Il y a 72 ans, Givors était libérée

72ème anniversaire de la Libération de Givors (15)Samedi 3 septembre, j’ai participé avec Christiane Charnay, première adjointe, et présidente de l’union fédérale des anciens combattants, les élus, Marie-Jo Ablondi, présidente du Musée de la résistance et de la déportation et les associations d’anciens combattants à la cérémonie du 72ème anniversaire de la Libération de Givors, en présence d’une assistance givordine nombreuse.

Il y a 72 ans, Givors était libérée dans une liesse populaire toujours intacte au cœur de notre mémoire collective.

72ème anniversaire de la Libération de Givors (7)Pourtant, le 28 août 1944, la population givordine est une nouvelle fois appelée à rejoindre les abris, car une importante colonne allemande était annoncée à hauteur de Sainte-Colombe.

A Bans, les résistants des Forces Françaises de l’Intérieur, soutenus par un appui aérien allié, engagent les combats afin de bloquer les Allemands.

Au même moment, au Pont-Rompu, l’ennemi se heurte à l’Armée Secrète de la Loire.

Les différents combats provoquent la fuite des dernières unités ennemies, et le 2 septembre, vers midi, le Comité de Libération présidé par Marius Jeampierre s’installe enfin et définitivement en mairie.

En fin d’après-midi, le 1er Régiment de Fusiliers Marins arrive par la RN 86, les soldats et résistants des forces françaises sont alors accueillis en héros par une population givordine en liesse.

Une joie d’autant plus grande que les derniers mois de l’occupation avaient été un véritable enfer pour les Givordines et les Givordins.

● Givors marquée par de terribles bombardements alliés.
● Givors meurtrie par les mises à feu et les pillages systématiques perpétrés par les troupes allemandes en déroute.
● Givors qui voyait ses plus valeureux enfants traqués, arrêtés, déportés et tués.

Faut-il rappeler le sacrifice de notre ville qui a perdu 153 de ses habitants, 29 déportés dont 14 morts en déportation, et 1252 personnes dont 446 enfants sinistrées par les bombardements ?

Voilà pourquoi la Croix de guerre avec étoile d’argent attribuée à notre ville, les monuments et les stèles qui jalonnent nos quartiers, les différentes plaques de rue et plus récemment l’esplanade de la résistance et de la déportation, portent les noms de nos martyrs givordins et rappellent chaque jour aux passants que Givors et ses habitants ont payé un lourd tribut lors de la seconde guerre mondiale.


Chaque année, depuis 72 ans, la commémoration de la Libération de Givors est une journée émouvante, particulièrement dense et particulièrement importante pour notre ville.

Particulièrement dense car, chaque année, nous effectuons avec les anciens combattants, les élus, les associations et la population différents pèlerinages sur les lieux des maquis givordins.

Et une journée particulièrement importante, car elle permet à chacune et à chacun d’entre nous, de mieux appréhender notre histoire.

Ce devoir de mémoire est une nécessité pour rappeler aux jeunes générations, qu’il y a 72 ans, notre ville était libérée par des soldats et des résistants à peine plus âgés qu’eux.

A peine plus âgés qu’eux, à l’exemple de Vincent Boyet âgé de 18 ans mais aussi de Joseph Longarini, Jean Vinson, Renée Peillon, Albert Umano, Charles Simon, Michel Alarcon, Camille Vallin, Paul Vallon, Anne-Marie Drevet, François Ravot, Charlotte Bazaille, et de bien d’autres Givordines et Givordines.

Des résistants et des soldats qui s’étaient rassemblés pour défendre et promouvoir ces idéaux si précieux que sont la liberté, la justice et la paix.

● Qu’ils soient homme ou femme, jeune ou plus âgé,
● Qu’ils soient Français d’origine, Français d’adoption ou étrangers,
● Qu’ils soient communistes, gaullistes, sociaux démocrates ou sans partis,
● Qu’ils soient athées, juifs, musulmans ou chrétiens,

Toutes et tous ont eu le mérite et l’intelligence de mettre leurs différences politiques, religieuses ou ethniques au service de la Liberté et d’un idéal commun qui s’appelait la France.

Alors que des conflits armés continuent de ravager tant de pays,
Alors que les fanatismes et les intégrismes meurtrissent, divisent et déciment tant de peuples,
Alors que nous assistons à une montée inquiétante des nationalismes, de la xénophobie et des extrêmes droites partout en Europe et outre Atlantique,

Il nous faut continuellement rappeler à notre jeunesse que la liberté est aussi facile à perdre que difficile à retrouver.

Alors que l’immense majorité de nos concitoyens n‘aspire qu’à vivre ensemble et en paix beaucoup s’ingénient à faire vaciller notre République.

Il y a quelques années, quand Lucie Aubrac est venue à Givors elle avait raison de dire que le verbe « résister » doit toujours se conjuguer au présent.

Résister en luttant contre tous ceux qui nourrissent la haine de l’autre,
Résister pour que notre République laïque reste un phare qui éclaire notre société,
Résister pour continuer à transmettre nos valeurs de liberté, de paix et de démocratie,
Et enfin résister pour se donner les moyens d’un réel vivre ensemble.
Chers amis,

Dans les périodes où les valeurs humaines sont mises à mal, comme aujourd’hui :
– la seule boussole qui doit nous guider, c’est la boussole du respect mutuel,
– les seules valeurs qui doivent nous éclairer sont les valeurs de liberté et d’égalité,
– et les seuls comportements qui doivent nous animer sont des comportements de fraternité et de solidarité.

C’est le sens de ces commémorations, c’est le sens du travail réalisé par Christiane Charnay comme Présidente de l’union fédérale des anciens combattants et enfin c’est le sens du travail de toutes celles et tous ceux qui, chaque jour, privilégient l’amour à la haine et la raison à la déraison.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Imprimer la page