Givors en lutte pour dénoncer la baisse des dotations de l’État et défendre le service public

De nombreux agents communaux, des élus, des présidents d’associations et de clubs et des habitants givordins ont participé ce matin, à 11h30, à la mobilisation organisée par la mairie de Givors dans le cadre de la journée nationale « mairies en lutte » afin de dénoncer les baisses des dotations de l’État aux collectivités locales et ses conséquences désastreuses dans les territoires.

Pour la ville de Givors, la perte pour le budget communal 2015 est de 800 000 €, et d’ici 2017 la perte cumulée représentera près de 5 millions d’euros !

Cela fait des années que les collectivités territoriales subissent les conséquences
–    du gel puis de la baisse des dotations d’État,
–    des transferts de charges sans compensation,
–    de la multiplication des normes,
–    et de la RGPP qui a saigné à blanc les services publics de notre pays.

IMG_4246.JPGDans leur grande diversité d’opinion et de prérogatives, les élus locaux, les agents et les syndicats de fonctionnaires, les entreprises et les acteurs économiques, les présidents de club et d’association, les responsables de services publics et les populations, dénoncent ces mesures d’austérité qui aggravent la crise que subissent les populations et les territoires, au lieu de régler les vrais problèmes de notre société.

Près de 15 000 conseils municipaux et communautés urbaines, dont Givors et le Grand Lyon, ont déjà adopté la délibération de l’Association des Maires de France pour refuser la baisse des dotations d’État.

Pour cette seule année 2015, les collectivités territoriales verront diminuer leurs dotations de l’État de – 3,7 milliards d’euros sur les 21 milliards de baisse de la dépense publique.

D’ici 2017, ces amputations vont se répéter année après année, avec une perte cumulée de 28 milliards d’euros pour les collectivités locales, avec des conséquences désastreuses pour le service rendu à la population, pour le tissu économique et l’emploi, et pour l’aménagement des territoires.

Alors que les collectivités locales assurent 71% de l’investissement public dans notre pays, elles ont dû baisser leurs investissements de -7,4% en 2014, et la Banque de France prévoit un nouveau recul de -15% en 2015, aggravant le chômage et pénalisant lourdement l’activité économique locale.

IMG_4256.JPGDe partout, dans les communes, dans les intercommunalités, dans les départements et les régions, faire face à ce tsunami financier c’est de plus en plus souvent
– fermer des services pour réduire les dépenses de fonctionnement,
– baisser l’investissement utile,
– augmenter les taux locaux d’imposition
– aggraver la dette des collectivités locales.

A la suite des événements tragiques que vient de connaître notre pays, le premier ministre a employé des mots, qui ont pu choquer certains, pour exprimer la réalité des fractures qui ravagent notre société et notre République, en parlant « d’apartheid territorial, social et ethnique ».

Si je ne partage pas la notion « d’apartheid ethnique », je suis heureux qu’au plus haut niveau de l’État, on entende enfin ce que disent les élus locaux depuis de nombreuses années, qui n’ont bien évidemment pas attendu ces constats ministériels.

Depuis des années ils font face à cette situation pour recoudre chaque jour le tissu social, faire vivre le vivre ensemble, susciter la citoyenneté, respecter les différences.

Depuis des années ils alertent les pouvoirs publics sur les mille et une fêlures qui fragmentent notre république, sur les véritables fractures qu’elles finissent par constituer et sur les dangers potentiels très graves qu’elles génèrent.

Malgré les alertes et les mobilisations, depuis des années les collectivités locales, et notamment les plus modestes, subissent de plein fouet l’assèchement des finances publics et l’explosion des demandes des populations.

Pour la ville de Givors, la perte pour le budget communal 2015 est de 800 000 €, et d’ici 2017 la perte cumulée représentera près de 5 M€ !

Jamais notre commune n’a connu un tel trou à combler.

A titre d’exemple, la perte de 800 000€ par an jusqu’en 2017, cela représente l’addition :
– du montant des budgets de l’école municipale des sports, du périscolaire et des cantines,
– du coût du fonctionnement de la piscine
– du financement du pôle petite enfance
– de l’investissement total de la vidéoprotection
– du coût d’aménagement comme le nouveau carrefour des fainéants
– une hausse de 11% des impôts locaux.

La municipalité a fait le choix de faire face à ce tsunami financier en maintenant le service public et le niveau de l’investissement, tout en continuant à baisser les taux locaux d’imposition.

IMG_4261_1_.JPGMais jusqu’où cela va-t-il être possible sans remettre en cause le service public rendu à la population et sans porter atteinte à l’activité des associations et clubs sportifs, principaux relais de la citoyenneté et du bien vivre ensemble dans nos territoires ?

Dans le contexte national de crise que nous connaissons, aggravé par les évènements tragiques récents, l’action de notre République et de nos institutions doit être à la hauteur
–    des nombreux enjeux et défis qui attendent notre pays,
–    et à la hauteur de la mobilisation exceptionnelle de millions de nos concitoyens lors des rassemblements républicains, le 11 janvier dernier.

Combattre ce que le premier ministre appelle « l’apartheid social, territorial» que connaît notre république ne peut se contenter de mots, il faut des actes, car on ne peut plus attendre.

Dire cela, c’est donner de véritables moyens aux collectivités territoriales pour qu’elles exercent leurs missions d’intérêt général au service des habitants.

Dire cela, c’est aussi dénoncer le creusement insupportable des inégalités dans notre société et dans le monde. Selon le dernier rapport de l’ONG Oxfam, la fortune des 80 milliardaires dans le monde a augmenté de 600 milliards d’euros ces 3 dernières années. A eux seuls, ils possèdent autant que la moitié de la population mondiale !

– Au moment où 6 millions de ménages français connaissent des difficultés à se loger, à se chauffer ou à se déplacer,
– Au moment où plus de 5 millions de nos concitoyens sont au chômage, dont plus d’un jeune sur 4,
– Au moment où 13,2% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 977€ par mois,
– Et au moment où l’on explique qu’il n’y a pas d’argent pour les collectivités locales et les services publics,

Il est plus qu’urgent d’aller chercher l’argent là où il se trouve et de  réorienter les richesses vers l’humain, l’économie réelle et l’intérêt général.

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