Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Je remercie les musiciens de la Philhar pour ce sympathique moment, et je les félicite autant pour la qualité de leur interprétation que pour leur exceptionnelle longévité, puisque la Philharmonie de Givors fête aujourd’hui son 150ème anniversaire.

Comme chaque année, je suis très heureux de vous accueillir pour cette traditionnelle cérémonie des vœux, et avec toute l’équipe municipale, nous vous remercions de votre présence.

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L’année qui vient de s’achever a été marquée par d’importants événements internationnaux.

A l’exemple de la Grèce et de l’Irlande, tous les pays de la zone euro ont mis en place des plans de rigueur qui impactent lourdement la vie quotidienne des populations.

De l’avis unanime, la situation est sérieuse, car cette crise économique, d’une rare ampleur, menace les bases mêmes de l’économie européenne.

Beaucoup, reconnaissent aujourd’hui, que ce système, basé sur la spéculation à outrance, est une véritable machine à broyer l’économie réelle en l’empêchant d’être au service des territoires et des populations, en l’empêchant de créer des valeurs et de l’emploi.

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Si l’économie va mal, il en est malheureusement de même au niveau mondial.

Guerres, terrorisme, répressions, les relations internationales sont toujours aussi désastreuses.

Dans de trop nombreux pays, la liberté et l’égalité ne sont que de vagues promesses et de partout la fraternité est mise à mal par les discriminations, l’intolérance et le racisme.

Cette triste réalité est désastreuse pour les démocraties et particulièrement meurtrière pour les hommes, les femmes et les enfants qui trop souvent paient de leur vie la montée en puissance de tous les fanatismes, qu‘ils soient religieux, économiques ou politiques.

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Notre planète n’est malheureusement pas à l’abri, car elle subit, elle aussi, des assauts qui chaque jour la martyrisent.

En Hongrie, une marée rouge toxique a causé une catastrophe écologique jamais égalée dans ce pays.

Aux Etats-Unis, l’explosion d’une plateforme pétrolière a généré la plus importante catastrophe de l’industrie pétrolière de l’histoire du monde.

Nous savons tous que ces activités humaines, qui se développent sans aucune considération pour notre environnement, engendrent régulierement des catastrophes qui n’ont rien de naturelles mais qui, par contre, ont des conséquences terribles pour la planète.

Des séismes qui ont frappé Haïti et la Chine, à la tempête Xynthia, en passant par les périodes de canicule puis par les périodes de grand froid et enfin par de redoutables inondations, la brutalité des changements climatiques anéantit chaque année la vie de centaines de millions de personnes et causent des centaines de milliers de décès.

Après l’échec du sommet de Copenhague, l’année 2010 a été déclarée par l’ONU "année internationale de la biodiversité" ce qui n’a malheureusement pas empêché la prolifération des projets autoroutiers et l’amplification de la déforestation.

Il devient urgent, qu’au même titre que la paix et la démocratie, l’environnement devienne un impératif de lutte et de solidarité internationale, que des objectifs contraignants soient fixés et que des sanctions soient prises en direction des pays qui ne les respectent pas.

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Notre pays, n’échappe malheureusement pas à ces fractures environnementales, économiques et sociales.

•    Côté population, tous les indices montrent une augmentation sensible des inquiétudes pour le présent et l’avenir.

•    Sur le front de l’emploi et de l’activité économique, c’est aussi l’inquiétude qui domine autant pour les entreprises qui peinent à remplir leur carnet de commande que pour les salariés qui subissent une sévère baisse de leur niveau de vie.

•    Lorsque l’on ajoute à cela les fermetures et les suppressions d’emplois dans le privé comme dans les services publics, nous avons un panorama complet des angoisses et l’on comprend mieux pourquoi 2010 a été une année marquée par la montée en puissance des mouvements sociaux.

