Vingtième édition givordine du 8 mars pour les droits des femmes

8 mars 2017 Givors

Ce mardi 8 mars, j’étais au théâtre de Givors afin de célébrer la 20e édition givordine de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. En effet depuis 1997, ce sont en moyenne 25 femmes qui ont été mises à l’honneur chaque année.

Une édition particulière cette année, puisqu’elle marquait le 100e anniversaire d’un événement qui a marqué durablement l’histoire de l’humanité :

Il y a cent ans, dans l’empire russe du Tsar Nicolas II, les femmes de Saint-Pétersbourg ont décidé de manifester en direction du palais le dernier dimanche de février du calendrier orthodoxe, c’est-à-dire le dimanche 8 mars. En chemin, elles furent rejointes par les ouvriers des usines qui étaient en grève.

Ce dimanche 8 mars 1917, les femmes de Saint-Pétersbourg ont initié un mouvement qui allait mettre un terme au tsarisme tout en jetant les bases d’une société qui se voulait sans classe.

Ce jour-là, les femmes se sont battues pour les droits de tous.

Ce n’était pas la première fois, ce ne sera pas la dernière, car l’histoire des luttes pour les droits des femmes se confond toujours avec l’histoire des conquêtes politiques et sociales.

Le 5 octobre 1789 ce sont les femmes qui ont fait prendre un tournant majeur à la Révolution française en plaçant Louis XVI sous la surveillance du peuple de Paris, et finalement en l’obligeant à signer la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen.

Si la France peut aujourd’hui s’enorgueillir d’être le pays des Droits de l’Homme, c’est en grande partie aux femmes qu’elle le doit.

Pourtant cette avancée n’a d’abord profité qu’aux hommes ; C’est ce que dénonçait Olympe de Gouges en rédigeant la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne.

Olympe de Gouges militait contre toutes les formes d’oppression et au siècle suivant, Louise Michel luttait contre les préjugés coloniaux.

En 1910, Clara Zetkin propose que « les femmes de toues les pays organisent tous les ans une journée des femmes qui servira en premier lieu la lutte pour le droit de vote ».

Cofondatrice avec Rosa Luxemburg de la Ligue spartakiste, la journaliste allemande est une des pionnières de la lutte féministe internationale.

En un peu plus d’un siècle, de nombreuses avancées ont été obtenues, en France notamment :

– 1907, la loi sur le libre salaire, où les femmes obtiennent le droit de conserver leur salaire ; avant cette date, elles devaient le remettre à leur mari ;

– si Julie-Victoire Daubié fut la première femme à passer son bac à Lyon en 1861, il faudra attendre 1924 pour que ce droit soit reconnu à toutes les femmes ;

– 1925, profitant d’une lacune dans la réglementation, le Parti communiste place des femmes en postion éligible pour les élections municipales. Les élus siégeront jusqu’à l’annulation de leur élection par les tribunaux ;

– 1936, le Front populaire fait entrer des femmes au Gouvernement ;

– 1938, les femmes obtiennent le droit d’avoir des papiers d’identité et de s’inscrire à l’Université ;

– 1944, c’est le droit de vote des femmes ;

– 1965, les femmes peuvent travailler et ouvrir un compte en banque sans avoir l’autorisation de leur mari ;

– 1975, le mari n’a plus le droit de lire le courrier d’une femme ;

– 1980, abolition du viol légal, auparavant nommé « devoir conjugal » ;

– 2000 : loi sur la parité.

8 mars 2017 theatre

Malheureusement, cette marche vers l’égalité reste encore incomplète. Dans son rapport paru le mois dernier sur les salaires dans le monde, le Bureau international du travail souligne que les variations salariales d’un pays à l’autre vont de 0 à 45% (un peu plus de 25% en France).

Il reste malheureusement beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre l’égalité. Pire encore, les progrès qui ont été accomplis sont continuellement remis en cause : le droit des femmes à disposer de leur corps, qui s’exprime par le droit à l’avortement, par l’abolition du viol légal, par le droit de se vêtir comme elles le souhaitent, est aujourd’hui gravement attaqué.

Partout dans le monde, les mouvements réactionnaires reviennent à la charge :

– en Pologne, le gouvernement a voulu interdire l’avortement, et il aura fallu une importante mobilisation des progressistes pour faire reculer le projet ;

– la Russie a dépénalisé les violences conjugales au mois de janvier.

Et même dans les pays où ces droits semblent bien ancrés, le danger est réel :

– le président américain veut remettre en cause le planning familial ou encore le droit à l’avortement, et je passe sur ses propos et comportements sexistes et discriminatoires ;

– en France, les menaces ne sont pas absentes non plus : les mouvements anti-avortements poursuivent leurs campagnes prétendûment pro-vie, et le FN vote systématiquement contre tout progrès pour les droit des femmes au Parlement européen et à l’Assemblée nationale.

● C’est pourquoi il faut rester vigilants et combatifs :

– vigilants pour protéger les droits et libertés gagnées par nos aînés ;

– et combatifs pour continuer le chemin vers l’émancipation et l’égalité réelle entre tous les individus qui composent notre société, quel que soit leur genre, leur origine sociale, ou encore la couleur de leur peau.

Un siècle après le 8 mars 1917, il est toujours nécessaire de lutter particulièrement lorsque les temps sont durs et que les obstacles semblent insurmontables.

La « journée internationale pour les droits de femmes et pour la paix » demeure un moment essentiel pour entretenir la flamme du combat féministe, qui œuvre pour l’émancipation de toutes et tous.

C’est pour cela qu’à Givors, depuis 20 ans maintenant, nous mettons à l’honneur toutes celles qui à travers leurs actions et leur dévouement contribuent à faire avancer les droits des femmes.

a coeur ouvertPour ce 20e anniversaire, la ville de Givors a décidé de donner la parole à une quinzaine de femmes à travers la réalisation d’un ouvrage « À cœur ouvert » conçu et réalisé entièrement par elles et financé par la ville et par l’État.

Merci aux 15 givordines qui ont participé à cet ouvrage, et merci à Gislaine Piegay qui a accompagné, de façon bénévole, les femmes qui le souhaitaient et qui a permis la réalisation de ce livre.

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