Collège Paul Vallon : Hommage à un grand résistant et élu givordin

Inauguration collège Paul Vallon 10 nov 2015 (5)J’ai eu l’honneur de participer ce matin à l’inauguration de la nouvelle dénomination du collège Paul Vallon, dans le quartier de Bans dans lequel ce grand résistant Givordin, premier adjoint de Givors pendant près de 30 ans, a toujours vécu.

J’ai tenu à remercier :

Gérard Collomb, président de la Métropole de Lyon, qui a accepté ma proposition de donner le nom de Paul Vallon au collège de Bans,
Philippe Couturaud, inspecteur d’académie,
Eric Desbos, conseiller délégué à la Métropole de Lyon en charge de l’Education et des collèges, qui représentait le président de la Métropole de Lyon,
Inauguration collège Paul Vallon 10 nov 2015 (13)- Alain Struve, principal du collège de Bans, et toute l’équipe éducative du collège de Bans,
Marie-Jo Ablondi, présidente du musée de la résistance et de la déportation,
– les élus de Givors,
– les directeurs d’école, les chefs d’établissements, les enseignants du collège, les parents d’élèves et les habitants de Bans et de Givors,
– et bien sûr Paul Vallon qui a accepté de donner son nom au collège, ainsi que sa famille, ses proches et ses amis.

J’ai été très heureux d’officialiser cette nouvelle dénomination du collège de Bans, qui honore une nouvelle fois Paul Vallon, puisque j’ai eu le plaisir de lui remettre la légion d’honneur, il y a quelques semaines (retrouvez ici mon article).

Je sais déjà, aux coups de téléphone que nous passons au collège et à son principal, que le standard se présente comme « le collège Paul Vallon », depuis que le conseil métropolitain en a ainsi décidé.

Si c’est déjà une évidence au sein de l’établissement, il faut savoir que cela fait des années que je tente de persuader Paul de bien vouloir accepter de donner son nom au collège de Bans.

Nous savons tous que Paul est têtu, mais comme je le disais lorsque je lui remis la légion d’honneur le 19 septembre dernier, Paul est surtout un homme foncièrement modeste et altruiste.

Il préfère l’ombre à la lumière, et l’humilité à la renommée.

Cet homme de devoir, qui a tant apporté à notre ville, trace depuis toujours son sillon, avec comme boussole, les valeurs de dévouement, rigueur, honnêteté, solidarité.

Paul est aujourd’hui âgé de 92 ans.
Marié à Joséphine, malheureusement disparue et dont il dit souvent que sans elle il n’aurait jamais pu faire tout ce qu’il a fait.
Père de 2 enfants, grand père de 3 petits-enfants, arrière grand-père.

Paul est une figure emblématique de Givors et de son quartier de Bans, et personne plus que lui n’aurait davantage mérité que ce collège porte son nom.

Né en 1923 à Givors, issu d’un milieu modeste, il est embauché à l’âge de 15 ans à la Compagnie de Fives-Lille à Givors et obtient en 1942 son CAP de dessinateur industriel.

A tout juste 19 ans, il entre dans la Résistance dans le mouvement Combat, puis dans le mouvement Jeunesse et Montagne.

En octobre 1943, il retrouve Fives-Lille et participe à des actions de résistance au sein des groupes francs de l’Armée secrète.

Distributions de tracts et journaux, prises de contact en vue de recrutements, renseignements sur les fabrications des entreprises de l’agglomération lyonnaise, recherches sur les mouvements et activités de l’occupant, devient son travail militant quotidien.

Devenu responsable d’un groupe franc début 1944, il assure des transports d’armes, organise les dépôts d’armes et d’explosifs et réceptionne les parachutages.

D’avril à août 1944, il mène avec son équipe un impressionnant nombre de sabotages et destructions de lignes électriques et téléphoniques, sabotage de voies ferrées et déraillements de trains, arrestation de collaborateurs, portant ainsi de terribles coups à l’ennemi.
Devenu sergent-chef FFI, le 28 août, Paul et son équipe attrapent une colonne blindée allemande.

