70ème anniversaire de la Journée nationale du souvenir et de la déportation

70ème anniversaire de la Journée nationale du souvenir et de la déportation-DR Le Progrès

Comme chaque année, avec les élus de la majorité municipale, nous avons rendu hommage aux victimes et aux héros de la déportation, ce dimanche 26 avril, à l’Esplanade de la Résistance et de la Déportation.

Il y a 70 ans, les armées alliées et le monde entier découvraient l’horreur et l’ampleur du système nazi.

« Pas d’oubli », ces mots inscrits sur le mémorial du camp français de Drancy prennent toute leur valeur en ce 70ème anniversaire.

Un anniversaire qui nous rappelle la tragédie des 6 millions de victimes de la plus grande entreprise d’extermination et de déshumanisation que l’histoire n’ait jamais connue.

La France, comme toutes les autres nations, fut profondément marquée et traumatisée par l’atrocité de la barbarie nazie et par les douloureux témoignages des survivants des camps de concentration et d’extermination.

« Dans les camps, nous avons vu comment des êtres humains pouvaient devenir des monstres », disait, lors du procès de Nuremberg en 1945, Marie-Claude Vaillant Couturier.

C’est pour cela, et pour que plus jamais ne se renouvellent de pareilles atrocités, que le Parlement français votait à l’unanimité, le 14 avril 1954, une loi stipulant que le dernier dimanche d’avril serait chaque année consacré au souvenir des victimes de la déportation et des morts dans les camps de concentration du troisième Reich :

« Il importe de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les souvenirs et les enseignements d’une telle expérience, ni l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents, ni les gestes héroïques d’un grand nombre parmi cette masse humaine soumise aux tortures de la faim, du froid, de la vermine, de travaux épuisants et de sadiques représailles, non plus que la cruauté réfléchie des bourreaux. »

70 ans après, nous répondons, encore une fois, présents afin de ne pas oublier la mort et le martyr de ces femmes, ces enfants et ces hommes.

● nous répondons encore une fois présents parce qu’« oublier son passé, c’est être condamné à le revivre »,

● nous répondons encore une fois présents parce qu’il est nécessaire de rester vigilant face à toutes les menaces qui fragilisent la liberté des peuples et des nations.

● nous répondons encore une fois présent parce que l’histoire bégaye parfois en nous prouvant que nous ne sommes jamais à l’abri, et que souvent  les mêmes causes produisent les mêmes effets.

L’Intolérance, le fanatisme, le  racisme, la xénophobie, progressent et se développent dangereusement un peu partout dans le monde.

En France nous ne sommes malheureusement pas épargnés.
Les partisans de l’extrême droite  avancent aujourd’hui à visages découverts, n’hésitant pas à exprimer dans les médias et plus encore, sur les réseaux sociaux, leur racisme, voire leur dévotion à Hitler ou à Pétain.

Ce qui constituait, il y a quelques années encore, des situations relativement marginales s’est transformé en une inquiétante réalité.

Ainsi Jean-Marie Le Pen s’est répandu récemment dans un journal ouvertement antisémite en reprenant les propos honteux qu’il tînt jadis sur les chambres à gaz et les fours crématoires qui, selon lui, n’étaient que des détails de l’histoire de la seconde guerre  mondiale. Il  rappelle également dans ce torchon, la « fournée » qu’il promettait à un chanteur juif.

Il assume aussi en le justifiant le recours à la torture durant la guerre d’Algérie et persiste avec son manifeste sur « l’inégalité des races ».
Ces propos sont scandaleux et révèlent l’abominable pensée du président d’honneur du FN et de toutes celles et tous ceux qui l’entourent.

Parallèlement, et pour de multiples raisons, les communautarismes croissent et contribuent à cliver notre pays et d’une certaine manière à alimenter les discours d’exclusion.

Le Républicain que je suis le regrette car ce sont malheureusement les mêmes artifices et les mêmes mensonges qui sont proférés, et ce qui semblait impossible, il y a encore quelques années, est de nouveau présent et nous rappelle l’horreur de la montée des ligues de l’extrême-droite dans les années 30.

Je le regrette car ce sont malheureusement les mêmes artifices et les mêmes mensonges que ceux qui ont permis dans le passé au fascisme et au nazisme de se hisser aux plus hauts rangs des états.

Il faut donc se souvenir ou, pour les plus jeunes, apprendre qu’en 1933 Hitler jeta la minorité juive en pâture à tous ceux qui désespéraient et qui souhaitaient une vie meilleure. Aujourd’hui, ce sont les Juifs mais aussi les Musulmans et les Chrétiens qui sont les nouveaux boucs-émissaires de la folie extrémiste.


Parce que nous avons tous en mémoire la chasse aux communistes, aux socio-démocrates aux gaullistes, aux tziganes, aux homosexuels, et aux juifs, il nous faut, encore et toujours, rappeler que cette période sombre de notre histoire était faite de peurs et de souffrances, mais aussi d’admirables comportements.

Le 16 mai 1945, le jour de leur libération, les rescapés du camp de Mathausen, amaigris et malades, ont refusé de céder à la haine et en appelaient à ces belles valeurs que sont la solidarité, la liberté, l’égalité et la fraternité.

70ème anniversaire de la Journée nationale du souvenir et de la déportation« Sur des bases sûres de la fraternité internationale, nous voulons construire le plus beau monument qu’il nous sera possible d’ériger aux soldats et à toutes les victimes tombés pour la liberté : Un monde humain libre ! » ont-ils écrit.

70 ans plus tard, force est de constater que ce message d’espoir ne trouve que peu d’écho chez certains de nos concitoyens.

Dans ce contexte, nous devons poursuivre nos hommages aux victimes du nazisme et du fascisme, des hommages qui seraient bien incomplets si nous n’étions pas capables de nous mobiliser pour empêcher la haine de progresser, et si nous n’étions pas capables de nous mobiliser pour la démocratie, la paix et la liberté.

Ne décevons pas celles et ceux qui ont souffert et, pour beaucoup, ont péri dans les camps car, comme le disait Gabriel García Márquez, écrivain prix Nobel de littérature : « un homme n’a le droit d’en regarder un autre de haut que pour l’aider à se lever ».

● A nous donc d’être à la hauteur de celles et ceux qui ont subi les camps et leurs atrocités.

● A nous de transmettre, comme nous le faisons aujourd’hui, leur courage et leur héritage pour un monde meilleur.

Et je tiens à ce titre à remercier les associations d’anciens combattants de Givors et l’ensemble de leurs membres pour leur présence indéfectible à chaque cérémonie et leur investissement sans faille.


En cette période troublée où les valeurs humaines sont mises à mal,

- la seule boussole qui doit nous guider, c’est la boussole du respect mutuel,

- les seules valeurs qui doivent nous éclairer, ce sont les valeurs de liberté et d’égalité.

Et enfin, les seuls comportements qui doivent nous animer, ce sont des comportements de fraternité et de solidarité.

C’est ainsi, et ainsi seulement, que nous donnons et donnerons tout le sens et toute la force au vivre ensemble auquel nous aspirons tous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Imprimer la page