Urgence pour les hôpitaux de proximité : Ma lettre au Président de la République

Urgence pour les hôpitaux de proximiteEn ma qualité de maire, président du Conseil de surveillance du centre hospitalier de Givors et de vice-président de l’Association des Maires de France, j’ai tenu à alerter le Président de la République

– sur la situation d’extrême fragilité que connaissent les hôpitaux de proximité de notre pays depuis plusieurs années,

– et sur le risque de voir se dégrader la qualité des soins apportée aux patients, notamment suite au projet de loi de santé, en débat à l’Assemblée nationale, préconisant 3 milliards d’euros d’économies pour les hôpitaux publics.

Le centre hospitalier de Givors, hôpital de proximité rayonnant sur un important bassin de vie au sud de la Métropole, a été menacé de fermeture en 1995 puis en 2006, mais il est aujourd’hui en pleine dynamique de modernisation.

A la suite d’importantes mobilisations du corps médical, des personnels hospitaliers, des élus et des populations, des décisions courageuses et novatrices ont été mises en œuvre autour d’un nouveau projet médical d’établissement qui a permis

– l’installation d’un scanner et la création de nouveaux services,
– la construction d’un nouveau bâtiment de médecine inauguré en octobre 2013,
– l’implantation d’un centre de recherche international en décembre 2013,
– un pôle gériatrique en construction qui sera inauguré fin 2015,
– une maternité renommée en plein développement avec le doublement du nombre de naissances en quelques années,
– et un développement important de l’activité d’année en année.

Autant d’atouts qui font du centre hospitalier de Givors un bel exemple d’un hôpital de proximité capable de démentir la fatalité et de se renouveler, en pleine concertation avec l’ensemble des personnels, et avec un véritable projet médical de territoire en partenariat avec les acteurs sanitaires locaux et l’agence régionale de santé qui a soutenu financièrement cette reconversion à hauteur de 21 millions d’euros (sur un total d’investissement de 49 M€).

Cependant, ces avancées significatives, qui permettent d’améliorer considérablement la qualité des soins pour les patients du territoire, sont lourdement impactées par des mesures budgétaires et législatives qui handicapent le fonctionnement et la vitalité des hôpitaux de proximité.

Il en va ainsi de la question de la dette qui plombe l’investissement des hôpitaux publics, des problématiques de trésorerie, et des emprunts dits toxiques qui pénalisent leur capacité de financement, comme l’indique un rapport de la Cour des comptes, publié en avril 2014, expliquant que la dette cumulée des hôpitaux publics a triplé en 10 ans pour atteindre près de 30 milliards d’euros.

Si le Centre hospitalier de Givors n’a pas contracté d’emprunts dits toxiques, il n’échappe malheureusement pas à ce contexte avec une situation de trésorerie fragile :

– une dette élevée du fait de ses gros efforts d’investissement : le montant de sa dette, qui va encore croître cette année, représente au 31 décembre 2014, 60% de ses recettes annuelles,
– un rythme d’encaissements des recettes freiné par l’augmentation du nombre des dossiers litigieux.

.Montgelas_mA cela s’ajoute

– la baisse de 1%, décidée par le gouvernement, des tarifs administrés des actes que les hôpitaux facturent à la Sécurité sociale, ce qui baisse automatiquement les recettes des hôpitaux de proximité à activité constante,

– et le projet de loi de santé qui prévoit une baisse des dépenses de 3 milliards d’euros pour les hôpitaux publics, avec des conséquences lourdes, notamment sur les effectifs et l’existence même des hôpitaux.

Par ailleurs, alors que le centre hospitalier de Givors multiplie les initiatives pour se développer afin de rendre le meilleur service de santé publique, il est confronté, comme la majeure partie des centres hospitaliers de petite taille, à un problème d’attractivité en matière de recrutement médical, qui freine le développement de l’activité et dégrade la qualité des soins, notamment dans les disciplines fortement déficitaires en matière d’offres de spécialistes.

Cette problématique financière oblige les directions à des équilibres périlleux entre une réglementation trop souvent éloignée des réalités et la nécessité d’assurer la continuité des soins et la sécurité des patients

Cette situation extrêmement critique pour nos hôpitaux de proximité ne peut plus durer, car c’est toute l’offre sanitaire de nos territoires qui est asphyxiée et menacée, avec le risque majeur de diminuer le service rendu aux populations et d’aggraver les inégalités dans la prise en charge médicale.

Retrouvez ici mon courrier au Président de la République.

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