La mobilité, la grande oubliée ?

intermodalitéAlors que les campagnes électorales battent leur plein dans notre pays, la question de la mobilité reste encore loin des priorités et semble être la «grande oubliée »  de nombreux candidats.

Pourtant, elle reste un enjeu fondamental en structurant et en intervenant quotidiennement dans la vie de chacun d’entre nous. Favorisant l’accès à l’emploi et aux services, participant ainsi à renforcer la cohésion sociale, la mobilité est un rouage essentiel qui ne peut être occulté.

Il est donc indispensable de la placer au cœur de ces campagnes électorales, en redonnant du sens et en offrant une véritable vision d’avenir sur cet enjeu.

C’est en tout cas le sens de la démarche initiée par près de 600 acteurs (usagers, élus, collectivités, entreprises, ONG, fédérations, syndicats…) qui ont participé aux États généraux de la mobilité durable. Organisée par la FNAUT, la FNTV, le GART, Régions de France, TDIE et l’UTP[1], cette vaste consultation nationale a permis de dresser 70 propositions destinées à relever des défis démographiques, économiques et environnementaux majeurs pour la France.

Six d’entre elles s’imposent comme des préalables :

– Créer un ministère des Transports et de la Mobilité de plein exercice et lui confier le pilotage de la délégation interministérielle à la sécurité routière.

– Élaborer une véritable loi de programmation financière pour sanctuariser le versement transport et augmenter les ressources de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF) à hauteur de ses engagements.

– Revenir à une TVA à 5,5 % car les transports publics du quotidien sont un service de première nécessité.

– Soutenir financièrement l’acquisition de véhicules de transport public à faibles émissions et l’adaptation des réseaux, et lancer le 4e appel à projets TCSP pour assurer la transition énergétique

– Permettre aux Régions d’expérimenter l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional.

– Travailler sur l’exercice du droit de grève et du droit de retrait, et sur l’instauration d’un véritable service minimum dans les transports en y associant les parties prenantes.

intermodalité à lyonComme vice-président de la Métropole de Lyon en charge des déplacements, de l’intermodalité et des nouvelles mobilités, je soutiens cette démarche constructive qui apporte des propositions de perspectives crédibles sur l’enjeu de mobilité.

Néanmoins, je ne peux que m’opposer à certaines propositions, comme celle permettant aux régions d’expérimenter l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional.

En effet, je reste persuadé que la mobilité reste un élément fondamental afin de réduire les inégalités territoriales et les fractures spatiales qui s’accentuent. C’est donc en donnant les moyens financiers aux services publics et notamment à la SNCF que nous pourrons favoriser l’équité et l’égalité de tous dans l’accès à la mobilité.


[1]
FNAUT = Fédération nationale des associations d’usagers des transports,
FNTV = Fédération nationale des transports de voyageurs,
GART = groupement des autorités responsables des transports,
TDIE = Transport Développement Intermodalité Environnement,
UTP = Union des transports publics et ferroviaires.

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