Remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre national du mérite à Louis Levêque

Remise des insignes de Chevalier dans l'ordre national du mérite à Louis LevêqueJ’ai eu le plaisir de remettre, vendredi 19 juin, les insignes de Chevalier dans l’ordre national du mérite à mon ami et camarade Louis Levêque, en présence de Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, Nicole Gay, adjointe au maire de Lyon, présidente du groupe Lyon gauche Solidaires, Hubert Julien-Lafferière maire du 9e arrondissement, de nombreux élus et proches du récipiendaire.

Ce militant de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, de la CGT et du Parti Communiste Français a aussi été un élu de grande qualité toujours soucieux de l’intérêt général.
Un homme simple et chaleureux, ouvert aux autres, respectueux des différences, solidaires de toutes les souffrances et combattant infatigable de toutes les injustices.
Dans une société qui a malheureusement tendance à catégoriser les êtres humains, bien malin celui qui saura trouver la part du croyant et celle du communiste dans cette vie militante passée au service de l’être humain.

Retrouvez ci-dessous mon discours :

Monsieur Le Sénateur-Maire,
Monsieur Hubert Julien-Lafferière, maire du 9e arrondissement,
Madame Nicole Gay, adjointe au maire de Lyon,
Mesdames et Messieurs les élu(e)s,
Mesdames et Messieurs,

Cher Louis,
Si en quelques mots, je devais caractériser ton parcours, ce serait, pour paraphraser le titre d’un film magnifique « le goût des autres ».

Le goût des autres, non pas seulement pour dévoiler publiquement ta gourmandise et ton penchant prononcé pour la pâtisserie, mais plutôt pour caractériser ton sens de l’humain, qui sans nul doute est le fil, forcément rouge, de ta vie.

Tu es né à Lyon et tu es l’aîné d’une fratrie de 5 enfants, éduqués par des parents qui ont su transmettre à leurs enfants des rapports humains et les valeurs de loyauté et de respect des autres.

Je salue la présence de
• Monique, ta maman,
• Denise, ton épouse,
• ainsi que de tes frères et sœurs, Chantal, Marie-Claire et Jean-Pierre et bien sûr Michel, avec qui j’ai passé de nombreux moments revendicatifs et festifs.

Louis, dès ta prime jeunesse, tu as fait preuve d’un sens prononcé des responsabilités et de l’ouverture aux autres.
Croyant, non pas à cause d’une prédestination de ton nom, mais surtout par souci de l’humain, tu entres au petit séminaire pour devenir prêtre.

Un habit que tu n’endosses finalement pas, car la vie est complexe et bien souvent les carrières les plus prometteuses se modifient au hasard des rencontres.

Rencontres qui te poussent à faire évoluer tes choix, sans toutefois dévier de tes valeurs et de ta croyance.

Tu entres ainsi à l’Oratoire pour devenir instituteur en école privée, et tu y exerces le beau métier d’enseignant auprès des enfants en difficulté.

Antimilitariste et objecteur de conscience convaincu, tu adhères en 1974 à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, qui marque le départ d’une nouvelle réorientation de ta vie.

Tu découvres le monde ouvrier, l’exploitation et les conditions de travail déplorables, mais heureusement tu découvres, en parallèle, la solidarité et les luttes contre les injustices.

Devenu responsable de la JOC, tu décides de passer des estrades de l’enseignement aux établis de l’usine et tu deviens métallo dans une fonderie.
Une terre de mission en quelque sorte.

A défaut de la chaleur humaine des enfants, tu vas désormais côtoyer la chaleur ouvrière mais aussi, celle bien moins agréable, des fours qui assèchent les énergies et font vieillir prématurément.

Ces abominables conditions de travail te confortent dans cette idée généreuse « qu’un travailleur vaut bien plus que tout l’or du monde ».

Tu adhères à la CGT en 1976, tu crées une section syndicale et tu vis tes premières luttes et enregistres tes premières victoires, qui comptent parmi les plus beaux souvenirs, comme le savent bien ceux qui se sont construits par le mouvement syndical.

