Givors républicaine, c’est nous tous

 	Givors républicaine, c’est nous tous

Comme chaque année, l’équipe municipale et moi-même avons été très heureux d’accueillir, ce vendredi 9 janvier, la population givordine et les acteurs du territoire pour la traditionnelle cérémonie des vœux.

J’ai tenu à remercier, pour leur participation à cette soirée :

–    les chœurs de Givors pour le spectacle qu’ils nous ont proposé,
–    Ayah Allag, pour son engagement de jeune maire du conseil municipal des enfants qui a transmis l’écharpe de nouvelle maire à Lina Merzougui pour la nouvelle année 2015,
–    les élèves du Lycée Casanova qui ont accueilli les invités,
–    et les élèves de la section Hip-hop du conservatoire de danse de Givors.

 	Givors républicaine, c’est nous tous

 

 

 

Retrouver ci-dessous mon intervention :

Mesdames, Messieurs, chers amis,

* Comme chaque année, nous sommes heureux de vous accueillir pour cette traditionnelle cérémonie.

Parce que notre monde est chaotique, que notre pays et notre société n’y échappent pas, j’ai souhaité placer ces vœux sous le signe de notre République Française et des valeurs fondamentales que sont la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.

Je laisse ainsi au film réalisé par le service communication de Givors le soin de présenter le bilan des réalisations 2014 et les perspectives 2015 pour notre ville.

« Voilà, Mesdames, Messieurs, comment j’avais écrit mon discours quelques jours avant l’acte odieux et barbare contre Charlie Hebdo, et les évènements tragiques qui se succèdent malheureusement.
Je vais donc m’en tenir à ce que j’avais écrit, après vous avoir fait part de ma consternation, mais aussi de ma combativité face à ces actes odieux qui ont blessé et tué des femmes et des hommes, et ont abîmé la démocratie et la République. »

* 2014 aura été le théâtre d’évènements graves et trop souvent inquiétants :

– graves et inquiétants comme les guerres atroces en Syrie, en Irak, en Ukraine ou en Palestine, avec l’affreux cortège d’hommes, de femmes et d’enfants martyrisés et assassinés.

– graves et inquiétants comme ces migrations de la misère qui transforment la mer Méditerranée en un cimetière insupportable.

– graves et inquiétants comme cette montée des extrémismes et des fanatismes qui nourrissent les idéologies et les actes et les plus insensés.

* Dans ces conditions, comment ne pas s’interroger sur l’état réel de nos sociétés ?

–    Depuis plus de 70 ans, avons-nous jamais connu une telle colère contre tout ce qui peut représenter le pouvoir et une telle perte de crédit de la politique ?
–    Avons-nous jamais connu un tel climat de défiance, de suspicion et de renoncement ?
–    Oui, depuis plus de 70 ans, avons-nous jamais connu, un tel climat de pessimisme et de populisme.

Un climat on ne peut plus délétère, structuré autour de la violence, de l’exclusion et du rejet des différences.

 	Givors républicaine, c’est nous tous* Depuis plusieurs années, notre pays traverse une très grave crise économique qui a poussé le gouvernement à réduire de 50 milliards d’euros la dépense publique.

Moins 12,5 milliards d’euros pour les collectivités en 3 ans, c’est malheureusement unique dans notre histoire et cela représente, à titre d’exemple, moins 800 000 € par an pour la seule ville de Givors.

Il n’est donc pas étonnant, que pour la première fois, une manifestation ait été organisée lors de notre dernier congrès des maires, et que plus de 15 000 communes et intercommunalités aient déjà voté un vœu de l’Association des maires de France, afin que le gouvernement revienne sur ces baisses, qui de l’avis général, seront catastrophiques tant pour le service rendu au public, que pour les clubs et associations et bien évidemment les entreprises.

* 2014 a également été l’année d’une vaste réforme territoriale, qui restera dans l’histoire comme une réforme primordiale, mais engagée sans aucune concertation.

Si depuis 9 jours, le département du Rhône a laissé sa place à une nouvelle métropole et à un nouveau département, c’est la région Rhône-Alpes qui disparaîtra à la fin de l’année dans le cadre d’une fusion avec la région Auvergne.

Et au niveau national, on ne compte déjà plus le nombre de communes qui souhaitent fusionner car n’ayant plus les moyens d’exister.

Surchargés de nouvelles compétences, écrasés par les baisses de dotations, les collectivités territoriales se trouvent dans des situations inextricables, qui les poussent soit à augmenter la fiscalité, soit à diminuer la qualité et la quantité des services rendus.

Imprégnés de cette pression idéologique, beaucoup de nos concitoyens pensent qu’il est effectivement nécessaire de diminuer la dépense publique.

