71ème anniversaire de la Journée nationale du souvenir et de la déportation

Journée nationale du souvenir et de la déportation 2016 2Comme chaque année, avec les élus de la majorité municipale, nous avons rendu hommage aux victimes et aux héros de la déportation, ce dimanche 24 avril, à l’Esplanade de la Résistance et de la Déportation.

J’ai tenu à remercier pour leur implication dans ce devoir de mémoire :
●  les associations d’anciens combattants et tous leurs membres :
– FNDIRP du Rhône représentée par Albert Kouzoubachian,
– UFAC, présidée par Christiane Charnay,
– ANACR, présidée par Paul Vallon.
● les portes drapeaux,
● les élus et les habitants présents.

Il y a 71 ans, les armées alliées et le monde entier découvraient l’inimaginable horreur et l’ampleur du système concentrationnaire nazi.

Cet anniversaire tragique nous rappelle les tragédies des 6 millions de victimes de la plus grande entreprise d’extermination et de déshumanisation que l’histoire n’ait jamais connue.

Journée nationale du souvenir et de la déportation 2016 3La France, comme toutes les autres nations, fut profondément marquée par l’atrocité de la barbarie nazie et par les douloureux témoignages des survivants des camps de concentration et d’extermination.

Pour que plus jamais, ne se renouvellent de pareilles atrocités, le 14 avril 1954, le Parlement français votait à l’unanimité une loi stipulant que le dernier dimanche d’avril serait consacré au souvenir des victimes de la déportation et des morts dans les camps de concentration du troisième Reich :

« Il importe de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les souvenirs et les enseignements d’une telle expérience, ni l’atroce et scientifique anéantissement de millions d’innocents, ni les gestes héroïques d’un grand nombre parmi cette masse humaine soumise aux tortures de la faim, du froid, de la vermine, de travaux épuisants et de sadiques représailles, non plus que la cruauté réfléchie des bourreaux. »


A Givors, 71 ans après, nous répondons une nouvelle fois présents afin de ne pas oublier la mort et le martyr de ces enfants, de ces femmes et de ces hommes.

● nous répondons présents, parce qu’« oublier son passé, c’est être condamné à le revivre »,

● nous répondons présents, parce que l’histoire peut malheureusement se répéter en montrant que nous ne sommes jamais à l’abri de la folie meurtrière.

● nous répondons, présents parce qu’aujourd’hui plus qu’hier, il est nécessaire de rester vigilants, face à toutes les menaces qui fragilisent la liberté des peuples et des nations.

L’Intolérance, le fanatisme, le racisme, et l’antisémitisme sont les folles déviances qui ont conduit notre planète au bord du gouffre il y a 71 ans et qui malheureusement ensanglantent encore aujourd’hui de nombreux pays.

L’Europe et la France n’en sont malheureusement pas épargnées :
La recrudescence et la banalisation des discours bâtis sur la haine de l’autre et les effroyables actes terroristes commis ces derniers mois montrent que l’équilibre est fragile et, pour le Républicain que je suis,  je suis particulièrement inquiet tant de cette situation, qu’ indigné devant la nauséabonde récupération qui est faite par les pires extrémistes.

● Aujourd’hui comme hier, ce sont malheureusement les mêmes artifices et les mêmes mensonges qui sont proférés et qui ont permis au fascisme et au nazisme de se hisser aux plus hauts rangs de L’État.

Voilà pourquoi, il est nécessaire que les plus anciens se souviennent.

Et voilà pourquoi, il faut apprendre aux plus jeunes que l’on ne joue pas impunément avec l’extrême droite.

Apprendre qu’en 1933, Hitler jeta la minorité juive en pâture à tous ceux qui désespéraient, et qu’en 2016 ce sont d’autres « prétendus immigrés » qui sont rendus responsables de tous les maux et de toutes les difficultés économiques et sociales.


● Parce que nous avons tous en mémoire les photos jaunies montrant des squelettes humains qui s’accrochaient aux barbelées des camps de concentration.