Ton sens de l’engagement, tes capacités réflexives et tes qualités humaines sont vite appréciés par tes camarades qui te confient de plus hautes responsabilités syndicales, dans l’entreprise mais aussi à la Région et à la fédération Cgt des métaux.

C’est à cette époque et dans ce climat d’effervescence que tu rencontres Denise.

Une rencontre avec celle qui allait devenir ton épouse et, je dirai, la pépite de ta vie puisque vous avez eu la bonne idée de vous connaître à l’Eldorado.

C’est le début d’un programme commun, qui a, plutôt mal commencé, car il vous a fallu pousser une vieille 403 mais qui a l’évidence ne se termine pas aussi dramatiquement que l’autre.

Vous vous mariez le 10 septembre 1977, jour historique s’il en est

Chacun le sait, c’est un 10 septembre (422) que Célestin 1er devint pape, et qu’il proposa, pour la première fois de l’histoire, la crosse comme insigne de l’autorité épiscopale oubliant opportunément que d’autres outils, il est vrai repris plus tard par d’autres, auraient pu faire l’affaire.

Et de votre union avec Denise, arriveront 3 garçons et 2 petits-enfants.

En 1979, tu adhères presque naturellement au parti communiste français, où tu assumes rapidement des responsabilités importantes comme secrétaire de section de Lyon ou comme responsable de la fédération du parti communiste du Rhône.

Après avoir été tout feu tout flamme dans la chaleur de la forge, tu es embauché en 1983 à EDF-GDF, où tu décides de mettre beaucoup d’énergie dans tes engagements syndicaux, politiques et associatifs.

Durant toutes ces années, tu conjugues en permanence, combativité, disponibilité, écoute et respect des autres grâce à ton sens de l’humain et à une intelligence politique constamment mise au service de l’intérêt général.

Pourtant à l’époque tout ne fut pas toujours facile.

La réalité des organisations, l’absence de droits et la dureté des combats étaient marquées par des positionnements qui ne favorisaient pas toujours cet esprit d’ouverture et de dialogue qui te caractérise, toi, par dessus tout, aime penser par toi-même, faire preuve d’imagination et refuser toute forme de dogmatisme et de caporalisme intellectuel.

Plus de 30 ans après, les organisations souffrent encore plus, les difficultés assaillent de très nombreux territoires et une partie importante des populations vit dans la précarité, ce qui provoque, encore plus qu’hier, un resserrement et un appauvrissement de la pensée qui favorisent inévitablement la poussée des pires extrémismes.

Plus tard, ta riche expérience, tes nombreuses relations, et tes compétences, ont conduit le Parti Communiste Français à te proposer d’être candidat, sur la liste d’union et de rassemblement conduite par Gérard Collomb qui, événement historique, réussit à faire basculer Lyon, à gauche en 2001.

Ainsi cette vieille ville gérée sans discontinuité par les radicaux, le centre et la démocratie chrétienne se dotait d’un maire de gauche et d’une majorité ouverte à des élus communistes.

Tu deviens adjoint au maire de Lyon, en charge de la politique de la ville et du logement.

Une responsabilité difficile dans le cadre d’une importante délégation que tu as su mettre en œuvre avec des compétences, nourries de tes valeurs de combativité, de solidarité, d’équité mais aussi, et c’est particulièrement important en politique, de loyauté tant dans tes idées que dans la majorité à laquelle tu appartenais.

« L’habitat n’est pas qu’un toit, c’est l’habiter qui est aussi un enjeu. Il est la condition d’une vie autonome, de la construction de soi, de la possibilité de s’épanouir et de se projeter. Il est une condition de simplement de vivre ».