 	Givors républicaine, c’est nous tousCe sont parfois ces mêmes citoyens qui, devenus consommateurs, rouspètent avec raison, quand il manque des places en crèche, quand la sécurité publique est insuffisante, quand les consultations de PMI ne sont pas systématiquement effectuées, ou quand les financements supprimés par l’Europe et l’Etat pour l’insertion, contraignent à la fermeture de la maison de l’emploi.

* A l’évidence, nous vivons une période complexe et compliquée.

Une période où le socle et les valeurs fondatrices de notre république sont profondément ébranlés.

Depuis qu’elle existe, chacune et chacun d’entre nous croyait notre république éternellement installée, un peu, comme si l’histoire avait rendu inséparables ces deux grands mots que sont la France et la République.

Et pourtant, depuis plusieurs années, on voit bien, ici ou là, les choses se défaire, les valeurs se déliter, et les grands les principes se réduire.

Aujourd’hui le constat est sans appel, ces milles et une petites fêlures se rejoignent quotidiennement pour former une grande fracture qui peut d’un jour à l’autre créer les pires atrocités.

Il est donc plus que temps, pour les républicains que nous sommes, de rappeler quelques principes fondamentaux.

La république est née en reconnaissant l’égalité des droits et des devoirs pour chaque citoyen.

S’il est clair, que l’égalité est encore à gagner en matière de droits, il est tout aussi clair que la notion de devoirs républicains n’est plus, et pour beaucoup, qu’un vague souvenir.

– La république est née pour être indivisible, voilà pourquoi, en république il n’y a qu’une seule communauté qui vaille, c’est la communauté nationale.

– La république est laïque, et grâce à cela elle respecte toutes les croyances et toutes les opinions mais c’est aussi grâce à cela qu’elle respecte celles et ceux qui n’ont pas de croyance.

Voilà pourquoi, il nous faut réaffirmer plus fortement le rejet de tous les fanatismes et tous les intégrismes.

La république, c’est aussi la parole et la décision données au peuple et à ses représentants.

Et sur cette question, comment ne pas regretter et protester qu’un projet aussi fondamental que celui de la réforme territoriale n’ait pas été élaboré avec les élus locaux, qui l’ont appris par la presse, alors que les populations n’ont même pas été consultées ?

– Enfin la république c’est l’indépendance nationale permettant de nouer avec d’autres pays des partenariats mutuellement avantageux, mais permettant aussi de ne pas sombrer dans une Europe aussi éloignée des réalités de nos territoires et des préoccupations des Français.

* Réfléchir et parler des valeurs de notre république c’est, pour moi, donner du sens et de la consistance à ses valeurs fondamentales.

La liberté d’abord, 

– La liberté de travailler, alors que plusieurs millions de nos compatriotes sont au chômage ou en très grande précarité.
– La liberté de se loger, alors que la fondation Abbé Pierre recense 700 000 personnes privées de domicile.
– La liberté de penser, de croire au dieu que l’on souhaite, mais aussi la liberté de ne pas croire et la liberté de pouvoir le dire.
– La liberté de se soigner, d’élever ses enfants, de s’éduquer, de se cultiver, de profiter de sa retraite et de vivre en sécurité, tout ce que communément nous appelons le vivre ensemble et qui souffre terriblement aujourd’hui.

L’égalité ensuite,

– L’égalité qui devrait donner à chacun les mêmes devoirs, mais aussi les mêmes droits pour réussir sa vie et de s’affirmer avec les mêmes chances que celui qui a réussi.
– L’égalité homme/femme qui devrait se retrouver dans la parité, mais aussi dans les rémunérations, les études et l’accès aux responsabilités.
– L’égalité de pouvoir se marier y compris lorsque l’on est de même sexe.

La fraternité enfin,

– La fraternité que nous sublimons parce qu’elle fait vibrer ce qu’il y a de meilleur en chacun d’entre nous, mais qui est si souvent mise à mal en période de crise, car il est toujours plus facile de rejeter la faute sur l’autre.

Rejeter la faute sur :
–    les élus qui soit disant ne pensent qu’à leur réélection,
–    les pauvres et les chômeurs qui soit disant sont des assistés et des profiteurs,
–    les fonctionnaires et leurs soit disant privilèges,
–    et bien sûr les immigrés, leurs enfants et leurs petits enfants, en permanence rendus responsables de tous les maux de cette société.

 	Givors républicaine, c’est nous tousCes inepties, souvent avancées comme d’incontestables vérités, et pas seulement au bistro du coin, marquent un glissement des valeurs de notre société.

Un léger retour en arrière nous montre malheureusement que la montée du fascisme et du nazisme s’est effectuée, dans une période de colère et de suspicion avec les mêmes arguments qui aujourd’hui encore profitent à tous les extrémismes.

Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Cette situation nous commande et nous oblige à une vigilance permanente.

