Ne sacrifions pas l’avenir des Trains Express Régionaux

TER Rhone AlpesDans l’édition du « Progrès » du 2 octobre dernier, le Président de la Région Rhône-Alpes jugeait inacceptables les propositions de la SNCF devant s’inscrire dans la nouvelle convention d’exploitation des TER liant la Région et la SNCF.

Sa critique majeure : une réduction de l’offre pour les usagers et une augmentation des charges pour la Région.

Si M. Queyranne rappelait l’impératif d’améliorer la qualité du fonctionnement existant, je suis convaincu que, en plus de cet impératif, c’est le développement du réseau et la multiplication des trains que la Région doit revendiquer.

En effet, entre la progression du trafic TER (+3% sur les premiers mois de 2015) et l’objectif primordial de développer une véritable alternative à la voiture, aucun recul sur le transport public ferroviaire ne peut être accepté. Nous ne pourrons tolérer que des TER puissent disparaître alors que le transport ferroviaire devrait être l’un des leviers majeurs de la transition écologique. Alors que le Grenelle de l’environnement avait décidé de porter d’ici à 2022 la part du transport alternatif à la route de 14 % à 25 %, nous en sommes aujourd’hui à… 10 %.

Les dernières mesures prises concernant le secteur des transports collectifs sont à cet égard dramatiques, avec une nouvelle étape dans le désengagement de l’Etat sur le dos des collectivités locales et des populations, générant de graves pertes de recettes et une fragilisation supplémentaire pour les différentes autorités organisatrices des transports collectifs : hausse de la TVA, démantèlement des trains Intercités, mise en concurrence des TER par les cars privés avec la loi Macron…

Depuis des années, les élus de Givors demandent un développement des TER pour répondre aux besoins des habitants et aux enjeux environnementaux : la réouverture de la ligne TER Givors/Brignais/Lyon Saint Paul, la création d’une liaison TER Givors/Vienne, l’ouverture au trafic voyageur de la ligne rive droite Givors/Condrieu.

Si le Contrat de Plan Etat Région démontre clairement la volonté de l’Etat de soutenir financièrement des projets alternatifs à la voiture, le gouvernement ne peut pas dans le même temps menacer ce service public et la filière industrielle ferroviaire qui représente 25 000 emplois directs.

Nous devons sortir de cette spirale infernale où l’absence d’offres supplémentaires dégrade le service rendu aux usagers qui se détournent du ferroviaire réduisant alors les recettes et empêchant le développement de l’offre. La SNCF ne peut pas se replier sur les dessertes rentables qui serait une intolérable remise en cause du service public.

Le rail est un bien commun

Et, pour cela, plusieurs orientations politiques sont impératives comme, par exemple :
– instaurer une taxe sur les bénéfices des sociétés d’autoroute pour financer le rail,
– rendre le réseau et la tarification ferroviaire attractifs,
– ou encore renforcer la tarification sociale et tendre vers l’accès libre aux transports publics.

A l’échelle régionale, il est impératif de rappeler les obligations de la SNCF et, dans le cadre de la prochaine convention, d’imposer une relation plus équilibrée avec la Région pour empêcher que la SNCF puisse prendre des décisions unilatérales.
Cette nouvelle convention devra répondre tant aux enjeux environnementaux de nos territoires qu’aux enjeux sociaux comme le renforcement des comités de ligne et l’arrêt de la baisse des effectifs.

Nous ne pourrons tolérer que la qualité du service public et les enjeux environnementaux puissent être fragilisés au nom d’une politique qui ne fait qu’ajouter de l’austérité à l’austérité.

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