Voila ce que tu disais lorsque tu as été élu et c’est ce qui a été le fil conducteur de ton action et que je reprends bien évidemment aujourd’hui à mon compte comme tout nouveau président de l’office public de l’habitat de la métropole :

• avoir le souci permanent de l’accès au logement pour tout un chacun,
• porter une vision globale afin de créer une offre résidentielle suffisante, diversifiée et mieux répartie territorialement
• développer une offre de qualité qui réconcilie l’humain et l’urbain dans un souci exigeant du développement durable,
• soutenir les filières de construction pour soutenir l’activité et l’emploi,
• conjuguer le développement urbain et démographique avec le développement des transports collectifs et des services publics, pour améliorer la vie quotidienne.

Tels sont les principaux leviers de la politique du logement que tu as portée de façon audacieuse et progressiste mais aussi de façon pragmatique et combative et toujours de façon humaine et respectueuse des partenariats et des différences.

Aux côtés de Gérard Collomb, de Bruno Polga, d’Yves Blein et de nombreux élus de l’agglomération, tu t’es ainsi dépensé sans compter et de votre collaboration est né

• La carte des priorités, imposant 20% de logements sociaux dans les programmes neufs,
• la mise en œuvre du fichier commun dans le logement social,
• ou encore l’action pour la réduction des inégalités.

Tu as également suivi les grandes opérations de Renouvellement Urbain à La Duchère et à Mermoz et toutes les programmations financières annuelles au titre de la Politique de la Ville qui t’ont souvent fait rencontrer Givors.

Voilà pourquoi, mon cher Louis, tu as marqué de ton empreinte ce secteur essentiel pour le lien social et le vivre ensemble.

Une action d’autant plus remarquable que chacun connaît le contexte très difficile de crise du logement dans notre pays avec les inégalités et les exclusions qui tendent à s’aggraver.

Si aujourd’hui, le volontarisme de la métropole de Lyon estompe cette réalité, nous pouvons nourrir de vives inquiétude face à la raréfaction préoccupante de l’argent public et les grandes difficultés financières des collectivités locales.

Louis, après tant d’années de luttes et de responsabilités, tu es à présent à la retraite, mais bien loin d’être inactif :

Tu restes engagé dans de nombreux combats, dont celui pour la défense des Droits humains et particulièrement celui des Droits des Femmes, avec toujours ce souci permanent de l’action concrète aux côtés de tous et plus particulièrement des plus fragiles et des plus vulnérables.

Aujourd’hui, ta famille et tes amis t’entourent avec fierté car, à travers toi, chacune et chacun se sent un peu honoré par cette haute distinction républicaine.

o Une haute distinction républicaine qui reconnaît les mérites et l’apport d’un élu local qui a toujours travaillé pour la chose publique, l’intérêt général et sa ville, en le faisant de façon désintéressée.

o d’un militant qui, dans l’exercice de ses différentes responsabilités, a multiplié les interventions pour essayer de faire changer le cours des choses,

o d’un communiste qui a joué et qui joue un grand rôle dans son parti pour promouvoir une vision renouvelée tant de l’action militante que du rassemblement qui se doit d’être à la fois ouvert et exigeant,

o d’un citoyen lyonnais qui a toujours porté en lui l’amour de cette ville et de ce territoire,

o Et enfin une haute distinction qui reconnaît les mérites et l’apport de l’enfant que tu étais, de l’époux et du père devenu et tout simplement de l’Homme dont tout le parcours et tous les engagements ont placé l’être humain au centre de toute les préoccupations.

Simple et chaleureux, ouvert aux autres, respectueux des différences, solidaire de toutes les souffrances, combattant de toutes les injustices, tu essaies en permanence de tisser du lien social et d’aider ton prochain en refusant l’inacceptable.

Dans une société qui a une regrettable tendance à catégoriser les êtres humains, bien malin, celui qui saura trouver la part du croyant ou celle du communiste dans cette vie militante, passée au service de l’être humain.

Louis, je te remercie de m’avoir proposé cette remise des insignes de Chevalier dans l’Ordre National du Mérite car c’est pour moi, car c’est pour nous, un moment de trop rare fraternité.

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