Si plusieurs millions de personnes ont manifesté contre une réforme des retraites jugée partiale, tous les sondages indiquent une montée des colères face aux différentes augmentations, notamment celles concernant les services vitaux que sont le gaz et l’éléctrcité, les loyers, les assurances, les mutuelles, le forfait hospitallier et les frais de santé.

Au final, entre inquiétude, colère et désillusion, chacune et chacun prend conscience qu’il n’est finalement pas possible de faire fonctionner une société sans une économie vraie en ayant comme bousole la volonté de placer les êtres humains et la planète au centre de toutes les préoccupations.

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En période de crise, ce sont toujours les hommes et les femmes les plus modestes qui sont fragilisés et ce sont toujours les collectivités locales qui font les frais de la raréfaction de l’argent public.

Ainsi, l’Etat vient d’annoncer le gel, pendant trois ans, des différentes aides et dotations aux régions, départements et communes, ce qui bien évidemment va se traduire par des difficultés financières accrues, alors que toutes les collectivités doivent faire face à des demandes qui explosent notamment dans le secteur social.

Cette année encore, le congrès des maires de France a exprimé son mécontentement et cette année encore les élus locaux de toutes tendances politiques ont tenu à affirmer ce que devraient être nos priorités collectives et républicaines.

•    La voie du bon sens avons nous dit, ce n’est pas de supprimer 16 000 postes supplémentaires dans l’éducation nationale mais au contraire de donner plus de moyens à l’enseignement et à la prévention afin d’améliorer nos interventions en direction des mineurs et des jeunes.

•    La voie du bon sens avons nous ajouté, ce n’est pas de supprimer 14 000 policiers et gendarmes mais au contraire d’augmenter les moyens pour assurer la sécurité des biens et des personnes.

•    La voie du bon sens c’est aussi de garantir la continuité du service public afin d’éviter la paralysie totale de la France pour quelques centimètres de neige.

•    La voie du bon sens enfin, c’est de donner des moyens aux départements pour qu’ils puissent assurer la gestion du Revenu de Solidarité Active, de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie et de la Prestation de Compensation du Handicap

D’ailleurs, 58 départements de gauche comme de droite viennent de saisir les tribunaux afin d’obliger l’Etat à compenser les charges liées au financement de ces 3 allocations.

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Cette situation nationale prend bien évidemment racine dans la diversité de nos territoires.

Lors de mes rencontres quotidiennes à Givors, ou plus occasionnelles à Paris ou en province, lorsque je préside la fédération nationale des Entreprises Publiques Locales,

Je ne compte plus le nombre de responsables d’entreprises qui me font part de leurs inquiétudes et me disent devoir différer leurs investissements.

Je ne compte plus les responsables de services publics qui me disent avoir du mal à assumer leur mission quand chaque année leurs effectifs diminuent,

Je ne compte plus le nombre de personnes qui craignent pour leur emploi, leur pouvoir d’achat, leur avenir et celui de leurs enfants.

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Dans ce contexte difficile, chaque collectivité mène d’importants efforts de gestion pour continuer à répondre aux besoins de leurs populations.

La municipalité de Givors a elle aussi créé de meilleures conditions et accompli les efforts nécessaires.

Il y a une quinzaine d’année, nous lancions sur un ambitieux programme intitulé : « Givors 2000/2010 ».

● En 15 ans le niveau de la dette givordine a reculé de plus de 87%, faisant de Givors l’une des villes les moins endettées de France.

● Parallèlement, le travail de rééquilibrage de l’habitat a permis la construction de nombreux logements en accession à la propriété permettant un véritable parcours résidentiel et l’arrivée de nouveaux ménages,  faisant ainsi largement repasser Givors dans les villes de plus de 20 000 habitants.

● Enfin, depuis 2004, les taux communaux baissent et il y a quelques jours, le conseil municipal a décidé de poursuivre cette baisse jusqu’en 2014.

Chacune et chacun peut ainsi le constater, Givors est en train de dépasser les effets dévastateurs de la casse industrielle qui a tant fait souffrir les villes de la vallée du Gier, il y a trois décennies.

