Ne pas réduire mais développer les trains Intercités

Trains IntercitésIl y a plus d’un mois, mardi 14 avril, j’ai été auditionné comme vice-président de l’Association des Maires de France sur l’avenir des trains d’équilibre du territoire (TET) par la commission, présidée par le député Philippe Duron, chargée de remettre des propositions au gouvernement.

Mardi 26 mai, la commission « TET d’avenir » a remis son rapport au secrétaire d’État chargé des Transports, Alain Vidalies, qui a salué un rapport qualifié de « socle solide » sur lequel s’appuyer pour construire « les TET de demain ». Il a annoncé que les « premières décisions » seraient prises dès le mois de juin.

Si je partage comme tous les acteurs du rail le diagnostic établi par la commission Duron, celui d’un réseau délaissé suite à des décennies de baisse des moyens pour ce mode transport, je m’inquiète très fortement des solutions et préconisations contenues dans le rapport comme l’ensemble des élus, des populations et des territoires de notre pays.

● Alors qu’il faudrait que tous les territoires et toutes les populations bénéficient équitablement d’un service de transport ferroviaire moderne et performant, les préconisations de la commission Duron consacrent malheureusement une fracture territoriale et une désertification de nos régions, avec la suppression de certaines lignes desservant des pans entiers de territoire bénéficiant déjà peu des transports en commun.
Je serai extrêmement vigilant, comme vice-président de la Métropole de Lyon en charge des déplacements et de l’intermodalité, à ce que l’offre de trains Intercités dans la Métropole et dans la région Rhône-Alpes/Auvergne ne soit pas diminuée.

● Alors qu’il faudrait une véritable politique nationale du rail permettant une égalité d’accès à la mobilité, je dénonce la volonté de transférer massivement des lignes et des matériels en état de déliquescence, aux nouvelles régions. C’est un désengagement supplémentaire insupportable de l’État aux collectivités territoriales que sont les régions. Les baisses cumulées des dotations d’État (-28 milliards d’euros d’ici 2017) asphyxient déjà les collectivités territoriales et ne leur permettent plus d’assumer leurs missions, notamment pour les régions qui se sont vu confier la gestion des Trains Express Régionaux et qui peinent à réaliser un service public qui réponde aux besoins croissants des populations.

Carte Trains Intercites - Rapport DuronAvant tout transfert des TET aux régions, un audit indépendant doit être réalisé pour évaluer objectivement le montant de la compensation qui sera due aux régions par l’État en cas de substitution.

● Alors qu’il faudrait faire des transports collectifs une priorité nationale permettant de mettre à disposition une véritable alternative au tout routier afin de lutter contre le réchauffement climatique et participer à la préservation de notre planète, le rapport Duron préconise de remplacer par des bus certaines lignes supprimées, dans le droit fil de la dérive routière inscrite dans la loi Macron.

● Alors qu’il faudrait engager une véritable réforme du financement des trains Intercités de France, qui accusent un déficit de 330 millions d’euros (avec une dette cumulée du système ferroviaire estimée à près de 44 milliards d’euros), je déplore que ni la réforme du ferroviaire votée en août 2014, ni les travaux de la commission Duron ne se sont penchés sur le financement du rail, alors même que l’État français n’y participe qu’à hauteur de 32%, contre 90% en Suède ou 50% en Allemagne.

Les travaux de la Commission se sont malheureusement cantonnés aux cadres imposés par le gouvernement : réduire la dépense publique, donc baisser les moyens alloués par l’Etat au déficit du système ferroviaire, et privatiser le secteur en l’ouvrant à la concurrence ferroviaire.

● Et pourtant, il est évident que des moyens nouveaux et des financements sont à rechercher pour permettre au service public ferroviaire de se développer : taxation des autoroutes et des entreprises pétrolières, livret d’épargne populaire permettant le financement et l’entretien des infrastructures ferroviaires, ou encore la possibilité de prêts à taux zéro pour les régions et la SNCF…

Mais il faut une véritable ambition politique.

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