Évolution des salaires : le travail toujours inégalement rémunéré

 

BIT salaires france

Fin février, le Bureau international du Travail (BIT) a rendu son rapport mondial sur les salaires. Constatant l’intensité des inégalités à toutes les échelles, l’organisation insiste sur la nécessité de coordonner les politiques à l’échelle mondiale.

Alors que la croissance de la production mondiale a repris après la crise de 2008, la progression des salaires a fortement ralenti à l’échelle mondiale, pour se stabiliser au-dessous de 1% en 2015. Depuis plusieurs décennies, la productivité augmente plus vite que les salaires. Conséquence : la part des salaires diminue dans la production de richesses.

Pour le BIT, plusieurs facteurs expliquent ce phénomène :
– la mondialisation de l’économie, qui provoque un affaiblissement des institutions du marché du travail,
– et la pression accentuée des marchés financiers pour améliorer la rémunération des actionnaires.

Inégalités femmes-hommes
L’écart des rémunérations hommes-femmes s’est en général réduit avec le temps, mais sans pour autant être complètement comblé : le rapport constate de fortes variations d’un pays à l’autre, de pratiquement 0 à presque 45 % (un peu plus de 15% en France).

Inégalités de répartition
– en haut de l’échelle, un dixième des salariés se partagent près d’un quart de l’ensemble des salaires versés en France (24,4%),
– en bas de l’échelle, la moitié des salariés se partagent près d’un tiers des salaires (31,6%).

Le salaire n’est pas lié aux qualifications
Généralement, on justifie les différences de salaires en fonction de caractéristiques propres aux salariés : instruction, ancienneté, niveau de poste occupé.

BIT Salaires hommes femmes

L’étude du BIT démonte cette explication : en réalité, le montant du salaire dépend plus du sexe, de la taille de l’entreprise ou encore de la banche d’activité.

■ Pour l’organisation internationale, cette situation est alarmante :

 
– côté social, la stagnation des salaires implique que les travailleurs et leur famille ne reçoivent pas une part équitable des fruits du progrès économique ;
– côté économique, cette stagnation pèse sur la consommation des ménages, donc sur la demande globale.

■ Ce qu’il faut faire : l’inverse de la Loi Travail

 
– privilégier les accords de branche aux accords d’entreprise :
Lorsqu’elle a lieu à l’échelle nationale ou de la branche d’activité, la négociation collective couvre une grande part de travailleurs et peut réduire les inégalités entre les entreprises ; à l’inverse, un accord d’entreprise a des effets très limités.

– limiter les inégalités salariales
Il faut en finir avec les salaires indécents et protéger les travailleurs vulnérables, désavantagés ou victimes de discriminations, avec une législation qui garantit le droit à un salaire égal pour un travail de valeur égale.

– une politique fiscale ambitieuse
Il faut renforcer la lutte contre l’évasion fiscale des entreprises et des particuliers et rendre l’impôt plus progressif.

 
■ La lutte contre les inégalités ne se joue pas que sur la question des salaires

 
Pour le Bureau international du travail, il faut s’attaquer aux inégalités en conduisant une politique globale. L’éducation, le logement, la fiscalité, la présence des services publics : voilà les domaines sur lesquels les décideurs publics doivent agir pour permettre la continuation des progrès en matière d’égalité au quotidien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Imprimer la page