Aujourd’hui, tous les acteurs de la ville insistent sur le fait que des changements majeurs se produisent à Givors et repoussent ainsi ce qui semblait aspirer notre commune vers le bas.

Ceci, à l’image des nombreux chantiers et projets qui ont démarré cette année.

Sur le plan de la voirie, des équipements et des infrastructures,

● Les services de l’Etat, du département, en liaison avec ceux de la ville et du Grand Lyon, ont enfin réalisé l’échangeur autoroutier et le nouveau carrefour des fainéants.

Parallèlement les lourds travaux de construction des murs antibruit le long de l’A47 ont commencé et vont bientôt s’achever.

● La nouvelle rue Jacques Prévert reliant la gare, la cité administrative, l’Hôtel des finances et le centre ville sera ouverte à la circulation dans quelques jours.

● Et enfin, nous avons récemment dénommé la nouvelle Place Camille Vallin afin de rendre hommage à cet Homme qui pendant 40 ans fut maire de notre ville et qui continua à l’amenager en refusant de subir les conséquences de la crise industrielle et sans bénéficier des aides que nous avons obtenues par la suite.

En matière économique,

● Les travaux du pôle de mécanique auto sont déjà bien engagés et permettront d’ici l’été l’installation d’une douzaine de concessionnaires et la création de nombreux emplois.

● Face à la gare, la SEM Givors Développement a commencé la construction de 3 000 m² de bureaux et commerces qui seront livrés dans une quinzaine de mois.

Dans le domaine immobilier, chacun peut constater les  nombreux programmes qui sont en cours

•    22 logements rue Marcel Paul,

•    20 logements réalisés par Givors Développement, rue Gambetta,

•    45 logements, sur le secteur de la pointe nord des Vernes,

•    44 logements rue de l’Egalité,

•    45 logements rue Pierre Sémard,

•    45 logements, à la Plaine Robinson,

•    46 logements avenue Gagarine,

•    Et  plusieurs lotissements aux cornets, à la rama, route de Rive de Gier (17 maisons).

Au total, ce sont pas moins de 267 logements et 70 maisons en lotissements qui viendront compléter l’offre résidentielle givordine.

● Enfin, la démolition des îlots Salengro et Zola a commencé et permettra la création d’un tout nouveau quartier en plein cœur de ville, avec la création de logements et de commerces.

Pour conclure sur les principaux chantiers 2010, il faut noter :

● La rénovation de la gare de Givors ville,

● la création d’un nouveau terrain synthétique pour le rugby et d’un nouveau terrain de proximité multisports au plateau de Montrond,

● la création d’un pôle Petite enfance (avec 60 places de crèches),

● le démarrage d’un Relais d’Assistance Maternelle dans le quartier de Bans,

● la construction de deux classes et d’un refectoire à l’école Paul Langevin,

● et bien sûr, le développement de notre centre hospitalier avec le démarrage, ce mois-ci, d’un nouveau bâtiment de médecine, et la construction d’ici 2013 d’un nouveau pôle de gériatrie qui viendra compléter le nouveau bâtiment de la résidence de Saint Vincent afin d’augmenter sensiblement l’offre d’accueil pour les personnes âgées.

L’année 2011 sera également une année de fortes réalisations.

Après les études nécessaires, les appels d’offres obligatoires, et la concertation que nous souhaitons la plus large possible, des  projets importants arrivent également à échéance :

● Je pense à la construction de la maison des sportifs et au nouveau club House pour le SOG Football.

● Je pense à la création du pôle culturel qui regroupera la MJC et de nombreux services culturels, l’atelier de sculpture, les archives et le musée de la Résistance.

● Je pense à la rénovation complète de la nouvelle caserne des pompiers.

● Je pense aux 3 nouveaux terrains synthétiques de proximité qui seront construits à Bans, à la Freydière et au centre-ville et qui portera à 9 ce type d’équipements afin que les jeunes de chaque quartier puissent bénéficier de structures de loisirs.

