Importante concertation métropolitaine pour améliorer le transport de marchandises en ville

Transport de marchandises en villeComme vice-président de la Métropole de Lyon, en charge des déplacements et de l’intermodalité, j’ai présidé, hier, une importante réunion de concertation sur les transports de marchandises en ville avec des élus, des représentants de l’État, des associations représentant les secteurs de la logistique, et l’ensemble des acteurs économiques, entreprises et partenaires du secteur.

Cette instance de concertation repose sur une volonté politique de la Métropole qui affirme dans une délibération cadre de février 2013 que la logistique urbaine :

  • est un enjeu fort des politiques de mobilité,
  • qu’elle participe au dynamisme des entreprises locales et à l’emploi salarié (9%),
  • qu’elle est au cœur des enjeux environnementaux avec notamment la lutte contre les GES et les différentes pollutions,
  • et, enfin, qu’elle est au cœur des enjeux pour construire des territoires agréables à habiter et à travailler :

– Des territoires de courtes distances,
– des territoires qui luttent contre les nuisances sonores,
– et des territoires qui répondent à l’amélioration du service rendu à la population.

Cette instance de concertation symbolise aussi la volonté des élus de la Métropole de mobiliser toutes les forces vives pour co-construire intelligemment la ville de demain, en réconciliant l’humain et l’urbain, en protégeant bien évidemment son environnement.

Si cette instance est déjà en pointe concernant la concertation et les politiques de logistique urbaine, il est malgré tout toujours nécessaire de réfléchir et d’innover pour être encore plus dynamique et ainsi créer les conditions de faire émerger de nouveaux projets.

● Toujours nécessaire de mieux concilier tant les attentes du secteur privé (rentabilité, optimisation des flux, offre de transport, infrastructure, etc.) que celles des acteurs publics et celles des citoyens sur les sujets sociaux, économiques, environnementaux.

● Toujours nécessaire de favoriser une harmonisation de la réglementation et permettre aux commerçants et aux transporteurs de pouvoir les anticiper.

● Toujours nécessaire de favoriser l’échange d’informations et de pratiques entre les professionnels, les collectivités, le SYTRAL.

● Toujours nécessaire de prendre en compte le commerce de proximité, le transport de marchandises et de voyageurs, l’aménagement du territoire, le partage de l’espace urbain (qualité de vie des riverains et desservir au plus près les commerces et activités économiques), les conditions de travail et la sécurité des salariés.

Cette instance doit ainsi nous permettre d’aborder de nombreux sujets, et de les partager avec l’ensemble des acteurs concernés, par exemple :

  • La qualité de l’air parce que l’on sait que (44% des particules fines émises le sont par des PL et des utilitaires)
  • Les zones de circulations régulées et leur accès,
  • La révision du PDU (dont je pilote la démarche) pour mieux partager l’espace
  • La révision du PLUH pour optimiser l’intégration urbaine de la logistique et inverser son bilan environnemental tout en limitant la consommation foncière.
  • Le e-commerce et les innovations technologiques pour apporter de nouvelles réponses aux nouvelles pratiques de consommation et de livraison
  • Le rôle de la logistique en matière de mixité sociale, puisque ces sites emploient aussi des salariés pas ou peu qualifiées.

Le transport de marchandise en ville, une partie de ma délégation de vice-président à la mobilité et au transport, avait à mes yeux un petit côté techno et, pour tout dire, pas très passionnant.

Le travail fourni par les services métropolitains, mes échanges avec les associations de professionnels (club Demeter ou Afilog) et différentes entreprises de logistique ou encore la semaine internationale du transport et de la logistique m’ont radicalement fait changé d’avis :

J’ai mieux compris que la logistique urbaine est une question qui est au cœur des enjeux de la ville soutenable puisqu’elle interroge en permanence les questions d’un développement économique toujours mieux adapté aux contraintes écologiques et au bien-être des citoyens.

Et quand je parle des citoyens, je pense bien évidemment aussi aux salariés des sites logistiques à leurs conditions de travail et à leur sécurité.

Il est indéniable que la logistique urbaine à bien besoin d’un soutien de la politique publique ce qui interroge tant nos pratiques que les moyens financiers nécessaires pour répondre aux enjeux de la transition énergétique et à l’ambition de notre métropole de réduire de 15% les émissions de CO² du transport de marchandises dès 2020 et ainsi d’économiser chaque année 133 000 tonnes d’équivalent CO².

Cette volonté commune, pensée et mise en œuvre collectivement doit nous permettre non seulement de démontrer l’adéquation entre développement économique, responsabilité sociale et qualité environnementale, mais aussi et je dirai même surtout, de passer de la parole aux actes.

Passer de la parole aux actes, car le transport de marchandises en ville ne peut plus être une thématique minorée dans les politiques territoriales de déplacements qui sont davantage focalisées sur le transport des personnes.

  • Passer de la parole aux actes, comme pour la gestion des livraisons dans le cadre du projet Part-Dieu 2030.
  • Passer de la parole aux actes, comme pour la question des livraisons nocturnes, le portage à domicile (handicaps, vieillissement) ou le retour des enseignes alimentaires en proximité.
  • Passer de la parole aux actes, pour les questions écologiques et technologiques comme le mix énergétiques.

Comme beaucoup, je suis convaincu que l’avenir passe par une diversification des carburants adaptés aux besoins et aux défis environnementaux :

● à l’image de l’unité de recherche et production des carburants spéciaux de TOTAL ACS à Givors,

● à l’image du développement de l’électrique, adapté pour les petits véhicules et pour les courtes distances,

● à l’image du bio GNV (gaz naturel véhicule), qui est une énergie intéressante, mature technologiquement et moins coûteuse que le diesel.

Il est évident que si nous voulons mener de front les deux chantiers (CO², gaz à effet de serre) et pollution locale (particules fines), il faudra savoir s’appuyer sur le GNV qui est inscrit dans notre convention cadre sur le GNV avec l’ADEME et Grdf, comme sur toutes les sources énergies possibles.

Si aujourd’hui est un nouveau cycle de cette instance de concertation, c’est aussi un jour qui marque la fin d’une époque : Monsieur Emmanuel de Bienassis, délégué de TLF, a décidé de faire valoir ses droits à la retraite.

Je tiens à le remercier pour le travail continu, soutenu et tenace qu’il mène depuis 2004, en lien avec les services du Grand Lyon et du Sytral.

Toujours constructif, et toujours à l’écoute, il continuera heureusement ses fonctions de président de l’association de la zone industrielle de Corbas, et à ce titre je tiens à l’inviter à la prochaine instance du 10 mai 2016.

Je remercie également la direction de la planification et des Politiques d’agglomération et le service voirie Mobilité Urbaine, qui sont de formidables outils pour la mise en œuvre des projets concrets qui émergeront de cette instance.

Car avec une nouvelle architecture plus dynamique, nous allons rendre notre instance plus opérationnelle et encore plus adaptée à notre métropole, ses entreprises et ses habitants.

En partant du travail concret déjà réalisé comme l’espace logistique urbain aux Cordeliers (derniers kilomètres en voiture électrique), la reconfiguration des aires de livraison (abaissement des bordures de trottoirs pour l’accès des outils de manutention, accès plus aisé des véhicules…) ou le principe de voiries partagées, à nous d’ouvrir collectivement de nouvelles perspectives et favoriser les expérimentations.

C’est tout le sens des échanges que j’aurais bientôt avec le Président Gérard Collomb pour réussir collectivement l’ensemble des défis qui nous attendent.

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