● Parce que nous avons tous en mémoire des reportages en noir et blanc qui nous rappellent la chasse aux communistes, aux gaullistes, aux démocrates et aux juifs.

Il nous faut, encore et toujours, rappeler que cette période sombre de notre histoire était faite de peurs et de souffrances, mais aussi d’admirables comportements.

Le 16 mai 1945, le jour de leur libération, les rescapés du camp de Mathausen, amaigris et malades, ont refusé de céder à la haine et en appelaient à ces belles valeurs que sont la solidarité, la liberté, l’égalité et la fraternité.

« Sur des bases sûres de la fraternité internationale, nous voulons construire le plus beau monument qu’il nous sera possible d’ériger aux soldats et à toutes les victimes tombés pour la liberté : Un monde humain libre ! » ont-ils écrit.

Dans ce contexte, nous devons poursuivre et accentuer notre devoir de mémoire.

Le poursuivre, à l’exemple de l’hommage rendu, il y a quelques semaines, à François Ravot pour l’inauguration de la nouvelle résidence, qui porte désormais le nom de cet ancien résistant et dernier déporté de notre ville, qui nous a malheureusement quittés le 15 mai 2013.

Après avoir vécu l’horreur de la déportation, du travail forcé et de la torture, François Ravot expliquait que

« c’est dans ces circonstances que la solidarité devient une évidence, où tous les occupants d’un même baraquement se serrent les coudes pour aider le plus faible sans aucun distinction de nationalité. »

Son regard profondément humaniste était une formidable leçon de vie pour chacune et chacun d’entre nous.

C’est donc à nous aujourd’hui de transmettre son message, en particulier pour les plus jeunes générations confrontées à une société de plus en plus individualiste et dramatiquement minée par les extrémismes et les fanatismes.

Poursuivre notre devoir de mémoire, c’est inaugurer un immeuble du nom de Francois Ravot, c’est donner le nom de Paul Vallon (ancien résistant) au collège de Bans, et c’est enfin confier à Christiane Charnay, 1ère adjointe, la présidence de l’Union fédérale d’anciens combattants, résistants et déportés afin que la plus jeune génération puisse perpétuer le flambeau du souvenir.


S’il nous revient aujourd’hui, d’être des passeurs de mémoire, il nous revient également la nécessité d’agir pour que, jamais, notre monde puisse revivre de telles atrocités

Car ces différents hommages seraient bien incomplets si nous n’étions pas capables de nous mobiliser, aujourd’hui et demain, pour empêcher la haine de progresser, et si nous n’étions pas capables de nous mobiliser pour la démocratie, la paix et la liberté.

Alors chers amis,

● A nous aujourd’hui, d’être à la hauteur des souffrances et des sacrifices d’échelles et ceux qui souffrirent et périrent dans les camps de la mort.

● A nous aujourd’hui de transmettre  leur courage, et leur volonté de construire enfin un monde meilleur.

● A nous aujourd’hui de nous montrer digne de leurs souffrances.

A ce titre, je tiens à remercier les associations d’anciens combattants, résistants et déportés de Givors et l’ensemble de leurs membres pour leur présence indéfectible à chaque cérémonie.

Dans les périodes troublées, dans les périodes où les valeurs humaines sont mises à mal,

● la seule boussole qui doit nous guider, c’est la boussole du respect mutuel.

● Les seules valeurs qui doivent nous éclairer, ce sont les valeurs de liberté et d’égalité.

● Et enfin, les seuls comportements qui doivent nous animer, ce sont des comportements de fraternité et de solidarité.

C’est ainsi, et ainsi seulement, que nous donnerons tout le sens et toute la force nécessaire au vivre ensemble auquel aspirent nos concitoyens.


Quand les situations se dégradent et que la paix et la démocratie tanguent dangereusement il n’est pas inutile de pouvoir dire et redire :

Vive la République française.

Vive la France.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Imprimer la page