70ème anniversaire de la victoire des peuples sur le fascisme et le nazisme

Comme chaque année, ce vendredi 8 mai, nous nous sommes réunis à l’Esplanade de la Résistance et de la Déportation pour commémorer la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie.

J’ai tenu à remercier de leur présence et de leur travail pour le devoir de mémoire :

● Paul Vallon, président de l’ANACR et du musée de la Résistance,
● tous les membres des associations d’Anciens Combattants,
● les Porte drapeaux,
● Louis Soulier, adjoint aux anciens combattants, et tous les élus de la majorité municipale.

Ce devoir de mémoire, nous le faisons sous les regards croisés des grandes figures qui ont marqué notre histoire.

– Sous le regard du Général de Gaulle, fondateur de la France libre qui, de Londres, lança le 18 juin 1940 son appel pour refuser la capitulation,

– Sous le regard du maréchal Leclerc, qui décida de ne pas déposer les armes avant d’avoir vu le drapeau français flotter sur la cathédrale de Strasbourg,

– Sous le regard du Maréchal de Lattre de Tassigny, qui refusa l’ordre de ne pas combattre et résista à l’envahissement de la zone Sud par les troupes allemandes,

– Sous le regard de Rol Tanguy, chef des Forces Françaises de l’Intérieur, qui décréta la mobilisation générale des Parisiens, et fut co-signataire de la capitulation allemande,

– Sous le regard de Marie-Claude Vaillant Couturier, qui entra au camp de Birkenau en chantant la Marseillaise avec 230 autres femmes et qui plus tard fit face aux criminels nazis lors du procès de Nuremberg,

– Et enfin sous le regard de Jean Moulin, qui eut le courage, la ténacité et la lucidité de réunir dans la résistance, celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas, comme l’a si bien écrit le poète Louis Aragon.

70ème anniversaire de la victoire des peuples sur le fascisme et le nazismeIl est particulièrement important de rappeler, qu’aux côtés de ces figures emblématiques, il y avait également tous les anonymes dont le courage et le patriotisme doivent être salués mais il y avait aussi toutes celles et tous ceux qui se sont vautrés dans la collaboration.


Il y a 70 ans, la victoire des forces anti-hitlériennes marquait enfin le signal de la liberté retrouvée.

La liberté de femmes et d’hommes qui au-delà de leurs différences ont su se rassembler pour combattre et triompher du régime le plus sanguinaire de l’Histoire de l’Humanité.

Nous devons nous souvenir de tous ces jeunes Français venus de chacune des régions de France.

Nous souvenir des tirailleurs sénégalais, des tabors d’Afrique du nord et de ces milliers d’hommes originaires des colonies françaises qui sont venus en Europe défendre les valeurs de liberté.

Nous souvenir du sacrifice des soldats américains, anglais, canadiens et soviétiques.

Nous souvenir car il est toujours utile de rappeler

Qu’au-delà de leurs confessions et de leurs nationalités,
Qu’au-delà de leurs différences culturelles,
Qu’au-delà de leurs opinions politiques et de leurs origines sociales,

Ils surent se rassembler autour d’un idéal de paix, de justice et de tolérance pour vaincre l’immonde idéologie raciste, antisémite et xénophobe de Hitler et de ceux qui le soutenaient.

A l’heure où l’extrême droite ressurgit, il est encore et toujours nécessaire de signifier notre rejet total des thèses qui, en 1933, jetaient en pâture la minorité juive, les communistes, les démocrates, les tziganes, les homosexuels.

Intolérance, fanatisme, racisme, xénophobie, ces idéologies nauséabondes que l’on croyait en régression reviennent malheureusement en force, elles progressent avec leur cortège de sang et de larmes versées.

En France, l’extrême droite avance de nouveau à visage découvert, n’hésitant pas à exprimer dans les médias et, plus encore sur les réseaux sociaux, son racisme, voire sa dévotion à Hitler ou à Pétain.

