Mes vœux de mobilisation pour Givors et la République en 2016

IMG_0905En présence d’une foule nombreuse, composée de chefs d’entreprises, de nombreux élus de l’agglomération, de présidents de clubs et d’associations et de tous les acteurs de la vie locale, ainsi que d’habitants de Givors, j’ai eu le plaisir aux côtés de mes collègues de la majorité municipale de souhaiter, ce soir, les vœux de la municipalité aux personnalités présentes.

Retrouvez ci-dessous mon intervention :

 » Mesdames, Messieurs, Chers amis,

IMG_0897La majorité municipale et moi-même sommes heureux de vous accueillir pour cette traditionnelle cérémonie des vœux.

Enfermée entre deux séries d’attentats odieux et sanglants, l’année 2015 aura été une véritable année noire.

Dès les premiers jours de janvier, le fanatisme assassinait des journalistes, des policiers et des juifs en se servant mensongèrement du fait religieux.

Fin novembre, les mêmes mensonges, la même barbarie décimaient notre jeunesse, révélant ainsi au monde entier que la lâcheté du terrorisme pouvait faire de chacun d’entre nous des cibles potentielles.

Cette cérémonie, comme celle de l’année dernière, est malheureusement empreinte de tristesse, d’émotion et d’inquiétude face à un monde qui répète les pires atrocités de son histoire.

Voilà pourquoi, comme l’année dernière, j’ai souhaité placer ces vœux sous le signe des valeurs fondamentales de notre République.

Qu’il m’a été difficile de relire le discours que j’avais prononcé ici même il y a un an.

Difficile car les migrants sont toujours aussi nombreux à fuir les guerres et les massacres dans leurs pays respectifs.
Difficile car la Palestine occupée est toujours en attente d’un règlement politique
Difficile car les inégalités continuent de s’aggraver et jette des millions d’êtres humains dans le plus complet dénuement
• Et enfin difficile, car notre planète continue de souffrir et qu’elle n’aura bientôt plus les moyens de se régénérer.

Si mes pensées vont, aujourd’hui vers celles et ceux qui ont souffert de ces violences terroristes, sociales, économiques ou écologiques, elles vont aussi vers celles et ceux qui chaque jour agissent pour rendre ce monde tout simplement plus humain.

Ce soir, c’est donc de ce monde aux deux visages dont je veux parler.

D’un côté, le terrorisme et la barbarie et de l’autre les réactions pleines d’humanité des pompiers, des forces de l’ordre, du personnel des hôpitaux, des collectivités locales, des enseignants, bref, de toutes ces sentinelles républicaines qui ont su répondre à l’horreur par leur émouvante mobilisation.

Double visage, également, avec d’un côté la poussée des replis communautaires, sociaux ou culturels et de l’autre ces portes qui s’ouvrent, ces dons du sang qui affluent, ces immenses rassemblements citoyens, les musulmans givordins qui illuminent de bleu/blanc/rouge leur mosquée ou encore le président de l’APCA qui annule sa soirée, en disant que l’on ne fait pas la fête les jours de deuil et en offrant les 350 repas aux retraités de notre ville.

Double visage encore avec les faiseurs de haine qui manipulent les réseaux sociaux, pour détruire et diffamer et de l’autre, tous ces militants de l’intérêt général et du bien vivre ensemble

Double visage enfin avec d’un côté l’extrémisme politique qui plonge ses racines dans les plus bas instincts du racisme et de la xénophobie, et de l’autre, ces mobilisations citoyennes qui tendent la main à chacune et à chacun et notamment aux plus fragiles d’entre nous.

Mesdames, Messieurs,

Lors de la révolution française, proclamer : « liberté, égalité, fraternité » c’était exprimer une vision d’avenir.

Aujourd’hui ces mots inscrits aux frontons de nos mairies sont devenus intolérables pour ceux qui souhaitent faire reculer nos sociétés dans un monde redevenu archaïque.

