Le conseil municipal de Givors n’a pas cédé à la haine et à l’immonde

conseil-municipal-givors-17-octobre-2016Le conseil municipal de Givors s’est terminé, hier soir, sur un vœu du FN pour que Givors refuse d’accueillir des « migrants ».
La majorité unanime est intervenue pour dire la répulsion qu’elle éprouvait face à un tel voeu. J’ai conclu en disant que Givors était une ville progressiste, une ville à la mémoire plurielle, riche de sa diversité. J’ai rappelé qu’un résistant communiste a été abattu sur les marches de l’hôtel de ville, par des nazis qui ont collaboré à la création du Front National.

Retrouvez ci-dessous mon intervention :

M. Mellies du groupe FN propose au Conseil municipal d’adopter la charte Ma commune sans migrants.

Pour rappel, le gouvernement a prévu de répartir les 12 000 réfugiés de Calais, et 30 000 réfugiés de plus sur deux ans, dans toute la France. Soit 42 000 personnes en tout. 42 000 personnes pour 36 000 communes, cela fait un peu moins de 2 réfugiés par commune : ce n’est pas à proprement parler une invasion !

Je pense utile de préciser que l’Association des Maires de France, qui est une instance représentative de tous les Maires de notre pays, toutes tendances politiques confondues, s’est exprimée sur ce sujet, je cite :

« L’AMF réaffirme tout d’abord le principe de solidarité avec les réfugiés fuyant les zones de guerre et de violences. (…) l’AMF insiste sur l’importance d’une répartition géographique équilibrée, tenant compte des données économiques, sociales et démographiques des territoires, faite en concertation avec les élus, et ce afin de faciliter l’accueil digne et humain des populations. »

Selon vous et votre groupe, M. Mellies : les réfugiés seraient responsables de tous les maux de la planète : « tensions, problèmes économiques, menaces sur les libertés » … pour un peu, on leur reprocherait même le mauvais temps !
Vous oubliez que ces personnes fuient précisément les malheurs du monde ; ils fuient la guerre, l’arbitraire, la misère ; ils fuient la mort. Une mort tellement certaine qu’ils préfèrent risquer une mort hautement probable sur les routes de l’exil : ils parcourent des milliers de kilomètres à pieds, leurs enfants dans les bras ; ils s’entassent par centaines dans des embarcations aussi frêles que l’espoir qui leur reste. Et pour beaucoup, ils périssent en mer.

M. Mellies, vous voulez qu’on les rejette, et qu’on les renvoie. Mais où doivent-ils être renvoyés ? Dans le pays qu’ils ont fui, sous les bombes, sous la dictature, ou vers une mort certaine ?

Vous expliquez M. Mellies que l’immigration nourrit les revendications communautaristes contraires au principe de laïcité. Face à la richesse de la diversité des cultures qui forment notre nation, certains se prétendent « Français de souche », d’autres semblent croire que nos ancêtres sont tous des Gaulois, et certains s’évertuent à fracturer notre pacte républicain en faisant référence à une « civilisation gréco-latine et chrétienne » …

C’est l’extrémisme politique dont vous faites partie qui ramène sans cesse les questions ethniques et religieuses dans le débat public.
Pour nous, il n’y a qu’une seule communauté en France : c’est la communauté humaine nationale.

Vous qui parlez tant d’identité et d’Histoire, je vais vous dire que vous êtes ici dans une ville qui porte des valeurs progressistes, une ville à la mémoire plurielle, riche de sa diversité, une ville de Résistance.

Au pied des marches de l’Hôtel de ville, il y a une plaque en l’honneur de Laurent Guardiola, tué par les Allemands pendant les combats pour la Libération. Il était responsable du Front national : l’organisation fondée en 1941 par le Parti communiste français pour lutter contre l’invasion nazie. Une vraie invasion celle-là, à laquelle ont collaboré nombre de ceux qui ont fondé votre parti le Front national en 1972 !

Cette parenthèse refermée, vous comprendrez que je demande aux élus républicains de ce conseil de ne pas adopter cette charte immonde : ce serait aller à l’encontre de notre Histoire, ce serait commettre un acte dégradant pour toutes celles et tous ceux qui portent les valeurs humaines au cœur.

Oui, notre pays doit favoriser le droit d’asile et proposer des hébergements dignes pour l’ensemble des personnes déplacées, dramatiquement jetées sur les routes de l’exode.

Nous sommes une terre d’accueil : nous ne nous déshonorerons pas en cédant à la peur, à l’indifférence, au rejet.

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