Mes voeux de paix, de solidarité, de luttes et d’audace pour 2017

img_4995La cérémonie des voeux de la municipalité de Givors s’est déroulée ce soir en présence de plus de 600 personnes.

Retrouvez ci-dessous le discours que j’ai prononcé pour cette nouvelle année 2017 :

Mesdames et messieurs chers amis,

Nous sommes heureux de vous accueillir pour cette traditionnelle cérémonie des vœux qui, cette année, sera placée sous le signe de la résistance à la brutalité de ce monde et à l’indispensable audace pour en faire émerger ce qu’il a de meilleur.

Les 12 mois qui viennent de s’écouler ont une nouvelle fois agressé nos sociétés et abîmé notre Humanité :
● Les actes monstrueux et terroristes à Nice, à Saint Etienne du Rouvray, à Berlin et récemment à Istanbul,
● Les massacres méthodiques des populations à Alep et dans de trop nombreuses autres parties de la planète,
● La poursuite des naufrages silencieux des migrants en Méditerranée.
Incontestablement, le monde a de nouveau connu l’une des années les plus noires et les plus désespérantes de cette décennie.

img_5002Face à cette folie meurtrière, l’émotion et l’indignation aussi légitimes soient-elles, ne sont que de maigres réponses, qui ne cachent ni la tiédeur ni le cynisme d’une communauté internationale aussi prompte à communier dans le chagrin, que trop souvent paralysée quand il s’agit de s’attaquer au mal qui met en péril nos démocraties.
● Jamais, dans les trois dernières décennies, nous n’avons vécu de tels actes barbares,
● Jamais le pessimisme n’a été aussi important,
● Et jamais la suspicion et la défiance dans la vie publique n’ont alimenté un tel climat de populisme, de violence et d’exclusion.

Dans cette période complexe, nous sentons bien que le socle de nos valeurs républicaines est fissuré par mille et une fêlures qui se rejoignent quotidiennement pour former une immense fracture sociale et sociétale.
Face à une situation que beaucoup qualifient d’explosive, il est temps de redonner du sens et du contenu à nos valeurs républicaines :

La liberté d’abord

● La liberté de travailler et de pouvoir vivre de son travail alors que galopent le chômage et la précarité,

● La liberté de se loger alors que la fondation Abbé Pierre recense 15 millions de personnes touchées par la crise du logement,

● La liberté de penser, la liberté de croire ou de ne pas croire, et surtout la liberté de pouvoir exprimer ses doutes comme ses convictions au moment où la laïcité fait l’objet de tous les détournements possibles,

● Et enfin la liberté de se soigner, d’éduquer les enfants, et de se cultiver alors que les services publics font l’objet d’attaques incessantes et d’autant plus regrettables qu’ils sont le seul bien de ceux qui n’ont pas de biens.

L’égalité ensuite

● L’égalité qui devrait donner à chacun les mêmes droits pour réussir sa vie mais aussi les mêmes devoirs et les mêmes règles à respecter,

● L’égalité homme/femme qui reste encore trop souvent une vague promesse,

● L’égalité sociale et territoriale qui devrait empêcher la formation de ghettos de précarité dans certaines villes alors que d’autres territoires cumulent une insolente richesse.

La fraternité enfin

● Cette fraternité que nous sublimons car elle fait vibrer ce qu’il y a de meilleur en chacun d’entre nous mais qui est si souvent mise à mal, car il est toujours plus facile de rejeter la faute sur les autres.

Rejeter la faute sur :
– Les élus qui seraient tous pourris,
– Les chômeurs qui seraient des assistés et des profiteurs,
– Les fonctionnaires et leurs soi-disant privilèges,
– Et bien sûr les immigrés, leurs enfants voire leurs petits enfants, en permanence rendus responsables de tous les maux de notre société.