● A une vigilance permanente, car il est toujours nécessaire de rappeler que 75 ans après l’holocauste nazi, le racisme et l’antisémitisme ne sont toujours pas des idées mais bel et bien des délits.
Et bien évidemment qu’ils ne sont pas des détails de l’histoire, comme certains voudraient le faire croire.

● Une vigilance permanente pour rappeler qu’il y a plus de 80 ans, les ligues factieuses de l’extrême droite française se sont réunies dans l’antiparlementarisme et le populisme en défilant et en hurlant devant l’assemblée nationale, « à bas la république constituée de rastaquouères, de juifs, de francs maçons et de Bolcheviks »

Voilà pourquoi, je suis convaincu que la liberté, l’égalité et la fraternité ne doivent pas seulement être des mots inscrits au fronton de nos mairies, mais bien des attitudes permanentes nous permettant de transcender nos égos, nos rancoeurs et nos égoïsmes partisans, afin de construire au quotidien une société plus juste et plus fraternelle, une société où le vivre ensemble soit cimenté par les valeurs de notre république.

* Il y a 227 ans, écrire liberté, égalité, fraternité, c’était exprimer sa foi révolutionnaire dans une république que les soldats de l’an II voulaient exemplaire.

Il y a plus de 100 ans, Victor Hugo et Jean Jaurès ont façonné, par leurs écrits et leurs engagements humanistes et progressistes, la dimension universelle de nos valeurs républicaines.

Il y a 100 ans, dans les tranchées les poilus sont tombés par millions pour notre pays et notre république.

Il y a 70 ans, la France libre de Gaulle, celle de la résistance et des maquis, s’est massivement levée pour dire non à la soumission et à la barbarie.

En 1968, les grandes luttes sociales et les millions de salariés en grève ont nourri leurs revendications de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

● Dans des contextes bien différents, toutes ces générations nous ont construit et ont fait ce que nous sommes aujourd’hui.

● Dans des contextes bien différents, toutes ces générations ont fait de nous des êtres différents et complexes mais tous animés, dans notre grande majorité, par une république certes aux mille visages, mais constamment tournée vers la justice sociale et le progrès humain.

Mesdames, messieurs, chers amis,

Bien souvent, nous pensons que seuls les grands moments de l’Histoire sont porteurs d’avancées.

C’est une idée séduisante, mais c’est une idée dangereuse.

Une idée dangereuse, car elle pousse à l’immobilisme et au repli sur soi dans l’attente d’un hypothétique « grand soir ».

Depuis longtemps déjà, je suis convaincu que chaque jour peut finalement être un grand moment.

● Que chaque jour peut être un grand moment, grâce à l’acte banal et quotidien, réalisé par des femmes et des hommes ordinaires.

● Que chaque jour peut être un grand moment grâce à l’aide et à l’entraide que l’on peut s’apporter.

● Et enfin, que chaque jour peut être un grand moment grâce aux légitimes discussions et oppositions, à la seule condition de rester dans le cadre républicain et d’être capables d’en garder le meilleur pour l’intérêt général.

Voici, Mesdames, Messieurs le discours que j’avais écrit avant le terrible drame de Charlie hebdo.

Certains y verront un sombre aspect prémonitoire, alors qu’il s’agit tout simplement du constat de ce que je vois et de ce que j’entends au quotidien depuis de nombreuses années.

En écrivant ce discours, j’avais bien conscience de n’avoir abordé ni les municipales de 2014 ni les nombreux sujets qui ont fait l’actualité de Givors.

En écrivant ce discours, j’avais bien conscience de ne pas avoir abordé les projets 2015 et j’avais également conscience du pessimisme de mon propos.

Le formidable élan spontané d’une République arc en ciel et d’une France qui, dans sa diversité, s’est massivement levée, me donne finalement la note d’optimisme pour la fin de ce discours.

Nous le disons souvent et cela se confirme aujourd’hui, le peuple de France est un grand peuple.

 	Givors républicaine, c’est nous tousIl a bien compris qu’à travers Charlie hebdo, c’est la République, ses valeurs, son histoire, sa laïcité, ses lumières qui sont visées.

Et parce que c’est la République qui est visée, c’est une République unie qui s’exprime et réagit avec la force et la dignité de la situation.

Une république unie, qui pour l’instant, ne cède pas aux petits jeux politiciens et cyniques qui veulent profiter de ce moment pour attiser les haines, l’intolérance et le rejet de l’autre.

Une république unie, qui pour l’instant, ne tombe pas dans les pièges des amalgames honteux, et qui au contraire amplifie ses combats contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie.

Voilà pourquoi, dimanche nous serons tous ensemble à Paris ou à Lyon, et nous serons debout, dignes, bien serrés et bien évidemment main dans la main.

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