● Je pense à la réfection des rues Longarini et Denfert Rochereau, ainsi que la réfection totale de la place de liberté.

● Je pense aux travaux urbains vers le lycée Casanova.

Tous ces projets s’inscrivent bien évidemment dans le cadre du plan développement durable que nous avons adopté récemment et qui comporte des préconisations précises tant en matière de construction que de voies modes doux pour piétons et cyclistes.

Cette volonté municipale de préserver notre environnement se conjugue avec l’importante augmentation de l’offre TCL et le développement continu de la circulation des TER, puisque chaque jour près de 180 trains assurent la liaison entre Givors et Lyon ou St Etienne.

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Finalement, lorsque l’on fait le bilan de l’année qui vient de s’écouler, on s’aperçoit que Givors n’a pas céder à l’immobilisme mais on ne s’aperçoit pas forcément de la quantité de travail qu’il faut fournir tant pour les réalisations que pour la recherche de financements.

C’est pour cela qu’une fois encore je remercie :

– l’Europe et l’Etat pour leurs financements souvent conséquents,

– le Conseil Général, le Conseil Régional et le Grand Lyon pour leurs contributions financières trés importantes,

– et les partenaires privés qui acceptent parfois de prendre en charge la part restante de la ville de Givors.

Merci également au personnel communal, intercommunal et départemental, aux personnels de l’Etat et aux différents acteurs et partenaires, qu’ils soient publics ou privés, et bien évidemment à mes collègues du conseil municipal.

Avec Christiane Charnay, 1ère adjointe, chaque élu donne beaucoup de temps et dépense beacoup d’énérgie pour que notre ville soit une ville où il fait bon vivre ensemble.

Ce soir, je veux plus particulièrement les remercier car ils ménent une double vie permanente en jonglant entre leur vie professionnelle et leur fonction élective.

Arrivé à la fin de mon propos, j’ai une pensée pour celles et ceux qui nous ont quitté en 2010 et je veux redire notre tristesse suite à la disparition de Jean-Michel Duhart, historien, archiviste de la ville de Givors, et père-fondateur de la Foire à la Paperasse.

Dans un registre fort heureusement moins douloureux, permettez moi de saluer Eddy Slimani qui est septuple champion de France et tout récemment double champion du monde de full contact.

Ce qui me permet de remercier également tous les bénévoles du monde associatif et sportif.

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Mesdames, Messieurs, Chers amis,

Nous voici aujourd’hui à l’aube d’une nouvelle année, et malgré les difficultés et les péripéties, la totalité des engagements du projet Givors 2000/2010 a été réalisée.

Avec mes collègues de la majorité municipale, nous allons donc, dès cette année, engager une importante réflexion autour d’un nouveau projet de ville pour les 10 prochaines années, et ceci afin d’engager pleinement notre commune dans l’effervescence et le bouillonnement de la métropole lyonnaise.

Incontestablement, le contexte international et national va peser et nous savons que les choses ne seront pas faciles.

Mais nous savons aussi par expérience que les difficultés n’empêchent pas de s’atteler à la tâche et que le meilleur moyen de réussir c’est de se retrousser les manches et de se rassembler.

De nous rassembler, sachant nous enrichir de la diversité et de toutes nos différences politiques, philosophiques et religieuses.

De nous rassembler car en fin de compte, ce qui unit ceux qui ont le sens de l’intéret général sera toujours plus fort que ce qui les divise.

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Mesdames, messieurs, cher amis,

Sur ces paroles apaisantes et optimistes, je vous souhaite au nom de la municipalité de Givors et en mon nom personnel :

● tous nos vœux de bonheur et de santé pour vous et vos proches,

● mais aussi tous nos vœux de courage et de lucidité pour faire de 2011 une année de paix, une année de solidarité, une année que nous voulons tous au service de notre ville et de sa population.