Liberté, égalité, fraternité, ces valeurs républicaines adoptées avec la Révolution française, sont nées pour êtres audacieuses et elles ont su traverser les siècles, en étant sublimées par tout ce que la France a enfanté de grands esprits et de grands humanistes.

Renouer aujourd’hui avec cette audace républicaine ne se réalisera pas seulement en répétant le mot  » République  » dans chacun de nos discours mais grâce à des actes forts et audacieux afin d’inciter le plus grand nombre à prendre sa part de responsabilité dans la construction d’un autre monde.

Finalement, le choix est dramatiquement simple.

● Parce que le terrorisme veut tuer la Liberté, il faut oser plus de Liberté de penser et plus de liberté de vivre.

● Parce que le fossé des inégalités tue l’égalité, il faut oser recréer les conditions d’une communauté de destin, grâce à un partage plus équitable des richesses.

– Il n’est pas inutile de rappeler qu’ 1% de la population mondiale détient plus d’argent que les 99 autres pour cent et que dans notre pays, 9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté et, parmi elles, 3 millions d’enfants.
– Il n’est pas inutile de rappeler que la fortune du fondateur de LVMH vient de passer de 7 à 39 milliards d’euros sans provoquer de grandes interrogations, alors que ceux de nos concitoyens, qui touchent quelques centaines d’euros par mois au RSA, sont montrés du doigt car ils abîmeraient l’économie de notre pays.

● Et enfin parce que le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie veulent tuer la fraternité, il faut oser réaffirmer que la seule communauté qui existe, c’est la communauté humaine, et il faut oser publiquement contredire ceux qui refusent l’accueil de ces enfants, de ces femmes et de ces hommes qui fuient les bombes, la torture et les viols comme nos grands-parents fuyaient en 1940 les atrocités nazies.

Chers amis,

Dans des périodes aussi complexes, notre devoir de citoyen c’est de rassembler en faisant appel à l’intelligence et à l’humanité de chacune et chacun.

Il y a cent ans, la guerre faisait rage en Europe, en Orient, en Afrique, en Asie et jusqu’aux confins de l’Océanie.
Et pourtant, dans ce cataclysme mondial, il y a eu des passeurs d’espoir et des porteurs d’utopies.
Espoir dans la fin de cette première guerre mondiale qui a décimé toute une génération et utopie dans la volonté de construire une société sans classe dans l’ancienne Russie tsariste.
Malheureusement, 20 ans plus tard, le fascisme et le nazisme recréaient un conflit encore plus meurtrier, poussant une nouvelle fois la planète au bord du gouffre.

Et que dire de la belle utopie née en Russie, emportée par les mêmes maux qu’elle avait souhaité combattre.

Les reculs, les erreurs, les échecs aussi douloureux soient-ils, sont malgré tout instructifs, car ils montrent qu’il est toujours possible de bousculer ce qui paraît immuable lorsque l’on ose prendre sa part dans la construction d’un monde fraternel et solidaire, d’un monde fait d’espérance et d’impatience pour des lendemains plus joyeux.

Voila pourquoi, il nous faut avoir de l’audace et oser afin que 2017 ne soit pas une nouvelle année de terreur.

OSER souffler sur les voiles de la liberté, de l’égalité et de la fraternité,

OSER rappeler que la laïcité est une loi d’apaisement qui reconnaît des droits à chacun tout en lui conférant des devoirs,

OSER dépasser nos egos, nos rancœurs, et nos égoïsmes afin de construire, au quotidien, une société faite par et pour l’humain.

En définitive, mesdames et messieurs,

● Il nous faut OSER être les enfants d’Emile Zola quand il a écrit « j’accuse » afin de défendre le capitaine Dreyfus, injustement condamné parce qu’il était juif,

OSER être les enfants de Jean Jaurès qui paya de sa vie sa lutte pour la paix,

● OSER être les enfants du Général De Gaulle quand il refusa de livrer la France à l’Allemagne, ce qui lui valut la déchéance de la nationalité Française,

● Et enfin OSER être les enfants de Nelson Mandela qui passa 25 années de sa vie dans un bagne parce qu’il dénonçait et combattait l’odieux régime de l’apartheid en Afrique du Sud.

