Des parrainages républicains pour la fraternité et la solidarité

Parrainages républciains 1Suite au rassemblement organisé par les enseignants et les parents d’élèves du lycée Aragon-Picasso, les soutiens sont venus en nombre pour assister à la cérémonie de parrainage républicain de 4 élèves givordins menacés d’expulsion.

Prewa Padabadi, 20 ans a été parrainé par Valérie Fournier, enseignante, et Raymond Combaz, conseiller municipal en charge des relations internationales. Originaire du Togo, il est élève en terminale bac pro électricité et le meilleur de sa classe, au point qu’il est assuré de trouver un emploi à l’issue de ses études.

Nathalie Rullière, enseignante, et Nacer Khouatra, adjoint en charge de l’éducation, ont parrainé Erik Kisoka. Âgé de 20 ans, il vient du Congo, qu’il a dû fuir à l’âge de 16 ans, laissant toute sa famille derrière lui. Il est inscrit en terminale bac pro mécanique.

Sadjo Diallo a fêté ses 19 ans au mois de janvier. Il a quitté sa Guinée natale à l’âge de 16 ans, et s’est retrouvé à Lyon. Inscrit en 1ère bac pro mécanique, son comportement et son travail sont reconnus par tous. Il est parrainé par Marie Seemann, enseignante, Christiane Charnay, première adjointe, et Ibrahim Ozel, conseiller municipal en charge du Conseil municipal des enfants.

Avec Antoinette Chopinaud, enseignante, Christiane Charnay et Raymond Combaz ont également parrainé un élève de 1ère bac pro mécanique, Mahamat Bichara, qui vient tout juste d’avoir 19 ans. À l’âge de 12 ans, il a fui le Tchad, alors en proie à la guerre civile. Son périple le conduit d’abord en Lybie où, comme tant d’autres, il embarque sur un bateau surchargé pour gagner les côtes italiennes.

Retrouvez ci-dessous mon intervention :Parrainages républicains 2

Bonjour à toutes et à tous,

Je suis très heureux d’être parmi vous ce soir pour cette cérémonie républicaine.
Nous recevons aujourd’hui quatre jeunes Givordins. Ils ont entre 19 et 20 ans.
– Tous les quatre suivent leur scolarité au lycée Pablo Picasso ;
– Tous les quatre sont travailleurs, motivés, assidus ;
– Tous les quatre vivent en France depuis plusieurs années.
Ils nous viennent de loin ; du Togo, de Guinée, du Tchad ou du Congo.
Ils sont venus jusqu’en France, traversant des épreuves que leur jeune âge aurait dû leur épargner.

Dans le contexte politique actuel, il ne fait pas bon être étranger. En France comme ailleurs, les discours xénophobes et les mesures hostiles aux personnes étrangères sont de plus en plus audibles. Les amalgames, de plus en plus fréquents.

Aussi je tiens tout d’abord à préciser une chose : ces jeunes gens sont tous présents légalement sur le territoire français. Simplement pour des raisons que l’on ignore, la préfecture a décidé de ne pas renouveler leur titre de séjour. En plein milieu de l’année scolaire, cette décision est incompréhensible et choquante.

Choquante, car il n’est pas concevable qu’un pays comme la France, qui a une longue tradition d’accueil, tourne ainsi le dos à ses valeurs d’humanisme et de solidarité.

Pour nous, ce ne sont pas des étrangers, ce sont des élèves. Des élèves scolarisés en France, dans l’école de la République. Nous avons le devoir de les accueillir et de leur offrir la protection et les conditions de leur épanouissement, afin qu’ils puissent finir leur scolarité sereinement.
C’est la raison pour laquelle les élus et les enseignantes ici présents ont décidé de parrainer ces élèves. Au cours de la cérémonie qui va suivre, ils vont prendre l’engagement solennel d’épauler ces jeunes gens dans leurs démarches.

Par cet acte symbolique, nous voulons exprimer notre solidarité envers ces lycéens parfaitement insérés en France.

Alors qu’aujourd’hui, les poursuites se multiplient à l’encontre de ceux qui viennent en aide aux étrangers, ce parrainage est un geste symbolique fort.

Combien de temps encore devrons-nous lutter contre ces idées nauséabondes, qui considèrent que tous les étrangers sont suspects ?

Faut-il rappeler que toute l’histoire de la France moderne, et celle de Givors notamment, est celle de vagues d’immigration successives, qui ont pu déclencher les mêmes peurs et les mêmes polémiques, et qui ont pourtant apporté tant de richesses à notre pays et à notre ville ?

Ces élèves ont Parrainages républicains 3leur place parmi nous. Malgré les épreuves qu’ils ont traversées, malgré les difficultés auxquelles ils sont confrontés, ils parviennent à suivre leur scolarité. Il n’est pas utile de leur imposer des obstacles supplémentaires.

Quand on a 20 ans, on doit penser à ses études – certains vont passer le Bac à la fin de l’année ;
Quand on a 20 ans, on doit penser à ses amours ;
Quand on a 20 ans, on ne doit pas penser à ses papiers ; on ne doit pas se demander si l’on pourra terminer cette année scolaire dans ce lycée, dans ce pays : à cette question, la réponse doit être évidente !

Je tiens ici à remercier les enseignants, les parents d’élèves, les élèves eux-mêmes et le Réseau Education Sans Frontières, qui se mobilisent pour ces jeunes gens.

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