Jean-Marie Le Pen s’est récemment répandu dans un journal antisémite en reprenant les propos honteux qu’il tînt jadis sur les chambres à gaz et les fours crématoires qui, selon lui, n’étaient que des détails de l’histoire de la seconde guerre mondiale.

Il assume et justifie aussi le recours à la torture durant la guerre d’Algérie et persiste avec son manifeste sur « l’inégalité des races ».

Ces propos sont scandaleux et révèlent l’abominable pensée du président d’honneur du FN et de toutes celles et tous ceux qui l’entourent.


Dans un monde en crise qui peut ne pas voir que ces mensonges et artifices ne servent qu’à diviser les populations et fragilisent en permanence notre pacte républicain.

Face à ceux qui utilisent la vie politique, comme face à ceux qui utilisent la religion, pour libérer leur fanatisme et leur barbarie, nous devons affirmer toujours plus haut et toujours plus fort les valeurs qui fondent notre société et qui sont celles de notre République.

Le conseil national de la résistance a jeté les bases d’un nouveau monde et d’une nouvelle société.

La Sécurité Sociale, les nationalisations, les Allocations Familiales, le CDI, la réduction du temps de travail, les congés payés, les comités d’entreprise, ont été de formidables dispositions progressistes qui, à l’époque, ont redonné à la France sa place dans le monde et permis de réelles avancées pour les populations.

Avec le temps toutes ces avancées progressistes ont été mises à mal et paraissent même parfois dépassées dans la société actuelle tournée vers la concurrence et l’individualisme.


Le devoir de mémoire que nous accomplissons en hommage aux victimes et héros de la Seconde Guerre Mondiale doit également nous rappeler que le 8 mai 1945 est malheureusement aussi une date sanglante pour toutes les victimes des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata.

Des évènements qui allaient devenir une guerre sans nom pendant des décennies qui nous rappellent combien la frontière peut être mince entre liberté et oppression, entre démocratie et autoritarisme.

Je vous signale que cet après-midi l’APCA organise une rencontre débat sur ce sujet, à la maison du fleuve Rhône.

La vie est souvent paradoxale.

  • Ainsi, pendant que la planète fêtait sa victoire sur le nazisme, des assassinats étaient commis en Algérie contre ceux qui réclamaient l’indépendance.
  • De même que La France de 39/40 a été la France de l’héroïsme mais aussi la France du dégoût généré par la collaboration.
  • Et enfin l’admirable résistance, qui a su s’unir contre le nazisme, mais qui a explosé lorsqu’il s’est agi de reconstruire le pays.

Ce 8 mai 2015 est, lui aussi, lourd de paradoxes.

  • Nous sommes heureux que deux des nôtres soient élevés au plus haut rang de la nation en étant nommés dans l’ordre de la Légion d’honneur et je souhaite féliciter

– Jean Félix Dupont, président de l’association régionale de la deuxième DB,
– et Paul Vallon, ancien président de l’ANACR et ancien président du musée de la résistance et de la déportation.

  • Mais si nous sommes heureux, nous avons également beaucoup de peine avec la disparition de notre ami, Michel Gaudrey, président de la FNACA et ancien président de L’UFAC.

Michel était un homme de paix et de tolérance et nous lui rendront l’hommage qu’il mérite lors d’une prochaine manifestation.


En disant un grand merci

– aux associations d’anciens combattants, déportés et résistants,
– au musée de la résistance et de la déportation de Givors,
– et a toutes celles et tous ceux qui chaque jour aident au devoir de mémoire,

je veux souligner le rôle de celles et ceux qui ont payé un lourd tribut lors de la seconde guerre mondiale mais aussi de celles et ceux qui œuvrent, aujourd’hui encore, pour la solidarité et pour un monde où l’esprit de partage et d’humanité l’emporterait enfin sur l’individualisme.

C’est, selon moi, le meilleur moyen de rendre hommage à toutes celles et tous ceux qui se sont sacrifiés pour que nous puissions vivre en liberté.

Le meilleur moyen de préparer pour nos enfants et petits enfants un monde qui tout simplement serait humain.

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