Mesdames, messieurs,

Bien souvent, nous pensons que seules de grandes personnalités peuvent faire l’Histoire et que seuls les grands moments sont porteurs d’avancées.
C’est une idée séduisante, mais c’est une idée dangereuse, dangereuse, car elle pousse à attendre que les autres fassent à notre place et elle favorise l’immobilisme dans l’attente du résultat d’une élection ou d’un hypothétique grand soir.
Depuis longtemps déjà, je suis convaincu que chaque être humain peut être un grand homme ou une grande femme et que chaque moment peut être un grand moment.

● Un grand moment grâce aux luttes permanentes qu’il nous faut mener, comme nous le faisons actuellement pour dire que Givors à « aussi droit à son cinéma  » ou comme nous le faisons régulièrement pour être entendus et respectés à tous les étages de notre République.
● Un grand moment grâce à l’aide et à l’entraide que l’on peut apporter aux plus fragiles, comme nous le faisons à Givors avec notre politique tarifaire solidaire et comme le pratiquent quotidiennement les personnels hospitaliers, les policiers, les pompiers et plus généralement tous les défenseurs du service au public.
● Un grand moment grâce à l’acte banal réalisé par des femmes et des hommes ordinaires comme le font ces centaines de bénévoles qui agissent dans la multitude des clubs, et associations de Givors.

Cette saine ambition, ici à Givors, nous la partageons chaque jour avec tous nos partenaires publics et privés afin de répondre le mieux possible aux problématiques rencontrées mais aussi pour redonner, à chacune et à chacun, le goût de l’engagement citoyen.

Mesdames, messieurs,

Les commentateurs sont unanimes, une page de notre histoire se tourne actuellement sous nos yeux.

Désenchantés par une gauche qui n’a pas pu améliorer les conditions d’existence et effrayés par une droite qui promet de nouveaux sacrifices, de nombreux électeurs ont la tentation de se tourner vers les extrêmes, comme l’ont fait nos voisins britanniques avec le Brexit ou les partisans de Donald Trump aux Etats-Unis.

Si l’Histoire ne se répète pas dit-on, elle a parfois la mémoire courte et il est toujours nécessaire, pour les démocrates que nous sommes, de rappeler le danger de l’extrémisme.

 » Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair obscur naissent les monstres » disait Antonio Gramsci.

Les monstres nous les connaissons, ils sont malheureusement à l’œuvre en France, en Europe et à travers le monde, montrant la réalité crue et la nature profonde de l’extrémisme, qu’il soit politique, économique ou religieux et qui jamais n’apporte jamais autre chose que l’égoïsme, le repli sur soi, le rejet des différences et la désolation pour le vivre ensemble.

Dans ce climat particulièrement pesant, j’ai décidé cette année de terminer mes vœux par des vœux d’espoir que j’ai emprunté à Jacques Brel :

« Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.
Je vous souhaite des passions, des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants,
Je vous souhaite de respecter les différences des autres parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir,
Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque,
Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à l’aventure, à la vie et à l’amour car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille,
Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux car le bonheur est notre destin véritable.

Mesdames et messieurs,

Ce qui semblait encore impensable, hier, se déroule aujourd’hui sous nos yeux.
Comme souvent dans les périodes compliquées, la France et le monde peuvent avoir deux visages :
– Le visage de l’égoïsme, du repli sur soi et pour certains de la haine.
– Mais aussi le beau visage de la solidarité que l’on se doit entre êtres humains et celui ô combien nécessaire de la fraternité et de l’indispensable égalité, de la paix et de la démocratie.
En définitive, il nous faut tout simplement penser, agir et vivre comme des êtres humains afin de montrer qu’un autre monde est possible et nécessaire.

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