Stigmatiser le bloc communal est injuste et inacceptable !

Stigmatiser le bloc communal est injuste et inacceptable !La Cour des comptes vient de rendre son rapport annuel sur les finances locales, appelant les collectivités territoriales à mettre les bouchées doubles pour maîtriser leurs dépenses de fonctionnement et en regrettant qu’elles n’aient « pas apporté la contribution attendue à la réduction des déficits publics » l’an dernier.

Le bloc communal est tout particulièrement accusé d’être responsable d’une résorption des déficits publics du pays plus difficile qu’attendu, à cause du nombre de fonctionnaires, du niveau de leurs rémunérations et du volume d’investissement réalisé.

Cette nouvelle sortie contre les élus locaux et les collectivités locales est tout simplement effarante et révoltante.
Depuis près de 15 ans se sont succédé le gel puis la baisse des dotations d’État, les différentes révisions générales des politiques publiques, les réductions budgétaires, les transferts de charge à répétition sans compensation, l’inflation des normes et des charges incompressibles, l’explosion de la demande sociale, les réformes fiscales et territoriales.
Érigeant la réduction de la dépense publique en véritable dogme, le résultat de ces choix politiques nationaux est sans appel : les finances locales sont asphyxiées, les services publics de proximité sont exsangues et les élus locaux sont confrontés à des situations inextricables.

Leur constat est unanime et leur colère profonde :

•Comment répondre aux demandes pressantes et légitimes des populations ?

•Comment boucler un budget quand chaque année les attaques se font de plus en plus violentes contre les finances locales ?

•Comment respecter les plans de mandat quand la réforme territoriale échappe aux élus locaux et aux populations ?

•Comment tisser du lien social, promouvoir l’esprit citoyen et donner corps à la laïcité quand notre société se déchire et que se développent le rejet de l’autre et les fanatismes de toutes sortes ?

•Comment être pleinement un élu de la République quand le statut de l’élu, mille fois promis, n’est toujours pas réalité ?

Alors que cette situation n’est plus supportable, le gouvernement revient sur ses engagements concernant le financement de la réforme des rythmes scolaires et la Cour des comptes en rajoute une couche sur les collectivités territoriales et les élus locaux qui seraient responsables des difficultés de notre pays.

Ça suffit !

Il n’est plus supportable que les élus locaux, soldats de la République systématiquement placés en première ligne, soient les boucs émissaires de situations qu’ils n’ont pas choisies et le plus souvent les mains attachées dans le dos.

Il n’est plus supportable que les collectivités locales soient considérées comme les variables d’ajustements des différentes politiques d’austérité.

Il n’est plus supportable que les réalités des territoires et les avis de ses élus soient à ce point ignorés, décriés, stigmatisés.

Les mesures qui n’étaient pas acceptables sous les gouvernements précédents ne le deviennent pas avec le gouvernement actuel.

La réduction forcenée de la dépense publique et les politiques d’austérité successives ne sont pas le remède mais le poison qui mène notre pays droit dans le mur.

Que veut-on à la fin ? La disparition des communes, des départements, des services publics de proximité ? La suppression de la démocratie locale et le remplacement des élus locaux par des techniciens chargés d’appliquer les exigences des marchés financiers ?

Les entreprises des travaux publics ont manifesté pour refuser la baisse de leurs carnets de commande et la perspective alarmante d’une réduction sans précédent de l’investissement des collectivités locales qui représente 73% de l’investissement public en France.

Ils ont raison et il serait assez incompréhensible que les centaines de milliers d’élus locaux que compte notre pays ne se mobilisent pas pour arrêter ce cercle infernal de l’austérité qui génère de nouvelles difficultés servant à justifier un nouveau tour de vis.

A l’évidence le congrès de l’Association des maires de France va représenter un moment fort dans l’engagement des élus locaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Imprimer la page