le dernier dimanche d’avril serait consacré au souvenir des victimes de la déportation et des morts dans les camps de concentration du troisième Reich :

« Il importe de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les souvenirs et les enseignements d’une telle expérience, ni l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents, ni les gestes héroïques d’un grand nombre parmi cette masse humaine soumise aux tortures de la faim, du froid, de la vermine, de travaux épuisants et de sadiques représailles, non plus que la cruauté réfléchie des bourreaux. »

Une fois encore, 69 ans après, nous répondons présents afin de ne pas oublier la mort et le martyr de ces femmes, de ces enfants et de ces hommes.


69ème anniversaire de la Journée nationale du souvenir et de la déportation● nous répondons, encore une fois, présents parce qu’« oublier son passé, c’est être condamné à le revivre »,

● nous répondons, encore une fois, présents parce qu’il n’est pas impossible que l’histoire bégaye montrant que nous ne sommes jamais à l’abri de la folie meurtrière.

● nous répondons, encore une fois, présents parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets en générant ce qu’il y a de plus abjecte dans les rapports entre les êtres humains et entre les peuples.

● nous répondons, encore une fois, présents parce qu’il est nécessaire de rester vigilants, aujourd’hui, face à toutes les menaces qui fragilisent la liberté des peuples et des nations.

Intolérance, fanatisme, racisme, xénophobie, trop souvent ce qui a conduit notre planète au bord du gouffre, ensanglante encore aujourd’hui de nombreux pays : Ukraine, Bulgarie, Birmanie, Syrie, Iran.

Malheureusement en France aussi, nous assistons à une recrudescence des discours bâtis sur la haine de l’autre et sur l’intolérance.

Les élections municipales de mars dernier, ont de ce point de vue été révélatrices des fractures de notre société.

Pour le Républicain que je suis, et comme beaucoup, je regrette cette situation.

69ème anniversaire de la Journée nationale du souvenir et de la déportationJe le regrette car aujourd’hui comme hier ce sont malheureusement les mêmes artifices et les mêmes mensonges qui sont proférés et qui ont permis au fascisme et au nazisme de se hisser aux plus hauts rangs de l’Etat.

« Pas d’oubli », ces mots inscrits sur le mémorial du camp français de Drancy prennent toute leur valeur en ce 69ème anniversaire.

– Pour les plus anciens, il faut donc se souvenir.

– Et pour les plus jeunes, apprendre qu’en 1933 Hitler jeta la minorité juive en pâture à tous ceux qui désespéraient et qui souhaitaient une vie meilleure.

En 2014 ce sont d’autres « prétendus immigrés » qui sont rendus responsables de tous les maux et de toutes les difficultés économiques et sociales.

J’expliquais, l’année dernière, que l’on dénombrait une recrudescence inacceptable des actions et menaces racistes, xénophobes et antisémites dans notre pays.

Nous le constatons malheureusement à Givors à travers les tags, insultes et autres croix gammées inscrits sur les façades de certains commerçants, sur les bâtiments publics, les locaux de la section du PCF et du PS de Givors, et les locaux de candidats aux dernières élections municipales.

69ème anniversaire de la Journée nationale du souvenir et de la déportationParallèlement, le square du 17 octobre a, une nouvelle fois, été dégradé et des croix gammées ont souillé l’Esplanade de la Résistance et de la déportation.

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● Parce que nous avons tous en mémoire les photos jaunies montrant de véritables squelettes humains qui s’accrochaient aux barbelées des camps de concentration.

● Parce que nous avons tous en mémoire des reportages en noir et blanc qui nous rappellent la chasse aux communistes, aux gaullistes, aux démocrates et aux juifs.

Il nous faut, encore et toujours, rappeler que cette période sombre de notre histoire était faite de peurs et de souffrances, mais aussi d’admirables comportements.

Le 16 mai 1945, le jour de leur libération, les rescapés du camp de Mathausen, amaigris et malades, ont refusé de céder à la haine et en appelaient à ces belles valeurs que sont la solidarité, la liberté, l’égalité et la fraternité.

« Sur des bases sûres de la fraternité internationale, nous voulons construire le plus beau monument qu’il nous sera possible d’ériger aux soldats et à toutes les victimes tombés pour la liberté : Un monde humain libre ! » ont-ils écrit.

Alors ne les décevons pas !

Ne les décevons pas car nos hommages aux victimes du nazisme et du fascisme seraient bien incomplets si nous n’étions pas capables de nous mobiliser pour empêcher la haine de progresser, et si nous n’étions pas capables de nous mobiliser pour la démocratie, la paix et la liberté.

● A nous d’être à la hauteur des souffrances et des sacrifices des déportés et résistants,

● A nous de transmettre leur courage, leur expérience et leur héritage pour un monde meilleur.

A ce titre, je tiens à remercier les associations d’anciens combattants de Givors et l’ensemble de leurs membres pour leur présence indéfectible à chaque cérémonie et leur investissement sans faille.

69ème anniversaire de la Journée nationale du souvenir et de la déportationJe remercie également le musée de la Résistance et le collectif pour le programme ambitieux du centenaire de la première Guerre Mondiale.

J’espère bien qu’après avoir été sélectionnés à l’échelle départementale, nous bénéficions du Label national pour nous permettre d’engager ce centenaire avec tous les publics givordins et ainsi travailler efficacement au devoir de mémoire.

● Dans les périodes troublées,
● dans les périodes où les valeurs humaines sont mises à mal,

– la seule boussole qui doit nous guider, c’est la boussole du respect mutuel.

– les seules valeurs qui doivent nous éclairer, ce sont les valeurs de liberté et d’égalité.

– et les seuls comportements qui doivent nous animer, ce sont des comportements de fraternité et de solidarité.

C’est ainsi, et ainsi seulement, que nous donnons et donnerons tout le sens et toute la force au vivre ensemble auquel aspirent nos concitoyens.

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