Parce que le terrorisme veut tuer la liberté, il nous faut répondre par plus de liberté de penser, par plus de liberté de croire ou de ne pas croire et par plus de liberté de vivre comme on le souhaite et avec qui l’on veut.

Parce que ce système basé sur la finance internationale veut tuer l’égalité, il est essentiel de créer les conditions d’une égalité de droits et de devoirs en sachant écouter l’intérêt général tout en prenant en compte les handicaps, le vieillissement et toutes les formes d’isolement et de précarisation.

Parce que le racisme veut tuer la fraternité, il est essentiel de constamment réaffirmer qu’il n’existe qu’une seule communauté, c’est la communauté humaine.

Il y a plus de 100 ans, Victor Hugo et Jean Jaurès eurent le talent et le courage de donner une vision universelle de nos valeurs républicaines.

Il y a 70 ans la France libre du Général De Gaulle, celle des maquis et de la résistance eut la lucidité et le courage de dire non au nazisme et au fascisme.

Ainsi, dans des contextes bien différents, toutes ces générations ont participé à la construction de notre république laïque afin qu’elle soit constamment tournée vers le progrès et la justice sociale.

Aujourd’hui, dans ce monde particulièrement chaotique, c’est à nous de porter cet héritage et de savoir en être digne.

• Être digne des sacrifices de celles et ceux qui sont morts pour notre liberté en faisant constamment valoir notre droit à l’indignation et en sachant toujours conjuguer le verbe résister au temps présent.

• Être digne des luttes et des acquis sociaux obtenus pour faire progresser l’égalité en ne se résignant ni à la hausse incessante du chômage ni au fait que 8 millions de personnes vivent aujourd’hui en France en dessous du seuil de pauvreté.

• Être digne, en refusant la montée des extrémismes au nom d’une fraternité que nous devons ériger en rempart contre la résurgence des idéologies les plus abominables.

Mesdames, Messieurs, chers amis

Si notre monde n’est pas particulièrement beau, ce qui est beau c’est l’investissement désintéressé de tous ces animateurs de clubs, d’associations, et de syndicats, qui chaque jour, sont dans l’aide et l’entraide.

Ce qui est beau, c’est le sens du service public de tous ces fonctionnaires qui sont applaudis dans les moments tragiques, mais trop souvent critiqués le reste du temps.

Ce qui est beau, c’est l’investissement de tous ces responsables de petites et moyennes entreprises qui affichent leur souci du développement territorial et de l’emploi.

C’est qui est beau, c’est le sens de l’intérêt général de ces milliers d’élus locaux qui donnent du temps et de l’énergie pour le bien commun, en étant constamment dénigrés.

Oui, ce qui est beau c’est l’écoute et la compréhension, c’est l’absence d’indifférence c’est s’investir pour le bien commun et c’est ce fameux goût des autres qui nous poussent à agir et à vivre comme des êtres humains.

Chers amis,

Dans des périodes aussi complexes, notre devoir de citoyen c’est de rassembler les intelligences, et mobiliser les énergies afin d’éclairer de nouveaux horizons.

• Notre devoir de citoyen c’est de réaffirmer le rejet de tous les fanatismes afin de faire chaque jour, un jour porteur de solidarité et d’humanité.

Imaginons, imaginons ce que serait 2016, si les citoyens ordinaires que nous sommes, additionnaient des gestes anonymes mais exemplaires, et multipliaient des combats quotidiens pour montrer qu’il y a d’autres choix que le rejet de l’autre et d’autres alternatives qu’un monde construit sur les inégalités.

Le Président de la République vient d’annoncer, dans ses vœux, que l’état d’urgence était aussi politique, social et économique.

Je partage ce constat et c’est pourquoi je souhaite que 2016 soit l’année d’une chaîne fraternelle et solidaire faite d’espérance et de projets, mais aussi de curiosité et d’impatience pour des lendemains plus joyeux.

• C’est pourquoi, je souhaite qu’en 2016 la résignation recule devant toutes les injustices, qu’elles se produisent à notre porte ou à l’autre bout de la planète.

