Nouveau Rhône – Première Séance

J’assiste aujourd’hui à la première séance publique du nouveau département du Rhône, comme conseiller général du Rhône jusqu’aux prochaines élections départementales en mars prochain.

L’occasion de partager avec vous mon intervention prononcée lors de la dernière séance publique du conseil général, le 18 décembre 2014 :

« Nouveau Rhône – Première Séance Mme la présidente, cher-es collègues,

La délibération qui nous est présentée aujourd’hui est une délibération importante à plus d’un titre.

•    D’une part, car elle fixe le protocole financier général entre la communauté urbaine de Lyon et le département du Rhône, dans le cadre de la création au 1er janvier 2015 de la métropole de Lyon et du nouveau département du Rhône.

•    Et d’autre part, car il s’agit de la dernière séance du conseil général du Rhône tel que nous le connaissons.

Le département du Rhône, comme tous les départements de notre pays, a été créé au moment de la révolution française, il y a plus de 220 ans.

Depuis, avec des périodes plus ou moins faciles, l’échelon départemental a joué un rôle important pour les populations et les territoires, conférant un rôle historique à cette institution territoriale.

Grâce à l’apport des différentes sensibilités politiques et grâce aux débats contradictoires qui se sont toujours exprimés librement dans cette assemblée, nous pouvons dire que notre département n’a pas à rougir de ce qui a été réalisé.

Et sans être trop œcuméniques, nous pouvons également dire que les générations de conseillers généraux, qui se sont succédé, ont dans leur très grande majorité toujours servi l’intérêt général.

J’ajoute à ces remerciements les différentes générations de cadres et d’agents départementaux qui ont également rempli leurs missions et fait honneur au service public.

Je tiens à évoquer et à valoriser tout ce bilan, car nous vivons malheureusement dans une société profondément abîmée

•    abîmée par la remise en cause de l’engagement politique et le dénigrement systématique des élus,

•    abîmée par la remise en cause des services publics,

•    abîmée par la remise en cause de l’intérêt collectif et du pacte républicain.

Je tiens aussi à valoriser ce bilan, car nous connaissons un contexte extrêmement difficile pour les collectivités locales, avec une amputation catastrophique des dotations d’État et une réforme territoriale qui menace les communes, les départements et les régions.

Il y a deux ans, j’étais intervenu dans cette assemblée pour dire que, pour notre sensibilité politique, la création de la métropole et du nouveau Rhône ne pouvait se concevoir que dans la perspective d’un plus grand service rendu, et en tout cas après une consultation des populations.

La suite et les différents soubresauts de propositions de réformes territoriales ont malheureusement confirmé qu’une démarche initiée par le haut, et construite sur le dogme de la réduction des dépenses publiques, n’avait que peu de chances d’être durablement partagée.

•        Les régions et leurs périmètres n’ont cessé de changer.
•        Il en est de même de la place des communes et des blocs communaux.
•        Mais ce sont les départements qui ont fait et font l’objet de mesures les plus contradictoires.

o        La suppression des départements a d’abord été annoncée.
o       Puis ils ont été vidés de leur substance en redistribuant leurs compétences, avant qu’il soit annoncé qu’ils pourraient être maintenus pour les départementaux ruraux.

Voilà pourquoi il est toujours nécessaire, lorsqu’il s’agit de réformes qui engagent à ce point l’avenir des territoires et des populations, de concerter les élus locaux, les acteurs économiques, les personnels et bien évidement les citoyens.

Nous sommes tous bien placés pour savoir que depuis 2 siècles la société a profondément évolué, que le monde d’aujourd’hui est en pleine mutation et que notre époque doit faire face à des défis inédits

Nous sommes bien placés pour savoir que la grave crise, qui frappe notre pays et ses habitants, nécessite d’innover et de faire bouger les lignes, afin de construire collectivement les réponses les plus appropriées au service des territoires, des populations et de l’intérêt général.

Dans ce contexte, réfléchir aux institutions de notre République c’est, pour notre groupe, réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour pouvoir répondre aux difficultés des territoires et des populations, mais aussi et surtout préparer leur avenir.

Une République où l’État régalien serait le garant de l’égalité des citoyens et de la non mise en concurrence des territoires et des populations.

Une République qui préserverait la commune comme un socle fondamental et qui s’appuierait réellement sur les collectivités territoriales en leur transférant des compétences mais aussi des moyens, afin de donner de l’élan et du dynamisme à l’action publique.

Une République qui aurait le courage politique de mobiliser des ressources nouvelles au service des territoires et des populations, en taxant la spéculation et le capital financier, scandaleusement exemptés de toute contribution à l’intérêt général et national.

Aujourd’hui, les mesures annoncées d’asphyxie budgétaire des collectivités locales, ne plaident pas pour que ces nouvelles organisations répondent aux besoins et à l’intérêt général.

Nous persistons à penser que réformer notre organisation administrative et institutionnelle peut être une chance pour les territoires et les populations, mais que cela peut aussi être désastreux si nous ne nous donnons pas les moyens financiers correspondants.

En rendant hommage aux conseillères et conseillers généraux de notre département, aux agents du département du Rhône et aux partenaires de notre vieille institution, notre groupe veut saluer tout le travail accompli et souhaiter bonne chance et pleine réussite au nouveau Rhône et à la métropole de Lyon.

C’est donc animé de cet état d’esprit, Mme la présidente, mes cher-es collègues, que le groupe communiste votera cette délibération. »

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