La bataille s’étendra de Saint-Romain-en-Gal à Brignais et anéantira pratiquement le convoi allemand.

Jusqu’au 2 septembre, Paul Vallon poursuit des actions de harcèlement contre les colonnes et groupes de soldats allemands remontant la RN 86, faisant de nombreux prisonniers.

À la Libération, Paul retourne à la vie civile.
Homme de luttes et de combats, il rejoint Camille Vallin qu’il avait rencontré dans la résistance et devient conseiller municipal en 1953 aux côtés de Camille, avant d’être premier adjoint de 1965 à 1992.

Si quelques mots devaient qualifier Paul, ce serait altruisme, droiture, humilité et dévouement.

Il faudrait également ajouter un sens de la justice indéfectible qu’il traduisit par
• son engagement syndical à la CGT,
• son adhésion et son activité au parti communiste français,
• mais également sa mobilisation militante contre les guerres d’Indochine et d’Algérie.

Un engagement quotidien qui lui faisait en permanence penser aux autres en priorité.

Grâce à lui, des générations de Givordins ont pu apprendre le ski en se rendant à Saint Pierre de Chandieu et pratiquer la voile en allant en colonie de vacances sur l’île d’Oléron.

C’est avec la même opiniâtreté

• qu’il créa d’autres établissements éducatifs comme l’OLPP,
• qu’il se battit pour que les portes du lycée de Saint Romain en Gal s’ouvrent sur les enfants de Givors, contraints jusqu’alors de poursuivre leurs études à Oullins ou à Lyon,
• qu’il se mobilisa pour la construction d’écoles, de collèges et de lycées à Givors,
• et qu’il fut l’un des premiers initiateurs à vouloir créer le SITIV, syndicat de l’informatique, et ceci à un moment où très peu parlaient de la révolution scientifique et informationnelle à venir.

Pour celles et ceux qui le connaissent, nous savons tous que Paul est un homme curieux, autant soucieux des traditions qu’ouvert sur les nouveautés à condition que celles-ci apportent la culture et le savoir aux individus.

Ainsi aujourd’hui à 92 ans, il n’hésite pas à surfer sur le net pour trouver des réponses aux questions diverses qui le préoccupent.

Parce que l’histoire et la mémoire ne peuvent être dissociées, il fut à l’origine, comme président du comité de l’ANACR, de la création du Musée de la résistance et de la Déportation de Givors qu’il présida pendant plusieurs années.
Givors étant l’une des très rares villes de France à avoir un tel équipement.


 

C’est peu dire que j’ai éprouvé un grand sentiment de fierté en remettant, en septembre dernier, la Légion d’honneur à Paul Vallon.

Une distinction demandé au secrétaire d’Etat auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants, à l’occasion du 70ème anniversaire du débarquement et de la Libération.

J’éprouve les mêmes sentiments de fierté et de reconnaissance aujourd’hui pour la dénomination Collège Paul Vallon.

Un collège qui tient particulièrement à cœur à Paul vallon, car il est situé rue Renée Peillon, qui fut une enseignante, une grande résistante givordine mortellement blessée à 23 ans le 28 août 1944, après de longues heures de martyr, sur la route nationale non loin d’ici.

Ce collège de Bans s’appelle aujourd’hui Collège Paul Vallon.

Inauguration collège Paul Vallon 10 nov 2015 (7)

Je voudrais remercier le Président de la Métropole comme l’ensemble de mes collègues qui dans leur diversité politique ont accepté ma proposition à l’unanimité.

Je suis sûr que ce nouveau patronyme fera perdurer l’important travail mené par monsieur le principal et toute l’équipe éducative.

Paul qui a toujours eu le souci des autres, et plus particulièrement le souci des jeunes générations, que ce soit dans son action de résistant, dans son activité professionnelle, dans ses mandats d’élu et dans ses activités de devoir de mémoire, donne aujourd’hui son nom au Collège de Bans.

C’est en toute humilité et avec une grande fierté que je lui dis : MERCI

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