• C’est pourquoi, je souhaite qu’en 2016, une attention toute particulière soit portée à notre jeunesse qui, confrontée à un avenir sombre, vote de moins en moins et devient parfois réceptive à des messages de rejet, voire de haine.

Dans ce volontarisme citoyen, Givors ne sera pas en reste et sa légendaire vitalité sera renforcée par une ambitieuse politique de cohésion sociale et urbaine.

Ainsi, le 12 janvier, je signerai, à Givors, avec le Préfet de Région, un nouveau Contrat qui associera l’État, la métropole, la région et notre ville dans le cadre de grands chantiers au centre-ville, aux Vernes, ainsi que de grands chantiers pour le quartier des Plaines.

Dans ce quartier, nous avons déjà décidé la création d’une crèche et d’une maison citoyenne, accompagnées par une rénovation complète des voiries et la création d’un parc, qui en deviendra le véritable poumon vert.

A cette urbanité, nous allons associer l’attractivité économique de notre territoire.

Dans les multiples réunions auxquelles je participe, j’explique toujours que Givors est la seconde confluence de la Métropole et qu’à ce titre elle doit bénéficier d’attentions particulières.

Il a fallu du temps et de l’énergie, pour convaincre les différents partenaires et autant de temps et d’énergie pour trouver des financements qui ne viennent pas seulement de la seule poche des Givordins.

Je peux aujourd’hui vous annoncer la construction par la métropole d’un hôtel des entreprises et un projet économique privé sur le site de l’ancienne verrerie.
Ces 2 projets n’étant d’ailleurs plus des projets puisqu’ils ont déjà fait l’objet de compromis de vente.

• C’est aussi avec plaisir que je peux vous annoncer l’arrivée d’une importante structure culturelle privée qui apportera une offre nouvelle et de qualité pour Givors et ses environs.

Sur ce dossier également, il a fallu du temps et de l’énergie et de multiples réunions à Paris, pour convaincre de la pertinence de notre territoire.

Finalement, notre ville de Givors a elle aussi un double visage.

D’un côté, la situation sociale et précaire d’une partie importante de sa population, situation malheureusement aggravée par la baisse des dotations de l’État, et de l’autre une ambition sans cesse renouvelée de la part de celles et ceux qui aiment véritablement cette ville et sa population.

C’est justement parce que la situation est difficile que nous sommes ambitieux.
Ambition que chaque jour nous partageons avec tous nos partenaires publics et privés qui nous font tous le plaisir d’être parmi nous ce soir.

Mesdames, Messieurs

Dans ses réflexions sur la démocratie, Tocqueville écrivait : « Un monde nouveau a besoin d’une nouvelle politique ».

Je partage cet avis, que je complèterai par une citation de Gramsci qui écrivait :
« Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur naissent les monstres ».

Les monstres nous les connaissons, ils sont malheureusement de nouveau à l’œuvre en France et à travers le monde.

Une triste réalité, un constat amer que nous devons résolument combattre d’une part parce que personne ne peux s’exonérer de ses propres responsabilités et d’autre part parce que chacun d’entre nous représente une partie de la réponse collective qui donnera du sens à un nouveau projet de société crédible et redonnera enfin le goût de l’engagement citoyen.

• Cet engagement citoyen qui doit permettre à chacun de donner son avis, comme la votation citoyenne que nous venons d’organiser sur la question de l’éclairage public.

• Cet engagement citoyen qui doit permettre non pas de créer des héros, mais tout simplement de valoriser des êtres humains qui prennent soin tant de leurs contemporains que de nos belles valeurs républicaines

Mesdames, Messieurs,

Si le pire est toujours possible, le meilleur peut l’être également, si nous sommes capables de nous engager dans la construction de ce monde nouveau et ainsi de donner raison à Aragon qui a si bien écrit : « Le monde sera beau, je l’affirme et je signe ».

En matière d’optimisme, je ne pouvais pas mieux terminer ce discours des vœux et vous remercie de votre écoute et vous adresse une nouvelle fois mes meilleurs vœux pour 2016. »

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